LISTE DES PERSONNES MORTES AUX MAINS DES FORCES DE L’ORDRE

Dans “personnes mortes aux mains des forces de l’ordre” nous incluons toute personne étant décédée au cours ou à la suite d’une opération de police, sans préjuger du caractére intentionnel de l’acte mais nous appuyant sur les seules conséquences de cet acte, à savoir le décès brutal d’une personne qui ne serait pas morte s’il n’y avait pas eu d’intervention de police.

Nous avons fait le choix de ne pas inclure les personnes tuées au cours d’un affrontement armé avec les forces de l’ordre dans lequel on pourrait estimer qu’il y a un usage symétrique de la force ou une situation difficilement contestable de “légitime défense”. Pour autant, nous ne considérons pas le port d’un couteau, de ciseaux ou la conduite d’un véhicule comme une attaque armée. Dans cette liste peuvent apparaître des personnes qui étaient en possession d’une arme à feu, mais n’en ont pas fait usage.

Nous n’avons pas non plus inclu les personnes tuées par des policiers en dehors de leur service, ainsi que les policiers tués par d’autres policiers.

Les causes de la mort sont généralement : l’utilisation de techniques d’immobilisation telles que la clé d’étranglement, le plaquage ventral ou le pliage (decubitus ventral), l’utilisation d’armes à feu (pistolets de type Sig Sauer ou fusils automatiques), de pistolets à impulsions électriques de type Taser, de lanceurs de balles de gommes (Flashball ou LBD) ou de grenades pour le maintien de l’ordre (lacrymogènes ou à effet de souffle), l’accident routier ou féroviaire provoqué par une course poursuite ou un “pare-chocage“, ou encore la noyade provoquée par une chute suite à une course poursuite ou une intervention de police.

Nous avons fait le choix de ne lister les victimes que depuis l’année de création de notre collectif (2012), étant donné que le recensement des victimes depuis les années 1970 est un travail ardu et déjà réalisé par d’autres collectifs ou médias, notamment :

Toute personne qui souhaite obtenir la rectification de cette liste peut nous écrire par mail à l’adresse suivante : desarmons-les@riseup.net (N.B. : nous ne supprimerons personne de la liste, mais nous pouvons retirer le nom de famille des personnes qui le souhaitent).

 

2012

 

2013

 

2014

 

2015

 

2016

 

2017

 

2018

  1. Le 03/07/2018, Aboubakar FOFANA, 22 ans, est tué par balle (carotyde) à Nantes, tirée par un CRS lors du contrôle de son véhicule.
  2. Le 14/08/2019, Romain CHENEVAT, 26 ans, est tué par balle (thorax) à Paris alors qu’il est au volant de son véhicule, suite à une course-poursuite après s’être soustrait à un contrôle routier.
  3. Le 28/09/2018, Henri LENFANT, 22 ans, est tué par balle (tête) à Fouquières-les-Lens, tirée par un gendarme du GIGN suite à une tentative de se soustraire à un contrôle.
  4. Le 02/12/2018, Zineb REDOUANE, 80 ans, meurt suite à un tir de grenade lacrymogène (visage) à Marseille, effectué par un CRS lors d’une manifestation contre l’habitat sordide et décède à l’hôpital le lendemain des suites de ses blessures.

Bilan :

  • 3 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
  • 1 personne morte suite à un tir de grenade lacrymogène.

 

2019

  1. Le 01/01/2019, Brahim MOUSSA, 24 ans, est tué par balles à Lille par des policiers après avoir forcé un barrage de police.
  2. Le 09/01/2019, José M meurt dans sa cellule à la Maison d’Arrêt d’Angers après avoir reçu des coups lors de sa garde-à-vue la veille à Saumur.
  3. Le 07/02/2019, José LE PELLEC est tué par balle à Clermont-Ferrand par un gendarme alors qu’il menaçait une employée de banque à l’aide d’un couteau.
  4. Le 09/02/2019, Allan LAMBIN, 20 ans, meurt dans une cellule de la gendarmerie de Saint-Malo où il a été placé en garde-à-vue suite à un contrôle routier, en présence de son père, qui évoque des violences. L’autopsie révèle une asphyxie et une hémorragie au thorax.
  5. Le 19/02/2019, Karim LECHEHEB est tué par balle à Marseille par des policiers, après avoir agressé plusieurs personnes au couteau dans la rue et alors qu’il brandissait une arme à feu.
  6. Le 21/02/2019, Zakaria TOURE meurt à la Maison d’Arrêt de Troyes suite à des tirs de Taser effectués la veille par des policiers alors qu’il se trouvait aux urgences suite à une crise de convulsion.
  7. Le 02/03/2019, Adam SOLI, 17 ans, meurt dans un accident de scooter à Grenoble, alors qu’il est pris en chasse par une patrouille de la BAC. Des témoins parlent de pare-choquage.
  8. Le 02/03/2019, Fatih KARAKUSS, 19 ans, meurt dans un accident de scooter à Grenoble, alors qu’il est pris en chasse par une patrouille de la BAC. Des témoins parlent de pare-choquage.
  9. Le 05/03/2019, Hanane ABOULHANA est tué par balle au Centre Pénitentiaire d’Alençon, tué par le RAID alors qu’il se retranchait avec sa compagne dans l’unité de vie familiale de la prison pour un motif non élucidé.
  10. Le 27/03/2019, Ange DIBENESHA, 31 ans, est mort dans sa cellule de garde-à-vue à Paris, suite à son arrestation violente à l’occasion d’un contrôle de police.
  11. Le 18/04/2019, Patrick YEM, 48 ans, est tué par un tir de Taser et par balles à Versailles par des policiers, après avoir agressé son épouse avec un couteau.
  12. Le 21/04/2019, Roland S, 30 ans, meurt à la sortie de sa garde-à-vue à Paris, après y avoir été détenu pour des suspiscions d’agression sexuelle sur une passante (NB : il est SDF).
  13. Le 24/05/2019, Philippe FERRIERES, 36 ans, meurt à Drancy suite à une clé d’étranglement effectuée par la police, intervenant à l’appel de son ex-compagne l’accusant d’avoir voulu s’introduire dans son domicile.
  14. Le 21/06/2019, Steve MAIA CANICO meurt noyé dans la Loire à Nantes après y être tombé avec treize autres personnes en raison d’une intervention violente de la police dans le cadre de la fête de la musique.
  15. Le 03/07/2019, Lakhdar BEY, 50 ans, meurt d’un arrêt cardiaque à Chambéry lors de son interpellation dans le cadre de l’expulsion avec sa famille de son HLM.
  16. Le 05/08/2019, X, 21 ans, meurt dans un accident de scooter à Grenoble à l’occasion d’un contrôle de police, après être passé au feu rouge.
  17. Le 06/08/2019, Manuel ETILE est tué par balle à Fort-de-France par des policiers suite à une course-poursuite, alors qu’il aurait été muni d’une arme à feu.
  18. Le 11/08/2019, X, 50 ans, est tué par balle à Menton par des policiers qu’il aurait menacé à l’aide d’un couteau, avec lequel il aurait essayé auparavant de se suicider.
  19. Le 04/09/2019, X est tué par des tirs de Taser à Tarascon, par des policiers alors qu’il était nu et aurait été pris d’une “crise de démence” devant une école élémentaire.
  20. Le 13/09/2019, Adam GUINAEVE, 17 ans, meurt dans un accident de voiture à Auch, alors qu’il aurait forcé un barrage de police et été visé par des tirs de la part des policiers.
  21. Le 06/10/2019, Ibrahima BAH, 22 ans, meurt dans un accident de moto à Villiers le Bel, percuté par un véhicule de police placé sur son passage.
  22. Le 12/12/2019, X est tué par des tirs de Taser aux Lilas, par des policiers alors qu’il aurait menacé des passants après s’être frappé la tête avec une brique.
  23. Le 13/12/2019, Rachid X est tué par des tirs de Taser et par balles à Paris – La Défense, par des policiers qui l’accusent de les avoir menacé à l’aide…d’une scie.

 

Bilan :

  • 8 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
  • 1 personne morte suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
  • 5 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
  • 5 personnes mortes suite à des tirs de Taser.
  • 5 personnes mortes suite à un accident routier.
  • 1 personnes morte noyée.

 

2020

  1. Le 03/01/2020, Cédric CHOUVIAT, 42 ans, est tué par plaquage ventral et clé d’étranglement à Paris – la police aurait procédé à un contrôle alors qu’il roulait à scooter (Cédric était livreur) sous prétexte qu’il était au téléphone. Filmant lors du contrôle, la police affirme avoir voulu l’arrêter pour outrage. Plaqué au sol par trois policiers, puis étranglé par l’un d’eux, il meurt entre les mains des policiers et devant témoins, sans que les policiers n’aient prêté attention aux signes d’affaiblissement de la victime. L’autopsie confirme qu’il est mort d’une asphyxie et d’une rupture du larynx causées par le plaquage ventral et la clé d’étranglement.
  2. Le 14/02/2020, MEHDI, 18 ans, est tué par balles à Marseille – suite à un “braquage”, la BAC Nord prend en chasse trois personnes. Mehdi est tué alors qu’il s’apprête à sortir du véhicule et alors que les deux autres passagers se sont enfuis en courant. La police parle de légitime défense.
  3. Le 22/02/2020, X, 30 ans, est tué par balle à Kaweni (Mayotte) – blessé à l’abdomen, il meurt des suites de sa blessure à l’hopital. Suite à une altercation entre plusieurs jeunes hommes, les policiers auraient été appelés sur place et n’auraient pas réussi à calmer la situation. Un des jeunes hommes aurait matraqué un adversaire, et, face à son refus d’obtempérer, un policier aurait fait feu. Le jeune homme âgé d’une trentaine d’années, grièvement blessé, a été rapidement pris en charge par les secours, mais en fin de journée, la nouvelle de son décès a embrasé le village. La police parle de légitime défense.
  4. Le 04/04/2020, X, 47 ans, est tué par balle dans le quartier Soupetard de Toulouse – la police aurait été appelée pour un différent conjugal. Un premier équipage arrive sur place suite à l’appel et aurait enjoint l’homme à quitter le lieux. L’homme aurait fait durer en rassemblant ses affaires et aurait été alcoolisé. Un deuxième équipage a ensuite été appelé. Les policiers affirment que l’homme se serait précipité sur un policier avec un couteau, qui lui aurait tiré dessus, le blessant mortellement à l’abdomen. La police parle de légitime défense.
  5. Le 08/04/2020, Mohamed Gabsi, 33 ans, est tué par plaquage ventral à Bézier – Contrôlé par trois agents de la police municipale et dépourvu d’attestation de déplacement, les policiers l’auraient arrêté avec violence et placé de force sur le ventre à l’arrière de leur véhicule pour l’emmener au commissarait, avec un des fonctionnaires assis sur lui. L’autopsie disculpe les policiers, affirmant qu’il n’y aurait pas de corrélation entre la mort de Mohamed et l’utilisation du plaquage ventral.
  6. Le 10/04/2020, Boris, 28 ans, meurt noyé suite à une poursuite par la police à Angoulême – Suite à un refus de s’arrêter pour un controle de la BAC, Boris aurait été poursuivi aux alentours d’1 heure du matin et se serait trouvé bloqué à contre sens sur le pont Saint Antoine, duquel il aurait sauté. Les résultats de l’autopsie, réalisée le 14/04/2020, n’ont fait l’objet d’aucune communication publique.
  7. Le 10/04/2020, X, meurt dans un accident à Estourmel – l’homme aurait pris la fuite en voiture après un refus de se soumettre à un controle à Cambrai, aurait perdu le contrôle du véhicule et fait plusieurs tonneaux. Il est mort des suites de l’accident, son passager âgé de 20 ans était dans le coma avec pronostic vital engagé.
  8. Le 10/04/2020, X, 49 ans, meurt dans sa cellule de garde-à-vue à Sorgues l’homme aurait été arrêté pour une rixe avec son colocataire au cours d’une soirée alcoolisée. Légèrement blessés, les deux homme sont d’abord transporté à l’hôpital puis emmené à la brigade de Gendarmerie de Sorgues pour y etre entendus. Ils auraient ensuite été placés en cellule de dégrisement avec une audition prévue le lendemain. Pendant la nuit, à deux heures et cinq heures du matin, les deux hommes auraient réagi au passage des gendarmes lorsque ceux-ci ont effectué leur ronde. Les gendarmes affirment qu’ils auraient trouvé l’homme décédé dans sa cellule vers 9 heures, au moment de venir le chercher pour procéder à son audition. La police affirme qu’il serait mort de cause “naturelle”, l’autopsie écartant la thèse criminelle.
  9. Le 15/04/2020, Malik Zar Mohammad, 25 ans, est tué par balle à La Courneuve – selon la police, une patrouille équestre aurait repéré un homme errant dans le parc avec un couteau, qui aurait essayé de poignarder l’un des chevaux. Une brigade cycliste est arrivée en renfort. Malik aurait refusé de quitter les lieux (n’étant pas francophone, il n’est pas exclu qu’il n’aie pas compris ce qui était attendu de lui), avant de recevoir du gaz lacrymogène dans le but de le faire fuir. Il se serait alors éloigné puis serait revenu “en se ruant” sur la brigade. Les policiers auraient jeté leurs vélos sur lui, puis comme il serait “revenu à l’assaut” les trois fonctionnaires auraient tiré 5 coups de feu. Atteint par 3 balles dont une à la tete, il est mort sur le coup. La police parle de légitime défense.
  10. Le 16/04/2020, X,  60 ans, meurt dans sa cellule de dégrisement à Rouen – l’homme aurait été interpellé pour conduite en état d’ivresse et placé en cellule de dégrisement. Il aurait fait un malaise vers 5 heures du matin lorsque les policiers venaient pour l’interroger. Vu par le médecin avant son placement en cellule, son état de santé aurait été déclaré compatible avec une mesure de garde-à-vue.
  11. Le 28/04/2020, X, 14 ans, meurt dans un accident à Clermont-Ferrand – après avoir tenté d’esquiver un contrôle de police, le jeune homme au volant aurait perdu le contrôle du véhicule en raison d’un dos-d’âne et se serait encastré dans une devanture de magasin et serait mort sur le coup. Le passager, âgé de 17 ans, a été légèrement blessé.
  12. Le 28/04/2020, Dine B, 43 ans, est “retrouvé inconscient dans sa cellule de dégrisement” au commissariat d’Albi. Cet homme souffrait d’asthme et de problèmes respiratoires. Arrêté par une patrouille en début de soirée car “fortement alcoolisé”, puis emmené aux CHU, il en est ressorti pour rejoindre le commissariat. Le père, informé dans la nuit de la mort brutale de son fils, aurait déposé plainte contre X et le procureur a ouvert une enquête préliminaire. “Les policiers m’ont dit qu’ils avaient vu qu’il avait des médicaments mais que mon fils ne les avait pas demandés” (le père cité par la presse locale).
  13. Le 01/05/2020, Romain B., 30 ans, meurt dans sa cellule de dégrisement à Saint-Denis – il aurait été interpellé en état d’ivresse et placé en cellule de dégrisement. Il serait mort dans la nuit vers 1h30.
  14. Le 07/05/2020, X, 36 ans, la police à sa porte, meurt en tombant du 13e étage d’un immeuble des quartiers Sud de Grenoble. Le bailleur social avait convié la BST à venir vérifier la “légalité de l’occupation de l’appartement”. Avec une autre personne présente ce jour-là dans l’appartement, ils ont apparemment essayé de s’échapper par la fenêtre en entendant la police arriver, mais un seul parviendra sain et sauf sur le balcon du 12e étage. La presse locale parle immédiatement de “squatteurs” et livre le fait que la personne décédée “était connue de la police, de la gendarmerie et de la justice”.
  15. Le 7/08/2020, X, env. 35 ans, chauffeur-routier, a été tué par balles par la gendarmerie de Montauban. Arrêté dans son véhicule, contrôlé positif aux stupéfiants, il a ensuite tenté de prendre la fuite, a été poursuivi par les gendarmes qui ont fait feu à quatre reprises pour le toucher mortellement.

Bilan :

    • 5 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
    • 2 personnes mortes suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
    • 4 personnes mortes suite à des suspicions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
    • 2 personnes mortes suite à un accident routier.
    • 1 personne morte noyée.
    • 1 chute mortelle en tentant d’échapper à la police
    • Dont 11 décès durant les 8 semaines de confinement obligatoire (16 mars – 10 mai)