LISTE DES PERSONNES MORTES AUX MAINS DES FORCES DE L’ORDRE

Dans “personnes mortes aux mains des forces de l’ordre” nous incluons toute personne étant décédée au cours ou à la suite d’une opération de police, sans préjuger du caractére intentionnel de l’acte mais nous appuyant sur les seules conséquences de cet acte, à savoir le décès brutal d’une personne qui ne serait pas morte s’il n’y avait pas eu d’intervention de police.

Nous avons fait le choix de ne pas inclure les personnes tuées au cours d’un affrontement armé avec les forces de l’ordre dans lequel on pourrait estimer qu’il y a un usage symétrique de la force ou une situation difficilement contestable de “légitime défense”. Pour autant, nous ne considérons pas le port d’un couteau, de ciseaux ou la conduite d’un véhicule comme une attaque armée. Dans cette liste peuvent apparaître des personnes qui étaient en possession d’une arme à feu, mais n’en ont pas fait usage.

Nous n’avons pas non plus inclu les personnes tuées par des policiers en dehors de leur service, ainsi que les policiers tués par d’autres policiers.

Les causes de la mort sont généralement : l’utilisation de techniques d’immobilisation telles que la clé d’étranglement, le plaquage ventral ou le pliage (decubitus ventral), l’utilisation d’armes à feu (pistolets de type Sig Sauer ou fusils automatiques), de pistolets à impulsions électriques de type Taser, de lanceurs de balles de gommes (Flashball ou LBD) ou de grenades pour le maintien de l’ordre (lacrymogènes ou à effet de souffle), l’accident routier ou féroviaire provoqué par une course poursuite ou un “pare-chocage“, ou encore la noyade provoquée par une chute suite à une course poursuite ou une intervention de police.

Nous avons fait le choix de ne lister les victimes que depuis l’année de création de notre collectif (2012), étant donné que le recensement des victimes depuis les années 1970 est un travail ardu et déjà réalisé par d’autres collectifs ou médias, notamment :

Toute personne qui souhaite obtenir la rectification de cette liste peut nous écrire par mail à l’adresse suivante : desarmons-les@riseup.net (N.B. : nous ne supprimerons personne de la liste, mais nous pouvons retirer le nom de famille des personnes qui le souhaitent).

 

2021

 (en cours)

  1. Le 16/03/2021, Yanis, 16 ans, meurt dans un accident à Blois, après une course poursuite avec la BAC. Un accident est survenu après une course poursuite entre un véhicule de la BAC et une autre voiture dans laquelle se trouvaient Yanis, un jeune homme de 18 ans et le conducteur. Ce dernier aurait refusé un contrôle de police puis grillé un feu rouge pendant sa fuite, l’amenant à heurter deux autres véhicules. Deux jeunes femmes, Yanis, ainsi que le conducteur de la voiture poursuivie ont été pris en charge par les secours ; le deuxième passager s’est enfui à pieds après l’accident. Déclaré en état de mort cérébrale le mercredi 17 mars, Yanis est décédé le lendemain au CHRU Trousseau de Tours.
  2. Le 12/04/2021, X, 21 ans, meurt dans un accident de scooter, rue des Venets à Nanterre, percuté par une voiture de police vers 22h50. La version policière affirme que l’équipage de police secours (trois policiers) se rendait sur une intervention, lorsque la victime aurait surgit en scooter sur l’intersection, ne respectant pas la priorité à droite. L’enquête a été confiée au commissariat d’Asnières-sur-Seine.
  3. Le 03/06/2021, Yanis, 20 ans, meurt des suite d’un accident de scooter survenu le 14 mars à Saint-Denis (Seine Saint Denis), en tentant d’échapper à la BAC. Tentant d’échapper à un contrôle de la BAC vers 23h30, Yanis s’est dirigé sur l’avenue du Président-Wilson avant de s’engager sur l’autoroute A1 en direction de Paris. Il aurait ensuite tenté un demi-tour et se serait engagé à contresens sur l’autoroute. Environ 600 mètres plus loin, Yanis a percuté une voiture qui arrivait face à lui. Il est décédé le 3 juin suivant après 49 jours dans le coma.
  4. Le 04/08/2021, Souheil AL KHALFAOUI, 19 ans, est tué d’une balle dans le thorax, rue Fortuné-Jourdan dans le 3ème arrondissement de Marseille, à l’occasion d’un contrôle routier. La version policière affirme que Souheil aurait refusé de se soumettre à un contrôle et aurait heurté l’un des agents intervenants en manoeuvrant son véhicule pour s’y soustraire, provoquant le tir mortel. La police avance l’argument de la légitime défense.
  5. Le 23/09/2021, Amza B., 19 ans, décède sur sa moto à Montceau-les-Mines (Saone-et-Loire). La presse de préfecture reprend la parole policière comme quoi le jeune motard a eu un banal accident de circulation quand il a percuté un autre véhicule. Mais dans un documentaire de France Culture (17/11/21), des témoins proches du jeune homme affirment que, ce soir-là, les forces de police étaient bien à ses trousses et cherchaient à l’interpeller.

BILAN : 10 morts

  • 1 personne(s) morte(s) suite à des tirs à balles réelles.
  • personnes mortes suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
  • personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
  • 4 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
  • personnes mortes noyées ou en raison d’une chute mortelle.
  • personnes mortes suite à un tir de taser.
  • personnes mortes suite à un tir de lanceur de balles de gomme (Flashball, LBD…).
  • personnes mortes suite à un tir de grenade destinée au maintien de l’ordre (lacrymogène, à effet de soufle, de décencerclement…)

2020

  1. Le 03/01/2020, Cédric CHOUVIAT, 42 ans, est tué par plaquage ventral et clé d’étranglement à Paris – la police aurait procédé à un contrôle alors qu’il roulait à scooter (Cédric était livreur) sous prétexte qu’il était au téléphone. Filmant lors du contrôle, la police affirme avoir voulu l’arrêter pour outrage. Plaqué au sol par trois policiers, puis étranglé par l’un d’eux, il meurt entre les mains des policiers et devant témoins, sans que les policiers n’aient prêté attention aux signes d’affaiblissement de la victime. L’autopsie confirme qu’il est mort d’une asphyxie et d’une rupture du larynx causées par le plaquage ventral et la clé d’étranglement.
  2. Le 09/01/2020, Maëva COLDEBOEUF, 21 ans, meurt renversée par un véhicule de police à Rennes. Vers 00h30, une voiture banalisée emprunte une voie de bus, alors qu’un bus marque un arrêt. Deux piétons s’engagent pour traverser la rue. La voiture de police les percute. Maëva Coldeboeuf succombe à ses blessures à l’hôpital. L’IGPN est saisie. Les policiers n’avaient pas enclenché la sirène de police. Le parquet met en examen les policiers pour “homicide involontaire”. En octobre 2020, les deux policiers sont condamnés à douze mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Rennes. Ils font appel de la décision.
  3. Le 10/01/2020, Miguel KAMENI, 18 ans, meurt dans un accident de moto au niveau des rampes de Saint-François à La Réunion, lors d’une course poursuite avec une patrouille de la BAC. La voiture de police se serait mise sur la ligne médiane et non en travers de la route pour signaler un contrôle de police. Le motard aurait alors percuté la voiture à vive allure. Blessé, Miguel K. est pris en charge par les secours. Il décède à l’hôpital le lendemain de l’accident. L’enquête met hors de cause les policiers « ayant respecté la procédure », s’appuyant vidéo d’un témoin. Le procureur affirme que le jeune a percuté la voiture et non l’inverse. La mère de la victime conteste cette version et porte plainte contre les policiers pour « connaître la vérité ». La mort de Miguel déclenche la révolte des habitants du quartier des Camélias qui veulent des preuves.
  4. Le 14/02/2020, Mehdi BOUROGAA, 18 ans, est tué par balles à Marseille – suite à un “braquage”, la BAC Nord prend en chasse trois personnes. Mehdi est tué alors qu’il s’apprête à sortir du véhicule et alors que les deux autres passagers se sont enfuis en courant. La police parle de légitime défense.
  5. Le 22/02/2020, X, 30 ans, est tué par balle à Kaweni (Mayotte) – blessé à l’abdomen, il meurt des suites de sa blessure à l’hopital. Suite à une altercation entre plusieurs jeunes hommes, les policiers auraient été appelés sur place et n’auraient pas réussi à calmer la situation. Un des jeunes hommes aurait matraqué un adversaire, et, face à son refus d’obtempérer, un policier aurait fait feu. Le jeune homme âgé d’une trentaine d’années, grièvement blessé, a été rapidement pris en charge par les secours, mais en fin de journée, la nouvelle de son décès a embrasé le village. La police parle de légitime défense.
  6. Le 04/04/2020, Jimmy BOYER, 47 ans, est tué par balle dans le quartier Soupetard de Toulouse – la police aurait été appelée pour un différent conjugal. Un premier équipage arrive sur place suite à l’appel et aurait enjoint l’homme à quitter le lieux. L’homme aurait fait durer en rassemblant ses affaires et aurait été alcoolisé. Un deuxième équipage a ensuite été appelé. Les policiers affirment que l’homme se serait précipité sur un policier avec un couteau, qui lui aurait tiré dessus, le blessant mortellement à l’abdomen. La police parle de légitime défense. L’épouse de la victime nie qu’il était porteur d’un couteau.
  7. Le 08/04/2020, Mohamed GABSI, 33 ans, est tué par plaquage ventral à Bézier – Contrôlé par trois agents de la police municipale et dépourvu d’attestation de déplacement, les policiers l’auraient arrêté avec violence et placé de force sur le ventre à l’arrière de leur véhicule pour l’emmener au commissarait, avec un des fonctionnaires assis sur lui. L’autopsie disculpe les policiers, affirmant qu’il n’y aurait pas de corrélation entre la mort de Mohamed et l’utilisation du plaquage ventral.
  8. Le 10/04/2020, Boris, 28 ans, meurt noyé suite à une poursuite par la police à Angoulême – Suite à un refus de s’arrêter pour un controle de la BAC, Boris aurait été poursuivi aux alentours d’1 heure du matin et se serait trouvé bloqué à contre sens sur le pont Saint Antoine, duquel il aurait sauté. Les résultats de l’autopsie, réalisée le 14/04/2020, n’ont fait l’objet d’aucune communication publique.
  9. Le 10/04/2020, X, meurt dans un accident à Estourmel – l’homme aurait pris la fuite en voiture après un refus de se soumettre à un controle à Cambrai, aurait perdu le contrôle du véhicule et fait plusieurs tonneaux. Il est mort des suites de l’accident, son passager âgé de 20 ans était dans le coma avec pronostic vital engagé.
  10. Le 10/04/2020, X, 49 ans, meurt dans sa cellule de garde-à-vue à Sorgues l’homme aurait été arrêté pour une rixe avec son colocataire au cours d’une soirée alcoolisée. Légèrement blessés, les deux homme sont d’abord transporté à l’hôpital puis emmené à la brigade de Gendarmerie de Sorgues pour y etre entendus. Ils auraient ensuite été placés en cellule de dégrisement avec une audition prévue le lendemain. Pendant la nuit, à deux heures et cinq heures du matin, les deux hommes auraient réagi au passage des gendarmes lorsque ceux-ci ont effectué leur ronde. Les gendarmes affirment qu’ils auraient trouvé l’homme décédé dans sa cellule vers 9 heures, au moment de venir le chercher pour procéder à son audition. La police affirme qu’il serait mort de cause “naturelle”, l’autopsie écartant la thèse criminelle.
  11. Le 15/04/2020, Malik ZAR MOHAMMAD, 25 ans, est tué par balle à La Courneuve – selon la police, une patrouille équestre aurait repéré un homme errant dans le parc avec un couteau, qui aurait essayé de poignarder l’un des chevaux. Une brigade cycliste est arrivée en renfort. Malik aurait refusé de quitter les lieux (n’étant pas francophone, il n’est pas exclu qu’il n’aie pas compris ce qui était attendu de lui), avant de recevoir du gaz lacrymogène dans le but de le faire fuir. Il se serait alors éloigné puis serait revenu “en se ruant” sur la brigade. Les policiers auraient jeté leurs vélos sur lui, puis comme il serait “revenu à l’assaut” les trois fonctionnaires auraient tiré 5 coups de feu. Atteint par 3 balles dont une à la tete, il est mort sur le coup. La police parle de légitime défense.
  12. Le 16/04/2020, X,  60 ans, meurt dans sa cellule de dégrisement à Rouen – l’homme aurait été interpellé pour conduite en état d’ivresse et placé en cellule de dégrisement. Il aurait fait un malaise vers 5 heures du matin lorsque les policiers venaient pour l’interroger. Vu par le médecin avant son placement en cellule, son état de santé aurait été déclaré compatible avec une mesure de garde-à-vue.
  13. Le 28/04/2020, X, 14 ans, meurt dans un accident à Clermont-Ferrand – après avoir tenté d’esquiver un contrôle de police, le jeune homme au volant aurait perdu le contrôle du véhicule en raison d’un dos-d’âne et se serait encastré dans une devanture de magasin et serait mort sur le coup. Le passager, âgé de 17 ans, a été légèrement blessé.
  14. Le 28/04/2020, Dine BENYAHIA, 43 ans, est “retrouvé inconscient dans sa cellule de dégrisement” au commissariat d’Albi. Cet homme souffrait d’asthme et de problèmes respiratoires. Arrêté par une patrouille en début de soirée car “fortement alcoolisé”, puis emmené aux CHU, il en est ressorti pour rejoindre le commissariat. Le père, informé dans la nuit de la mort brutale de son fils, aurait déposé plainte contre X et le procureur a ouvert une enquête préliminaire. “Les policiers m’ont dit qu’ils avaient vu qu’il avait des médicaments mais que mon fils ne les avait pas demandés” (le père cité par la presse locale).
  15. Le 01/05/2020, Romain B., 30 ans, meurt dans sa cellule de dégrisement à Saint-Denis – il aurait été interpellé en état d’ivresse et placé en cellule de dégrisement. Il serait mort dans la nuit vers 1h30.
  16. Le 07/05/2020, X, 36 ans, la police à sa porte, meurt en tombant du 13e étage d’un immeuble des quartiers Sud de Grenoble. Le bailleur social avait convié la BST à venir vérifier la “légalité de l’occupation de l’appartement”. Avec une autre personne présente ce jour-là dans l’appartement, ils ont apparemment essayé de s’échapper par la fenêtre en entendant la police arriver, mais un seul parviendra sain et sauf sur le balcon du 12e étage. La presse locale parle immédiatement de “squatteurs” et livre le fait que la personne décédée “était connue de la police, de la gendarmerie et de la justice”.
  17. Le 17/05/2020, Sabri CHOUBI, 18 ans, meurt dans un accident de moto-cross à Argenteuil après avoir croisé la route d’une voiture banalisée de la BAC. Il aurait perdu le contrôle du véhicule et percuté un poteau électrique. Le procureur de la République disculpe les agents qui assurent n’avoir pas poursuivi la moto. L’enquête est classée sans suite. Les proches pointent plusieurs éléments incohérents dans la version policière et réclament la lumière” sur les circonstances exactes. La famille s’apprête à porter plainte avec constitution de partie civile pour “violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner”. Selon ses avocates, la scène de l’accident n’a pas été figée avec un “risque de déperdition des preuves”. 
  18. Le 17/06/2020, X, 28 ans, meurt dans un accident de moto à Plessis-Robinson à l’occasion d’une course poursuite avec la police. Pris en chasse par des policiers en moto qui souhaitaient procéder à un contrôle, l’homme percute une bordure et fait une chute mortelle. Les policiers sont entendus par l’IGPN et déclarent avoir arrêté la poursuite avant le drame. D’après les premiers élements, l’homme détenait un taux de 2, 2 g par litre de sang. 
  19. Le 07/08/2020, X, env. 35 ans, chauffeur-routier, a été tué par balles par la gendarmerie de Montauban. Arrêté dans son véhicule, contrôlé positif aux stupéfiants, il a ensuite tenté de prendre la fuite, a été poursuivi par les gendarmes qui ont fait feu à quatre reprises pour le toucher mortellement.
  20. Le 23/08/2020, Toufik S., 23 ans, meurt pendant sa garde à vue au commissariat de Lille-Sud. Dix jours plus tard, le parquet exclut “toute hypothèse de mort suspecte ou violente” et viole le secret de l’instruction en donnant à la presse des extraits de son dossier médical (faisant passer la victime pour un toxicomane).
  21. Le 13/09/2020, Mahamadou FOFANA, 35 ans, originaire de Noisy-le-Grand, est mort noyé dans la Seine à Bougival (78). Il était poursuivi par la police. D’emblée, la presse évoque un “soupçon de vol de moto” et que Mahamadou se serait jeté seul dans le fleuve…
  22. Le 17/10/2020, Olivio GOMES, 28 ans, est tué par la BAC à Poissy (Yvelines) de trois balles dans l’épaule et l’omoplate, à l’occasion d’un contrôle routier. La police déclare avoir suivi son véhicule depuis le périphérique, où il aurait fait plusieurs embardées, avant de s’immobiliser sur un parking. Là, le conducteur aurait redémarré le véhicule, “mettant en danger” un policier, occasionnant l’ouverture du feu de l’un de ses collègues. Les passagers affirment qu’il voulait avancer pour ouvrir la portière bloquée par le véhicule de la BAC.

 

BILAN : 22 morts

  • 6 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
  • 2 personnes mortes suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
  • 5 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
  • 6 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
  • 3 personnes mortes noyées ou en raison d’une chute mortelle.
  • Dont 11 décès durant les 8 semaines de confinement obligatoire (16 mars – 10 mai)

2019

  1. Le 01/01/2019, Brahim MOUSSA, 24 ans, est tué par balle à Lille (Nord), par des policiers après avoir forcé un barrage de police.
  2. Le 09/01/2019, José M, 29 ans, meurt en cellule à la Maison d’Arrêt d’Angers (Maine et Loire). José est retrouvé mort dans sa cellule de la maison d’arrêt d’Angers. Placé en garde à vue la veille au commissariat de Saumur pour un motif inconnu, l’homme s’était plaint d’avoir reçu des coups de la part des forces de l’ordre. Une plainte avait été enregistrée par le procureur. Selon un témoin, son corps portait des traces de coups à son arrivée en prison. L’IGPN est saisie.
  3. Le 07/02/2019, José LE PELLEC, 47 ans, est tué par balle à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), par un gendarme. Vers 12h30, José entre dans une agence bancaire, un couteau à la main. Il prend en otage huit personnes. Alertée, la gendarmerie intervient et ouvre le feu contre José qui menace, couteau sous la gorge, une employée. La banque se situe à quelques centaines mètres d’un centre psychiatrique et des médicaments sont retrouvés sur José. L’IGGN mène une enquête sur l’utilisation des armes par les agents.
  4. Le 09/02/2019, Allan LAMBIN, 20 ans, meurt en cellule à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). La voiture d’un père et de son fils, alcoolisés, glisse dans un fossé suite à une mauvaise manoeuvre. La police et les pompiers arrivent. Allan, le fils, ouvre une bière et la boit devant eux, selon des témoins. La police l’interpelle et le plaque au sol. Le jeune homme est emmené au commissariat de Saint-Malo. Il est retrouvé inanimé dans sa cellule de dégrisement, le Samu constate son décès sans déceler de “trace de coups”. L’IGPN est saisie. Le père de la victime, placé également en cellule, conteste la version policière et évoque des violences lors de l’interpellation.
  5. Le 19/02/2019, Karim LECHEHEB, 36 ans, est tué par balle à Marseille (Bouches-du-Rhône), par des policiers. Karim, armé d’un couteau, agresse et blesse trois personnes dans la rue. La police intervient et tente de renverser le suspect. Karim aurait alors sorti une arme de poing avant que les policiers ouvrent le feu. Il décède peu après malgré les tentatives de réanimation. Un tierce personne est blessée au cou par la balle d’un policier. Le parquet exclut la piste terroriste. L’agresseur, déjà condamné à quinze ans de prison pour le meurtre de son père en 2005, est considéré comme «  psychiquement fragile  ».
  6. Le 21/02/2019, Zakaria TOURE, 21 ans, est tué par des tirs de Taser à la Maison d’Arrêt de Troyes (Aube). Zakaria, détenu de la maison d’arrêt de Troyes, pris de convulsions, est emmené aux urgences hospitalières. Menotté, alors qu’il convulse, le jeune homme se serait débattu et aurait donné un coup à un médecin. Des calmants et des neuroleptiques lui sont administrés. Alertée, la police intervient et tire deux coups de taser. Zakaria décède le lendemain. Selon des témoins, policiers et médecins auraient cru à un simulation. Selon l’autopsie, la toxicité des substances retrouvées dans le corps pourrait être en cause. Une instruction judiciaire est ouverte.
  7. Le 02/03/2019, Adam SOLI, 17 ans, meurt dans un accident à Grenoble, poursuivi par la BAC. En soirée, une patrouille de la BAC poursuit deux jeunes adolescents circulant sans casque sur un scooter volé. Le scoiter s’engage sur l’autoroute A480. Sur une bretelle de sortie, le deux-roues aurait tenté de doubler un car par la droite. Les deux jeunes hommes, dont dont Adam, qui est lycéen, seraient morts coincés entre le bus et le parapet du pont. Le procureur de la République écarte toute faute de la police. Des témoins évoquent cependant un parechocage par la voiture de la BAC. Une information judiciaire est ouverte. Le drame déclenche une révolte dans le quartier des deux défunts.
  8. Le 02/03/2019, Fatih KARAKUSS, 19 ans, meurt dans un accident à Grenoble, poursuivi par la BAC. En soirée, une patrouille de la BAC poursuit deux jeunes adolescents circulant sans casque sur un scooter volé. Le scoiter s’engage sur l’autoroute A480. Sur une bretelle de sortie, le deux-roues aurait tenté de doubler un car par la droite. Les deux jeunes hommes, dont Fatih, qui est lycéen, seraient morts coincés entre le bus et le parapet du pont. Le procureur de la République écarte toute faute de la police. Des témoins évoquent cependant un parechocage par la voiture de la BAC. Une information judiciaire est ouverte. Le drame déclenche une révolte dans le quartier des deux défunts.
  9. Le 05/03/2019, Hanane ABOULHANA est tué par balle au Centre Pénitentiaire d’Alençon, tué par le RAID alors qu’il se retranchait avec sa compagne dans l’unité de vie familiale de la prison pour un motif non élucidé.
  10. Le 27/03/2019, Ange DIBENESHA, 31 ans, meurt en cellule à Paris, suite à son arrestation violente à l’occasion d’un contrôle de police.
  11. Le 18/04/2019, Patrick YEM, 48 ans, est tué par un tir de Taser et par balle à Versailles (Yvelines), par des policiers. Victime de violence conjugale, une femme alerte la police vers 23h55 alors que son mari l’a agressé avec un couteau de cuisine. Arrivées rue Montbauron, sur le pallier du domicile, les policiers sont menacé par Patrick, muni du couteau. Les policiers font usage de leur pistolet électrique. Patrick aurait continué à les menacer. Un policier ouvre le feu à deux reprises et le blesse à l’abdomen et au thorax. Il meurt malgré les tentatives de réanimation. L’auteur des coups de feu est placé en garde à vue. L’IGPN mène une enquête pour déterminer les circonstances de l’ouverture de feu du fonctionnaire.
  12. Le 21/04/2019, Roland S, 30 ans, meurt à la sortie de sa garde-à-vue à Paris. Roland est interpellé pour avoir touché sans son consentement la poitrine d’une femme, qui prévient la police. Roland, qui dit être sans domicile fixe et né à Kinshasa, est placé en garde à vue a commissariat du 13ème arrondissement. A l’issue de sa détention, il est victime d’un malaise selon les policiers. Secouru par les pompiers vers 17h30, il décède aux alentours de 19h. Les circonstances du décès sont troubles. L’IGPN est saisie pour “rechercher les causes de la mort”.
  13. Le 24/05/2019, Philippe FERRIERES, 36 ans, meurt asphyxié (clé d’étranglement)  à Drancy (Seine-Saint-Denis), par la police. Dans la nuit, une femme alerte la police que son ex-compagnon tente de s’introduire à son domicile. Arrivée sur place, la police interpelle Philippe. Celui-ci refuse d’être menotté et bouscule les agents, qui font usage de matraques télescopiques. Menotté au sol, il subit un étranglement de la part d’un policier. Inconscient, il décède 1h plus tard malgré les tentatives de réanimation. L’IGPN mène une enquête pour déterminer les circonstances du décès. L’autopsie révèle un décès par asphyxie.
  14. Le 21/06/2019, Steve MAIA CANICO, 24 ans, meurt noyé dans la Loire à Nantes (Loire Atlantique). La nuit de la fête de la musique, les forces de l’ordre interviennent sur un quai le long de la Loire pour disperser des dizaines de personnes qui font la fête au-delà de l’horaire autorisé. Les agents tirent des gaz lacrymogène pour, selon eux, riposter aux tirs de projectile. Quatorze personnes tombent dans la Loire. Le lendemain, un jeune homme, Steve Maïa Caniço, est porté disparu. Son corps est retrouvé dans le fleuve trois semaines plus tard, le 29 juillet. Une information judiciaire pour «  homicide involontaire  » est ouverte. L’enquête de l’IGPN, contredite par la police judiciaire sur certains aspects, exclut un lien entre la charge policière et la noyade de Steve. Le commissaire en charge du commandement ce soir-là est muté. 89 participants à la soirée portent plainte «  pour mise en danger de la vie d’autrui  ».
  15. Le 03/07/2019, Lakhdar BEY, 50 ans, meurt d’un arrêt cardiaque à Chambéry (Savoie). Des policiers assistent un huissier pour expulser de leur appartement HLM une famille avec quatre enfants qui ne paie plus son loyer. Le père, Lakhdar Bey, un artisan au chômage, s’oppose aux fonctionnaires. Il est menotté et traîné de force dans l’escalier. Selon des voisins, il aurait alors fait un premier malaise. Dans le véhicule de police, Lakhdar Bey, qui porte un peacemaker, est pris de convulsions. L’homme succombe malgré l’arrivée de secours. L’IGPN est saisie pour déterminer les circonstances de la mort. Une autopsie ne relève “aucune trace de violences”, selon le parquet. En septembre 2019, la famille porte plainte pour “coups et blessure volontaire”. Un an après les faits, la famille n’a toujours pas récupéré le corps.
  16. Le 05/08/2019, X, 21 ans, meurt dans un accident de scooter à Grenoble. Au moment de franchir un feu, un jeune homme circulant sur un scooter croise une voiture de police. Selon le parquet, refusant de s’arrêter, il aurait perdu le contrôle de son véhicule avant de percuter le trottoir. Blessé au visage, il est transporté à l’hôpital. L’homme décède le lendemain. L’autopsie confirme que son décès est lié à ses blessures. L’IGPN met les policiers hors de cause car « il n’y a eu aucun contact entre le véhicule de police et le scooter ».
  17. Le 06/08/2019, Manuel ETILE est tué par balle à Fort-de-France (Martinique) par des policiers suite à une course-poursuite, alors qu’il aurait été muni d’une arme à feu.
  18. Le 11/08/2019, X, 53 ans, est tué par balle à Menton (Alpes Maritimes) par des policiers. Un homme sans domicile fixe, armé d’un couteau, tente de se suicider. Des policiers interviennent. L’homme, de nationalité belge, se serait montré menaçant. Un policier aurait alors ouvert le feu le tuant d’une balle au thorax. Le parquet confie une enquête à l’IGPN et une autre à la police judiciaire de Nice.
  19. Le 04/09/2019, X, 38 ans, est tué par des tirs de Taser à Tarascon (Bouches-du-Rhône), par des policiers. Des agents de la police municipale et nationale interviennent pour appréhender un homme nu en crise de démence devant une école élémentaire. D’après des témoins, il aurait dégradé le logement du concierge. Selon la version officielle, les policiers tirent deux coups de pistolet à impulsion électrique Taser. 2h plus tard, l’homme, menotté, décède d’un arrêt cardiaque malgré les tentatives de réanimation des pompiers. L’autopsie exclut que les deux lésions, liées aux tirs de taser, soit la cause du décès. Une ecchymose est relevée sur le crâne. Une enquête pour rechercher les causes de la mort est ouverte par l’IGPN.
  20. Le 13/09/2019, Adam GUINAEVE, 17 ans, meurt dans un accident de voiture à Auch (Gers). La police municipale d’Auch tente de contrôler un véhicule signalé comme volé depuis la veille. La voiture, occupée par trois jeunes passagers prend la fuite puis tente de forcer un barrage. Un policier sort son arme et ouvre le feu. Le conducteur se serait alors engagé à vive allure sur le bord de la chaussée. La voiture devenue «  incontrôlable  » fait plusieurs tonneaux. L’un des passagers, Adam, étudiant en BTS d’origine tchétchène, reste coincé dans l’habitacle et décède. Selon l’autopsie, il serait mort suite à un traumatisme cervical. L’IGPN ouvre une enquête. Le conducteur est mis en examen pour tentative d’homicide. L’enquête devra déterminer si la balle tirée a provoqué la «  sortie de route  ». Le drame déclenche la révolte de jeunes habitants dans le quartier du Garros à Auch.
  21. Le 06/10/2019, Ibrahima BAH, 22 ans, meurt dans un accident de moto à Villiers-le-Bel (Val d’Oise). Des agents de la police nationale sont en train de contrôler un véhicule sur la chaussée quand Ibrahima arrive en moto et freine. L’arrière de sa moto chasse, Ibrahima Bah percute un poteau et meurt sur le coup. Selon le préfet, le défunt aurait perdu le contrôle de sa moto après avoir refusé de s’arrêter. Des témoins contestent cette version. Selon eux, le fourgon de police aurait percuté volontairement « au niveau de l’aile avant droite » la moto entrainant l’accident mortel. Ni les bandes de vidéosurveillance, ni le rapport d’autopsie ne sont transmis à la famille. La famille porte plainte, l’IGPN est saisie. Une information judiciaire est ouverte pour « homicide involontaire ».
  22. Le 03/11/2019, Daniel X, 17 ans, meurt noyé à Muret (Haute Garonne), en tentant d’échapper à la gendarmerie. Surpris en train de cambrioler une boutique de téléphonie de Muret par des gendarmes, trois jeunes gens s’enfuient dans une voiture, en direction de Toulouse. Arrivés dans le quartier d’Empalot, les passagers fuient à pied. Deux sautent dans la Garonne, l’un d’eux est repêché par un gendarme. Un autre jeune homme, Daniel, ne réapparaît pas. Pendant près d’un mois, la famille du disparu entreprend elle-même des recherches du corps, abandonnées par les autorités. Elle lance un appel à l’aide. Deux mois après les faits, le corps de Daniel est retrouvé, au niveau d’Aiguillon dans le Lot-et-Garonne. Le parquet d’Agen ouvre une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la son décès. L’affaire est en cours.
  23. Le 12/12/2019, Moussef A., 36 ans, est tué par des tirs de Taser aux Lilas, par des policiers. Des agents de la police nationale tentent d’appréhender Moussef, «visiblement déséquilibré», se frappant la tête avec un brique et menaçant de «tuer tout le monde» (source policière). Retranché dans une boulangerie, l’homme se serait saisi d’un couteau et d’un pulvérisateur de produits à vitres. Les policiers font usage de leur pistolet à impulsion électrique Taser. Transporté à l’hôpital, l’homme est décédé d’un arrêt cardio-respiratoire. 
  24. Le 13/12/2019, Rachid X, 42 ans, est tué par des tirs de Taser et par balle à Paris – La Défense, par la BTC. Trois agents de la brigades territoriales de contact (BTC) patrouillent sur l’esplanade de La Défense quand un homme sans-abri, souffrant de troubles psychiatriques, les aurait menacé avec une scie à placo-plâtre. Les policiers auraient d’abord utilisé un pistolet à impulsion électrique, en vain, avant d’ouvrir le feu, d’après la version policière. Sept balles sont tirées par les agents. Aucun policier n’a été blessé. La soeur du défunt porte plainte et se constitue partie civile. Le parquet de Nanterre ouvre une information judiciaire pour « meurtre » contre les deux fonctionnaires. L’IGPN est saisie.

 

    BILAN : 24 morts

    • 8 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
    • 1 personne morte suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
    • 5 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
    • 5 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
    • 2 personnes mortes noyées ou en raison d’une chute mortelle.
    • 3 personnes mortes suite à un tir de taser.

    2018

    1. Le 17/01/2018, Gaye CAMARA, 26 ans, est tué par balle à Epinay sur Seine par la BAC. Vers minuit, une patrouille de la BAC surveille un véhicule Mercedes signalé comme volé. Une autre voiture Volkswagen, occupée par trois personnes, arrive à leur niveau. Une personne en descend et s’installe dans le véhicule sous surveillance. Les policiers interviennent et l’autre véhicule tente de prendre la fuite. Les policiers ouvrent le feu à huit reprises. A son bord, Gaye est touché à la tête. Emmené à l’hôpital, il décède deux jours plus tard. Une enquête de l’IGPN est ouverte. La famille porte plainte contre X pour “homicide volontaire”. En octobre 2019, un non-lieu est prononcé par le juge d’instruction au nom de la légitime défense, non-lieu confirmé en appel.
    2. Le 11/03/2018, Yannick LOCATELLI, 35 ans, est tué par balle par la gendarmerie à Baie-Mahau (Guadeloupe). Des gendarmes repèrent une voiture ayant une fausse plaque d’immatriculation, au niveau d’une station-service. Ils la suspectent d’être liée à des cambriolages récents. Ils tentent de contrôler le conducteur qui tente de s’enfuir. Un des gendarmes ouvre le feu à sept reprises. Trois balles touchent Yannick L. et le tuent. Le gendarme est inculpé d'”homicide volontaire” et incarcéré. Il est suspendu de ses fonctions.
    3. Le 12/03/2018, X, est tué d’une balle dans le coeur par la police dans le XVème arrondissement de Paris. Dans l’après-midi, les employés de la clinique Blomet préviennent la police qu’un homme sème le trouble et menace sa compagne avec qui il est en instance de rupture. Devant le bâtiment, l’homme sort un pistolet à grenaille en voyant les policiers arriver sur lui pour le contrôler. L’un des agents ouvre le feu à deux reprises et le touche au cœur. Transféré à l’hôpital, l’homme succombe à ses blessures dans la soirée.
    4. Le 18/03/2018, Matthis LEPILLER, 17 ans, meurt dans un accident au Havre (Seine-Maritime). Vers 07h30 du matin, une patrouille de police remarque un homme à bord d’un véhicule roulant à vive allure. Les policiers décident de le contrôler. Le conducteur démarre pour se soustraire au contrôle. Il est pris en poursuite par la patrouille. Au niveau du rond-point de la Brèque, le jeune conducteur aurait perdu le contrôle de sa Clio Renault pour éviter un autre véhicule. Il aurait alors percuté un mur et se serait fait éjecter par le choc.
    5. Le 30/04/2018, Ismaël DEH, 58 ans, meurt renversé par un véhicule de police à Versaille (Yvelines). Ismaël Deh, en situation irrégulière, est contrôlé par une patrouille de police près du château de Versailles. Selon la version policière, ce Sénégalais en France depuis 18 ans, se serait enfuit. Poursuivi par deux policiers à pied, il aurait percuté le fourgon de police qui arrivait devant lui, au croisement de la rue Carnot. Le conducteur n’aurait pas réussi à l’éviter. Ismaël Deh  succombe à un traumatisme crânien après avoir heurté le capot du véhicule. Il décède le lendemain à l’hôpital. Des témoins de la scène donnent une autre version. Selon eux, Ismaël aurait été rattrapé rapidement par les policiers à pied qui l’auraient alors roué de coups et passé à tabac. Ces derniers auraient appelé les secours après avoir constaté que l’homme était inanimé.
    6. Le 07/05/2018, Blessing MATTHEW, 21 ans, meurt noyée à Val-des-Prés suite à un contrôle de police. Vers 5 heures du matin au hameau de la Vachette, des policiers auraient contrôlé plusieurs migrants qui viennent de passer la frontière franco-italienne. Blessing, Nigériane, s’enfuit. Son corps est retrouvé sans vie dans la Durance deux jours plus tard. L’autopsie parle de décès à la suite d’une noyade. Les circonstances sont troubles. La sœur de la victime a porte plainte « contre X pouvant être les représentants de l’autorité publique» pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui et homicide involontaire ». Le parquet ouvre une enquête pour « recherche des causes de la mort ».
    7. Le 23/06/2018, Thierry BARDIN, 49 ans, est tué par balle par les gendarmes à Chinon (Indre-et-Loire). Suite au signalement par des voisins pour tapage nocturne, des gendarmes se rendent au domicile d’un homme aux propos “décousus”. L’homme “manifestement sous l’emprise de l’alcool” selon les gendarmes, se saisit d’une arme qui s’avérera factice. Un des agents ouvre le feu. La deuxième balle atteint l’homme qui s’écroule.
    8. Le 03/07/2018, Aboubakar FOFANA, 22 ans, est tué par balle (carotyde) à Nantes, tirée par un CRS lors du contrôle de son véhicule. Vers 20h15, des CRS contrôlent un conducteur qui n’a pas sa ceinture de sécurité dans le quartier du Breil. Les policiers tentent de l’emmener au commissariat pour vérifier son identité. Aboubakar aurait alors démarré et tenté de fuir en reculant. Un des CRS sort son arme et tire une balle dans le cou à bout portant. Aboubakar décède deux heures plus tard à l’hôpital. Le CRS affirme avoir agi en état de légitime défense pour protéger des enfants jouant derrière le véhicule. Plusieurs témoins et vidéos infirment cette version. On ne voit ni enfant ni la voiture “zigzaguer entre les immeubles” comme l’ont affirmé les policiers. Placé en garde à vue, l’auteur du tir mortel change sa version des faits. Le CRS dit avoir ouvert le feu “par accident” sur Aboubakar en tentant de lui prendre le volant. Il est mis en examen pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le drame déclenche des affrontements entre les habitants du quartier et les forces de l’ordre.
    9. Le 09/07/2018, Madhi BOUHALOUAN, est tué par taser par les gendarmes à Vic-sur-Aisne (Aisne). Vers 11h, un homme “déambule bizarrement” dans la rue selon des témoins. Muni d’une tige d’antenne parabolique, il l’aurait lancé vers des gendarmes qui tentent de l’interpeller, criant “Allah Akbar”. Ces derniers tentent de le maîtriser à main nues, avec leur bâton télescopique puis en tirant un coup de pistolet à impulsion électrique. Ils le maintiennent ensuite au sol pendant que l’homme fait un malaise. Inconscient, il décède sur place quelques minutes plus tard.
    10. Le 14/08/2018, Romain CHENEVAT, 26 ans, est tué par balle (thorax) à Paris alors qu’il est au volant de son véhicule, suite à une course-poursuite après s’être soustrait à un contrôle routier. Vers 22h, un policier tente de contrôler dans le quartier des Halles une voiture dont le feu de circuation est défectueux. Le conducteur, Romain, ne s’arrête pas. Le fonctionnaire le poursuit à bord d’un scooter qu’il perquisitionne. Au niveau de la rue Condorcet (IXème), la voiture en fuite se retrouve bloquée. Romain tente alors de reculer, en direction du policier. Ce dernier ouvre le feu. Touché au thorax, Romain décède. L’agent est placé en garde à vue. L’auteur du coup de feu est mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Une marche blanche est organisée à Draveil en Essonne, d’où était originaire Romain.
    11. Le 21/08/2018, Clayton X, 15 ans, meurt dans un accident de moto à Orly (Val-de-Marne), après avoir été poursuivi par la police. Alors qu’il est en train de faire des “roues-arrières” en scooter, Clayton prend la fuite à la vue de policiers qui tentent de le contrôler. Poursuivi par les policiers, Clayton perd le contrôle de son deux-roues en percutant un trottoir dans un virage. Touché à la tête, il succombe à sa chute.
    12. Le 23/08/2018, Kamel S., 35 ans, est tué par balle à Trappes (Yvelines). La police intervient au domicile de Kamel, rue Camille Claudel, qui s’est retranché après avoir agressé au couteau sa sœur. Connu pour des antécédants psychiatriques et “apologie publique de terrorisme”, Kamel S. refuse de sortir à l’arrivée des policiers, criant “Allah Akhbar”. En sortant de son pavillon, l’homme aurait continué d’avancer en direction des policiers qui l’abattent. Le corps de la mère du défunt est découvert sans vie à son domicile. L’acte est revendiqué par l’organisation l’Etat Islamique, mais les enquêteurs ne retiennent pas l’acte terroriste mais plutôt celui d’un “déséquilibré”.
    13. Le 28/08/2018, X, 38 ans, meurt dans un accident à Paris, poursuivi par la police. Vers 22h, des policiers tentent de contrôler un couple qui sort en sccoter d’un lieu connu pour trafic de drogue. Le motard prend la fuite, les policiers le poursuivent. Ces derniers affirment avoir stoppé leur course avant de recroiser le scooter qui aurait blessé à la main une policière en passant le barrage. Le couple percute une BMW qui vient de griller un feu rouge à l’angle de rue Ordener et Duhesme (XVIIème). L’homme meurt sur le coup malgré la tentative de secours d’un médecin. La passagère, grièvement blessée, est transportée à l’hôpital.
    14. Le 30/08/2018, A.N., 42 ans, est tué par balle par les gendarmes à Gallargues-le-Montueux (Gard). Vers 20h, un homme recherché pour avoir causé un accident de la route refuse de s’arrêter à un contrôle routier sur l’autoroute A9. Une des gendarmes ouvre le feu et blesse gravement le conducteur. Ce dernier est retrouvé mort une heure plus tard. La gendarme est mise en examen pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La maréchale des logis est mise en examen pour “coups mortels”. La cour d’appel de Nîmes l’autorise à exercer ses fonctions sans arme, durant l’instruction.
    15. Le 09/09/2018, Bakary S, 26 ans, meurt noyé à Boulogne (Hauts-de-Seine) en fuyant la police. Des policiers prennent en chasse un homme fuyant en voiture qu’ils soupçonnent d’avoir commis une infraction. Bakary S. stoppe son véhicule et continue à pied sa course. Rattrapé, il aurait sauté dans l’étang du bois de Boulogne. Il est retrouvé mort dans des circonstances troubles. La famille se constitue partie civile et porte plainte pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner” et “non-assistance à personne en péril”. Elle s’interroge sur les traces de sang retrouvées sur son corps.
    16. Le 28/09/2018, Henri LENFANT, 22 ans, est tué par balle (tête) à Fouquières-les-Lens, tirée par un gendarme du GIGN. Vers 3h30 du matin, des gendarmes de l’antenne GIGN de Reims “planquent” près d’un camp de gens du voyage. Selon la version officielle, ils tentent d’interpeller Henri Lenfant, soupçonné de vol dans un camion. Celui-ci arrive en voiture avec deux autre personnes. Un membre du GIGN entre alors dans le véhicule à l’arrêt et ouvre le feu sur Henri Lenfant, désarmé. Ce père de deux enfants est tué d’une balle dans la nuque quasiment à bout portant, selon l’autopsie. Le gendarme a été mis en examen pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il est placé sous contrôle judiciaire.
    17. Le 18/10/2018, X, 16 ans, meurt dans un accident à Toulouse (Haute-Garonne) alors qu’il est poursuivi par des policiers. Vers 22h45, des policiers tentent de contrôler une Twingo, signalée volée, occupée par trois personnes. Le conducteur s’enfuit. Après vingt minutes de poursuite, la voiture percute un arbre et finit sa course sur le toit, rue Federico Garcia-Lorca. Le conducteur succombe à ses blessures à l’hôpital le lendemain. Les autres passagers sont également blessés. Le syndicat SGP-FO salue le “sang froid des policiers”.
    18. Le 24/10/2018, Nenad NIKOLIC, 46 ans, meurt en chutant d’un immeuble à Villemomble (Seine Saint Denis), au cours d’un opération de la BRI. A 6h00 du matin, des policiers de la BRI interviennent au domicile de Nenad Nikolic, 83 rue du Gros Buisson, dans le cadre d’une affaire d’escroquerie en bande organisée. Le père de famille prend alors la fuite et saute du 1er étage. Transporté à l’hôpital, il succombe à ses blessures et décède d’une “hémorragie interne”. Le fils de la victime affirme que son père a été frappé par des policiers, lorsqu’il était à terre. L’IGPN n’aurait pas été saisie car « la BRI n’avait pas encore pénétré dans le pavillon quand l’homme s’est jeté du premier étage ».
    19. Le 25/11/2018, X, 23 ans, meurt dans un accident à Villemomble (Saine-Saint-Denis) alors qu’il tente d’esquiver un contrôle de police. Un jeune homme circulant en moto prend la fuite pour échapper à un contrôle de la BAC, rue de la Fosse aux Bergers. Il est retrouvé inanimé sur la bretelle d’autoroute A 103. L’homme décède malgré les tentative de réanimation des secours. Peu d’information sur ce drame. La suite n’est pas connue.
    20. Le 02/12/2018, Zineb REDOUANE, 80 ans, meurt suite à un tir de grenade lacrymogène (visage) à Marseille, effectué par un CRS lors d’une manifestation contre l’habitat sordide et décède à l’hôpital le lendemain des suites de ses blessures.
    21. Le 02/12/2018, X, 20 ans, meurt noyé à Périgueux (Dordogne), alors qu’il tente d’échapper à la police. En début de soirée, un jeune homme en « crise de folie » agresse deux de ses copines avec qui il dîne rue de Sully. Il sort dans la rue armé d’un couteau de cuisine en criant. Après une première interpellation, l’homme s’enfuit désarmé avant d’être retrouvé par une patrouille de la BAC au niveau du pont Saint-Georges. L’un des agents pointe son pistolet à impulsion électrique quand le fuyard se jette à l’eau. Un témoin de la scène plonge pour lui porter secours. Vers 22h45, les pompiers retrouvent le corps inanimé du jeune homme. Le procureur ouvre une enquête. L’autopsie conclut à une mort par « submersion » et exclue l’intervention d’un tiers.
    22. Le 31/12/2018, Brahim MOUSSA, 23 ans, blessé par balle par la BAC le 1er décembre à Lille (Nord), meurt des suites de ses blessures. Vers 6h30 le 1er décembre, une patrouille de la BAC repère une voiture volée, stationnée rue de Solférino. Une deuxième voiture, occupée par deux personnes, s’approche pour « récupérer le véhicule volé », d’après la police. Le passager qui en descend est interpellé. Le conducteur, Brahim Moussa, aurait alors « foncé délibérément sur le fonctionnaire de police » qui fait usage de son arme. Blessé, le jeune homme est hospitalisé. Après un mois dans le coma, il décède le 1er janvier suivant. La famille porte plainte pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner par agent dépositaire de l’autorité publique ». En octobre 2019, les avocats de la famille déposent une nouvelle plainte déplorant le « caractère figé » de l’information judiciaire.

      BILAN : 22 morts

      • 10 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 6 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 4 personnes mortes noyées ou en raison d’une chute mortelle.
      • 1 personne morte suite à un tir de taser.
      • 1 personne morte suite à un tir de grenade destinée au maintien de l’ordre (lacrymogène, à effet de soufle, de décencerclement…)

      2017

      1. Le 04/01/2017, X, 30 ans, est tué par balle à Neuilly-sur-Seine (Seine Saint Denis) par la police. Un compagnon de nationalité algérienne d’un centre Emmaüs a une “crise” et devient très agité. Il menace ses collègues avec un couteau. La police est prévenue. L’homme se calme mais panique et s’enfuit à l’arrivée de la police. Les agents ouvrent le feu à quatre reprises. Une balle se loge dans la cinquième vertèbre. Hospitalisé, il reste plusieurs jours entre la vie et la mort, puis décède quelques jours après les faits.
      2. Le 06/01/2017, Cyrille FAUSSADIER, 30 ans, est tué par un tir de Flashball à Auxerre (Yonne) par la police. Vers 23h30, des policiers interviennent au domicile de Cyrille, visiblement en crise de démence suite au signalement de voisin. Les policiers tirent au flash-ball pour le neutraliser, affirmant qu’il aurait fait preuve de violence. Ils le plaquent ensuite au sol et constatent que l’homme est en train de faire un arrêt cardiaque mortel. La victime souffrait de troubles psychiatriques. L’autopsie évoque « des contusions pulmonaires et cardiaques liées à l’onde de choc du projectile » ainsi qu’un « syndrome asphyxique vraisemblablement en lien avec sa maîtrise au sol ». Une information judiciaire pour « homicide involontaire » est ouverte par le Parquet d’Auxerre.
      3. Le 26/03/2017, Shaoyao LIU, 56 ans, est tué par balle à Paris par la BAC. Les policiers de la BAC interviennent au domicile de Shaoyao Liu suite au signalement d’un voisin. Ce dernier, policier à la retraite, se plaint de nuisances sonores et s’inquiète de voir un homme déambuler avec un couteau. Les policiers forcent la porte, M. Liu tentant de la retenir. La version policière affirme que Shaoyao aurait tenté de porter un coup de ciseau de cuisine au cou d’un policier. Pour le défendre, son collègue sort son arme et tire dans le ventricule gauche de Shaoyao. Les secours arrivent sur place mais n’arrivent pas à le ranimer. Le policier obtient trois jours d’ITT. La police invoque la légitime défense. La famille conteste cette version policière. Elle affirme que M. Liu n’a « blessé personne » et que les policiers ne se sont pas annoncés comme tels. S’il détenait des ciseaux c’est parce qu’il était en train de cuisiner. D’après l’autopsie, le défunt n’était pas sous l’emprise de drogue ou médicament et avait un faible taux d’alcoolémie. De nombreux rassemblements ont lieu en hommage à la victime pour réclamer vérité et justice sur ce drame. Une information judiciaire est ouverte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, par une personne dépositaire de l’autorité publique ». En juin suivant les faits, le Défenseur des droits se saisit du dossier et mène sa propre enquête.
      4. Le 30/03/2017, Angelo GARAND, 37 ans, est tué par balle à Seur (Loir-et-Cher) par le GIGN. Les gendarmes de l’antenne de Tours du GIGN interviennent au domicile de la famille d’un détenu, Angelo Garand, qui n’est pas rentré de permission. Ils fouillent les caravanes et attachent les personnes présentes avec des liens en plastique. Dans une remise, ils ouvrent le feu sur Angelo Garand qui s’y cachait. Les gendarmes plaident la légitime défense arguant qu’ils ont été attaqué au couteau. La famille parle d’exécution pure et simple. Une information judiciaire est ouverte pour « violences avec armes ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La soeur du défunt se constitue partie civile. En octobre 2018, un non-lieu est prononcé en faveur des gendarmes par le juge d’instruction qui retient la légitime défense. Le non-lieu est confirmé en février 2019. En juin 2020, le pourvoi des parties civiles est “non admis” par le Cours de cassation. La famille saisit la CEDH.
      5. Le 27/04/2017, Vetearii RUPEA, 37 ans, est tué par balle à Paéa (Polynésie) par les gendarmes. Appelé pour mettre fin à une bagarre entre deux personnes, un gendarme ouvre le feu sur Vetearii Rupea, jardinier. Ce dernier meurt malgré des tentatives de réanimation. Selon l’avocate du gendarme, celui-ci aurait souhaité sortir son pistolet à impulsion électrique (poids : 204g) mais l’aurait confondu avec son arme à feu (poids : 987g). L’auteur du coup de feu est mis en examen pour « homicide involontaire ».
      6. Le 05/05/2017, Curtis ROBERTIN, 37 ans, meurt dans un accident de quad à Antony (Hauts-de-Seine), alors qu’il est poursuivi par la BAC. Vers 17h40, une patrouille de la BAC tente de contrôler Curtis R. (17
        ans) qui roule en quad sans casque. Le jeune homme prend la fuite et percute un bus municipal. Transféré à l’hôpital, il décède la nuit suivante. Selon la version officielle, Curtis aurait perdu le contrôle du quad alors que la BAC ne le poursuivait pas. Des témoins affirment au contraire que les policiers ont pris en chasse le quad. Le parquet de Nanterre ouvre une enquête. L’affaire est classée sans suite. Elle est réouverte et transférée au parquet de Versailles, après qu’il a été établi une connivence entre le parquet de Nanterre et la BAC d’Antony. La famille porte plainte contre X pour « homicide involontaire ». Des révoltes éclatent dans le quartier dont le jeune homme est originaire à Massy. Le drame provoque la révolte des habitants du quartier de la victime. L’affaire est en cours.
      7. Le 20/05/2017, Jérôme LARONZE, 37 ans, est tué par balle à Sailly (Saône-et-Loire) par les gendarmes. Jérôme Laronze, un agriculteur de 37 ans, est abattu par des gendarmes alors qu’il tente de fuir un contrôle vétérinaire. Neuf jours plus tôt, cet éleveur a reçu dans sa ferme la visite d’inspecteurs des services vétérinaires, accompagnés de gendarmes.Le trentenaire doit alors prendre la fuite pour échapper à une menace d’hospitalisation. Repéré par les gendarmes, un des deux agents ouvre le feu sur cet élveur qui tentait de s’échapper. Cinq balles sont tirées en sept secondes. Touché de trois balles, dont deux dans le dos au niveau des poumons et une de côté, Jérôme Laronze décède. Les gendarmes plaident la légitime défense. Une information judiciaire est ouverte pour « violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner, non-assistance à personne en danger et modification d’une scène de crime ». La famille se constitue partie civile. Un gendarme est mis en examen pour « violence avec arme ayant entraîné la mort, sans intention de la donner ». Trois ans après les faits, l’instruction pénale suit son cours. En février 2020, le tribunal administratif de Dijon juge les précédents contrôles vétérinaires, dont avait fait l’objet l’éleveur, étaient irréguliers.
      8. Le 30/05/2017, Mickaël SIMON, 27 ans, est tué par balle à Toulouse (Haute-Garonne) par la police. Un jeune homme originaire de Pau tente de fuir un contrôle à bord d’une voiture volée, roulant feux éteints. Il aurait alors foncé sur les policiers qui tirent douze balles et le touchent à la tête et au thorax. La police plaide la légitime défense. Une enquête est confiée au SRPJ et à l’IGPN. La famille se constitue partie civile. Des échauffourées éclatent dans le quartier originaire de la victime à Pau.
      9. Le 14/06/2017, Patrick LAROSE, 54 ans, meurt dans un accident avec un véhicule de police à Créteil (Val-de-Marne). Un véhicule appartenant au service de renseignement parisien (DRPP) part en intervention quand il percute le scooter d’un homme qui rentrait à son domicile en Seine-et-Marne. Les policiers assurent avoir actionné leur gyrophare avant la collision. Des témoins affirment le contraire. Une enquête est confiée au service du traitement judiciaire des accidents. La famille porte plainte et déplore le manque d’information sur le drame.
      10. Le 03/07/2017, Lucas M., 34 ans, meurt dans sa cellule de garde-à-vue à Arpajon (Essonne). Placé en garde à vue pour excès de vitesse, un motard est laissé pendant une quinzaine de minutes sans surveillance dans sa cellule, selon les policiers. Ceux-ci retrouvent ensuite l’homme inanimé pendu à la bouche d’aération. Transféré à l’hôpital, il tombe dans le coma avant de succomber. Les policiers présents évoquent un suicide par pendaison avec les chaussettes. La famille conteste cette version. Une instruction est ouverte par le parquet d’Evry pour “recherche des causes de la mort”, une autre est confiée à l’IGPN. La famille porte plainte via son avocat pour “homicide involontaire par manquement à une obligation”.
      11. Le 28/07/2017, Mohamed X., 35 ans, meurt dans un accident  de scooter à Aulnay-sous-Bois (Seine Saint Denis) alors qu’il est poursuivi par la police. Vers 21h30, des policiers tentent de contrôler un homme en scooter qui vient de griller un feu rouge dans une cité de Sevran. Celui s’enfuit et une course-poursuite s’engage. Le conducteur aurait alors percuté un poteau. Il succombe à ses blessures malgré les tentatives de réanimation des secours. Le parquet de Bobigny confie l’enquête à la Sûreté territoriale. Le drame déclenche des révoltes dans plusieurs quartiers de Seine-Saint-Denis.
      12. Le 28/07/2017, Steven X., 26 ans, meurt noyé à Villeneuve-Saint-George (Val-de-Marne) alors qu’il tente d’échapper à la police. Interpellé pour cambriolage, Steven est placé en garde à vue et demande à passer une visite médicale. Au retour de l’hôpital, il se serait enfuit, menotté, de la voiture de police. Il aurait sauté pieds nus dans la Seine et les policiers l’aperçoivent couler au loin. Son corps est retrouvé sans vie le lendemain. Une enquête est confiée à l’IGPN. La mère de la victime porte plainte contre X pour “non-assistance à personne en danger”.
      13. Le 14/06/2017, Baptiste X., 36 ans, est tué par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine). Suite au signalement de riverains se plaignant d’un homme agressif, la police aux frontières intervient. L’homme est alors à bord d’une voiture, dont le chauffeur fonce sur les forces de l’ordre et renverse un agent. Ses collègues ouvrent le feu et tuent Baptiste, membre de la communauté des “gens du voyages”, d’une balle dans le cœur. Une enquête de l’IGPN est ouverte. Le drame déclenche la révolte des habitants du quartier de Blosne, d’où est originaire la victime.
      14. Le 19/08/2017, Luis BICO, 48 ans, est tué par balle à Chalette-sur-Loing (Loiret). Vers 17h30, la police est prévenue qu’un homme au “comportement menaçant” a “exhibé un couteau devant un passant”. Cinq agents entourent l’homme en question, au volant de son véhicule stationné, et tentent de l’immobiliser avec du gaz lacrymogène. L’homme aurait alors menacé de “poser des bombes dans la ville”. Il démarre et réussit après plusieurs tentatives à s’échapper. Les policiers tirent quinze balles et tuent le conducteur. Le procureur de la République de Montargis ouvre une enquête pour “violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. L’IGPN mène aussi une enquête. La personne décédée étant franco-portugaise, le Portugal demande des éclaircissements à la France.
      15. Le 13/10/2017, X., 36 ans, meurt en cellule de garde-à-vue à Roumazieres-Loubert (Charente). Placé en garde à vue dans le cadre d’une affaire de stupéfiants, l’homme est retrouvé inanimé dans sa cellule. La victime, issue de la communauté dite des “gens du voyage”, avait à plusieurs reprises consulté un médecin qui avait jugé son état compatible avec sa détention. L’autopsie évoque une mort naturelle par asphyxie majeure due à un oedème au poumon. Le parquet ouvre une enquête.
      16. Le 21/11/2017, Nicolas MANIKAKIS, 21 ans, est tué par balle à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). Des policiers de la BAC interviennent suite au signalement de coups de feu. Arrivés sur place, ils tentent de contrôler une voiture déjà repérée la veille. Le conducteur aurait alors foncé sur les policiers. Un des agents de la BAC ouvre le feu en direction du véhicule et tue Nicolas. L’auteur du coup de feu est placé en garde à vue. Le médecin constate une plaie par balle transfilante : un orifice à la base du cou et un autre à la base de l’omoplate droite. Une enquête pour “recherches de causes de la mort”est ouverte. Celle de l’IGPN conclut à la légitime défense en février 2018. Une marche silencieuse est organisée en mémoire de Nicolas. En mai 2020, son frère, passager de la voiture, est condamné à deux ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, port d’armes. Son avocat dénonce alors le “mensonge organisé autour de la légitime défense des policiers”.
      17. Le 22/11/2017, Massar X., 24 ans, meurt par asphyxie à Paris suite à son interpellation violente par la police ferroviaire. Massar, un jeune Espagnol d’origine sénégalaise est contrôlé en train de vendre de la drogue par une patrouille de la brigade ferroviaire. A la vue des policiers, Massar aurait “avalé des pochons de crack” et se serait enfui avant d’être rattrapé puis maintenu au sol. Massar, asphyxié, fait un arrêt cardiaque et tombe dans le coma en état de “mort cérébrale”. Transféré à l’hôpital, il meurt 13 jours après son interpellation. Aucune trace de drogue n’est retrouvée dans son sang. Des expertises supplémentaires doivent déterminer si l’asphyxie est liée au maintien au sol par les policiers. Une enquête est confiée à l’IGPN. La famille porte plainte.
      18. Le 22/11/2017, Joail ZERROUKHI, 19 ans, meurt percuté par un train à Vienne (Isère), alors qu’il était poursuivi par la police. Alors qu’il roule à vive allure sur un quad non immatriculé, Joail échappe à un contrôle de la police municipale, puis prend la fuite à pied. Traversant des voies ferrées, il meurt percuté par un train. La mère de Joail porte plainte pour “homicide involontaire” et “non-assistance à personne en danger”. Selon son avocat, les policiers ont créé les “conditions du danger” en le prenant en “tenaille” entre plusieurs équipes. Les agents municipaux ne sont pas habilités à pratiquer une interpellation ou une course-poursuite. Le parquet ouvre une information judiciaire pour éclaircir les circonstances de la mort. Le drame déclenche des révoltes dans le quartier de Joail.
      19. Le 25/11/2017, Aboubakar ABDOU, 31 ans, meurt par asphyxie à Nantes (Loire-Atlantique), suite à son interpellation par la police. Suite au signalement de voisins, des policiers interviennent au domicile d’un homme en train de “péter les plombs”. L’homme est menotté aux chevilles et aux poignets par trois policiers qui le maintiennent plaqués au sol. Aboubacar Abdou fait alors un arrêt cardiaque. Les secours réussissent à le réanimer et le transportent à l’hôpital. L’ancien militaire a une côté sassé et un poumon perforé. Il décède quelques jours plus tard. Une enquête de l’IGPN est menée pour déterminer les conformité des gestes d’intervention des policiers. Sa compagne porte plainte contre X pour “coups mortels ou atteintes volontaires à la personne ayant entraîné la mort”. Sa plainte est classéee sans suite en par le procureur de la République de Nantes pour “absence d’infraction pénale”.
      20. Le 17/12/2017, M., 33 ans, meurt dans un accident à Toulouse (Haute-Garonne). Un véhicule ayant failli provoquer plusieurs accidents est pris en chasse par une patrouille de la BAC, puis par des gendarmes à proximité de Toulouse. La voiture fait alors demi-tour sur l’A68 en direction du périphérique toulousain puis percute les rails de sécurité de la voie rapide et se renverse. Le conducteur et le passager sont tués. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort.
      21. Le 17/12/2017, F., 36 ans, meurt dans un accident à Toulouse (Haute-Garonne). Un véhicule ayant failli provoquer plusieurs accidents est pris en chasse par une patrouille de la BAC, puis par des gendarmes à proximité de Toulouse. La voiture fait alors demi-tour sur l’A68 en direction du périphérique toulousain puis percute les rails de sécurité de la voie rapide et se renverse. Le conducteur et le passager sont tués. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort.
      22. Le 15/12/2017, Selom TONATO, 20 ans, meurt renversé par un train à Lille (Nord). Apercevant des policiers se diriger vers eux, matraques en main selon des témoignages, quatre jeunes s’enfuient. Ils franchissent un mur donnant sur la voie de chemin de fer. Un Train express régional passe et happe deux d’entre eux, Matisse (18 ans) et Selom (20 ans). Une information judiciaire est ouverte.
      23. Le 15/12/2017, Matisse, 18 ans, meurt renversé par un train à Lille (Nord). Apercevant des policiers se diriger vers eux, matraques en main selon des témoignages, quatre jeunes s’enfuient. Ils franchissent un mur donnant sur la voie de chemin de fer. Un Train express régional passe et happe deux d’entre eux, Matisse (18 ans) et Selom (20 ans). Une information judiciaire est ouverte.
      24. Le 23/12/2017, X., 65 ans, meurt d’un arrêt cardiaque à Cannes (Alpes-Maritimes), alors qu’il est escorté dans un ascenseur par la police. Un homme de 65 ans est contrôlé par des gendarmes alors qu’il roule sans casque sur un scooter. Il est escorté chez lui pour qu’il présente ses papiers. Dans l’ascenseur qui le mène à son appartement, l’homme aurait été pris d’un malaise. Il décède malgré les premiers secours dispensés par les gendarmes. La suite n’est pas connue.

       

       

       BILAN : 24 morts

      • 9 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 2 personnes mortes suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
      • 3 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 8 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 1 personne morte noyée ou en raison d’une chute mortelle.
      • 1 personne morte suite à un tir de lanceur de balles de gomme (Flashball, LBD…).

      2016

      1. Le 07/01/2016, Mehdi G, 32 ans, est tué par balle à Cergy (Val d’Oise), par la BAC. Vers 14h30 Mehdi, atteint de troubles paranoïaques, alerte la police, persuadé que des personnes veulent le tuer. Retranché dans un appartement, il refuse de leur ouvrir. Armé d’un couteau, il aurait ensuite rejoint un autre appartement dont le locataire aurait réussi à le désarmer. Des policiers de la BAC arrivés en renfort le trouvent “silencieux et sans revendication” dans un autre appartement, vide. Mais les policiers affirment qu’il aurait alors agressé l’un d’eux. Ses collègues ouvrent le feu à neuf reprises et l’abattent. Le parquet évoque la légitime défense. Une enquête est ouverte pour “tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique” et l’IGPN pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”.
      2. Le 07/03/2016, Emmanuel VENA, 32 ans, est tué par balle à Menton (Alpes Maritimes), par la BAC. Suspecté d’avoir renversé un piéton, Emmanuel est contrôlé par des policiers. Il prend la fuite, poursuivi par des agents de la BAC . Bloqué par la circulation, il aurait alors tenté de renverser l’un des trois policiers qui s’approchent à pied. Il aurait ensuite sorti une faucille et visé la gorge de l’agent. Ce dernier fait feu et tue le conducteur. Une première plainte de la famille est classée sans suite. Une deuxième avec constitution de partie civile ouvre une instruction.
      3. Le 01/05/2016, X, 32 ans, est tué par balle à Aix-les-Bains (Savoie), par la police. Vers 12h30, deux policiers interviennent dans un appartement pour régler un différend conjugal. Après avoir forcé la porte d’entrée, ils surprennent un homme en train d’attaquer au couteau sa femme. Les agents tentent de le désarmer. Celui-ci aurait alors “de nouveau frappé sa femme”. La policière ouvre le feu et tue l’agresseur. Selon le Procureur, la fonctionnaire de police a agi en état de “légitime défense pour autrui” pour “éviter qu’il ne frappe à nouveau”. Frappée à plusieurs reprises, cette dernière est hospitalisée. Une enquête est ouverte auprès de l’IGPN. Les proches ne portent pas plainte.
      4. Le 26/05/2016, Wouafik BOUAKAR, 25 ans, est tué par balle à Lille (Nord), par la BAC. Vers 1h30, alertés par des voisins qui ont entendu des coups de feu, des policiers de la BAC interviennent devant un pavillon. Selon le Procureur, les agents aperçoivent deux hommes faisant rentrer de force une tierce personne dans une voiture. Ce véhicule aurait alors “foncé sur les policiers.” Ces derniers ouvrent le feu et tuent la personne qui occupe le siège passager. Le conducteur est blessé à l’épaule. Les coups de feu à l’origine de l’intervention de la police seraient dus à un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants. Deux enquêtes, de l’IGPN et de la police judiciaire, sont ouvertes.
      5. Le 26/05/2016, X, 25 ans, est tué par balle à Lesmenils (Meurthe-et-Moselle), par la police. Dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants, l’homme est arrêté au volant d’une voiture sur l’autoroute A 31, au niveau d’une bretelle de sortie. Il aurait alors forcé le barrage. Pris en chasse, son véhicule se retrouve bloqué par un rail de sécurité. Les policiers auraient alors ouvert le feu à deux reprises sur le suspect. Une balle atteint la tête. La suite de cette affaire n’est pas connue.
      6. Le 09/07/2016, X, 47 ans, meurt en cellule au commissariat de Bagnols-sur-Cèze (Gard). Arrêté en état d’ivresse sur la voie publique, l’homme est emmené à l’hôpital par la police. Son état de santé est déclaré compatible avec un placement en cellule de dégrisement. Conduit au commissariat, l’homme est retrouvé inanimé dans sa cellule. Une information judiciaire est ouverte pour déterminer les causes de la mort. L’autopsie révèle la présence d’un traumatisme crânien possiblement antérieur à l’arrestation. La suite judiciaire n’est pas connue.
      7. Le 19/07/2016, Adama TRAORE, 24 ans, meurt asphyxié (plaquage ventral) à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise). Vers 17h, une patrouille du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) contrôle deux hommes, dont l’un correspond au signalement d’un suspect dans une affaire d’extorsion. Le frère du suspect, Adama Traoré, qui n’est pas recherché, prend la fuite. Une deuxième patrouille le repère dans un domicile privé et l’immobilise par “compression thoracique”. Adama Traoré se plaint de difficultés respiratoires et tombe inconscient. Malgré l’intervention du Samu, son décès est constaté à 19h15. Deux autopsies concluent à un « syndrome asphyxique », excluant des violences ayant entraîné la mort. Le procureur évoque une anomalie cardiaque. L’affaire provoque plusieurs nuits d’affrontements dans le quartier de la victime. Une information judiciaire est ouverte par le parquet de Pontoise. Deux ans après les faits un troisième rapport exonère les gendarmes mettant en cause un “trait drépanocytaire” et l’effort physique produit durant sa fuite. Les proches et l’avocat de la famille pointent l’incohérence de cette analyse.
      8. Le 08/08/2016, X, meurt en cellule à Toulouse (Haute-Garonne). L’homme est retrouvé mort dans la nuit après avoir été placé en cellule de dégrisement. L’autopsie évoque un décès suite à une “fracture du crâne” et ne relève aucune trace de violence sur le corps. Une enquête est confiée à l’IGPN pour déterminer les causes exactes de la mort. Ce sexagénaire avait été interpellé suite au signalement par des voisins. Ivre, il aurait été trouvé quasi inerte sur la voie publique.
      9. Le 17/08/2016, Mickaël BAGOT, 27 ans, meurt noyé à Bordeaux (Gironde), poursuivi par la BAC. Mickaël aurait été appréhendé en raison de son comportement violent. Il se serait débattu et aurait pris la fuite le long de la Garonne. Après avoir sauté la rambarde de protection, il aurait plongé dans le fleuve. Le jeune homme disparaît malgré les recherches des pompiers. Son corps est retrouvé deux jours plus tard, en aval. Une enquête pour éclaircir le rôle des policiers est ouverte.
      10. Le 29/08/2016, X, 27 ans, meurt dans un accident à Sauveterre (Gard), poursuivi par la police municipale. Vers 16 heures, un scooter et un véhicule de la police municipale entrent en collision. Les policiers, circulant derrière un poids lourd, n’auraient pas vu arriver le deux-roues au moment de tourner à gauche. Le pilote du scooter est très gravement blessé. Transféré à l’hôpital d’Avignon, il décède le lendemain. La gendarmerie, chargée de l’enquête pour déterminer les causes de l’accident, lance un appel à témoin. A notre connaissance aucune enquête préliminaire sur la responsabilité des policiers n’est ouverte.
      11. Le 02/09/2016, Maxime L., 29 ans, est tué par balle à Vincennes (Val-de-Marne), par la police. Deux infirmiers sont appelés pour soigner un patient atteint de troubles psychiatrique à son domicile. Maxime est armé d’un couteau. Les infirmiers s’enfuient et donnent l’alerte. La police intervient et l’homme se serait alors jeté sur un des fonctionnaires de police, la blessant légèrement à la gorge. Les policiers tirent. “La policière, par réflexe, a tiré deux fois sur l’homme et son collègue une fois”, témoigne une source dans la presse. Une enquête est menée par l’IGPN et par la PJ du Val-de-Marne.
      12. Le 22/09/2016, Godefroy DJINEKOU, 46 ans, meurt asphyxié (plaquage ventral) à Vincennes (Val-de-Marne), par la police. Alertée par des voisins pour tapage nocturne, une équipe de la BAC tente d’interpeller un homme qui dégrade des véhicules dans la rue. L’homme marche pieds nus et en caleçon. Il serait en état d’ébriété suite à une dispute conjugale. Les sept agents de la BAC et de la police municipale aurait tenté de maîtriser Godefroy en le plaquant au sol et en lui passant les menottes. Il présente des difficultés respiratoires. Les policiers le mettent en position latérale de sécurité et opèrent un bouche à bouche en attendant l’arrivée des secours. Malgré les tentatives de réanimation, l’homme décède. L’autopsie évoque une mort naturelle. Une enquête est menée par l’IGPN. La famille porte plainte et se constitue partie civile. En septembre 2020, le parquet classe l’enquête sans suite. La famille réclame la réouverture du dossier.
      13. Le 28/10/2016, Jean-Pierre FERRARA, 52 ans, est tué par balle à Echirolles (Isère), tirée par cinq policiers de la BAC et des Compagnies d’Intervention, intervenant suite à l’appel d’un voisin se disant menacé et décrivant Jean-Pierre comme un “forcené îvre et armé”. Les policiers pénètrent dans la jardin où Jean-Pierre Ferrara prépare un barbecue. Aveuglé par leurs lampes et atteint de surdité, il n’aurait pas compris ce qu’il se passait. La version policière invoque la légitime défense, affirmant que Jean-Pierre s’apprêtait à sortir une arme de derrière son dos (pistolet d’alarme) après avoir déposé au sol un couteau à viande. L’affaire est classée sans suite en janvier 2017.
      14. Le 29/10/2016, William DECOIRE, 23 ans, est tué par balle à Nouméa (Nouvelle Calédonie), par la gendarmerie. Un fourgon transportant une dizaine de personnes s’arrête à un contrôle routier. Tentant une marche arrière à vive allure, William, le conducteur, manque de percuter l’un des quatre gendarmes. Son collègue ouvre le feu et le tue. Le véhicule termine sa course dans le fossé. Le parquet assure que le policier a agi en état de légitime défense. L’enquête judiciaire est confiée à la section de recherches de la gendarmerie nationale. Des heurts éclatent entre habitants du quartier de la victime et les forces de l’ordre. En janvier 2017, le parquet de Nouméa conclut à la légitime défense du gendarme. La famille porte plainte pour meurtre. Une information judiciaire est ouverte. En, 2018, un gendarme est mise en examer pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. En 2019, un non-lieu est prononcé.
      15. Le 05/11/2016, X, 36 ans, est tué par balle à Briis-sous-Forges (Essonne), par la gendarmerie. Dans la nuit, des gendarmes surprennent un groupe de personnes qui tentent de s’attaquer un distributeur de billets. Les suspects prennent la fuite dans une voiture. L’un des gendarmes tente de s’agripper au véhicule et est trainé sur quelques mètres. Les forces de l’ordre ouvrent le feu à quatre reprises. La voiture est retrouvée un quart d’heure plus tard, dans un fossé. Le conducteur, atteint d’une balle, est mort. L’IGGN mène une enquête.
      16. Le 11/12/2016, Mehdi X, 28 ans, meurt dans un accident à Vénissieux (Rhône), poursuivi par la police. Une patrouille de la police tente de contrôler trois jeunes sur un scooter, sans casques, roulant à 35 km/h. Le scooter aurait alors accéléré et heurté un muret. Mehdi, le conducteur, meurt sur le coup et les deux autres passagers sont blessés. La police assure qu’il n’y a pas eu de poursuite. Plusieurs témoins, dont un des jeunes, affirment que la voiture de police collait le scooter selon la technique dite du « parechocage ». Après une enquête, confiée à la SRPJ, le Procureur de la République classe l’affaire. La soeur de la victime se constitue partie civile. Une instruction est menée sans que le scooter ou la voiture de police ne soient placés sous scellés. Un non-lieu est prononcé en décembre 2019. La famille fait appel.

       

      BILAN : 16 morts

      • 9 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 2 personnes mortes suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
      • 2 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 2 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 1 personne morte noyée ou en raison d’une chute mortelle.

      2015

      1. Le 07/01/2015, X, 50 ans, meurt en cellule à Nice (Alpes Martimes). Arrêté vers 13h par la police suite à l’agression d’une personne âgée, l’homme est placé en garde à vue dans un commissariat de Nice. Il est retrouvé inanimé vers 1h30 du matin dans sa cellule puis décède. Il aurait été victime d’un malaise cardiaque. Une enquête est confiée à l’IGPN.
      2. Le 13/01/2015, Franky ALFRED, 35 ans, meurt lors d’une chute à Schoelcher (Martinique), en tentant d’échapper à la PAF. Vers 8h00, Francky Alfred tente de se soustraire à un contrôle d’identité de la police aux frontières. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), l’homme d’origine haïtienne est emmené par cinq agents dans leur véhicule. D’abord calme, il se serait enfui et se serait jeté dans le vide depuis la falaise. Il succombe à ses blessures. L’IGPN mène une enquête et l’affaire est classée. La famille souhaite porter plainte en se constituant partie civile afin de désigner un juge d’instruction.
      3. Le 15/02/2015, Elyès X, 14 ans, meurt dans un accident à Romans-sur-Isère (Drôme), en tentant d’échapper à la police. Vers 09h00, une patrouille de police repère deux jeunes adolescents à bord d’une voiture signalée comme volée. Elyès, le conducteur, aurait alors accéléré pour échapper à la police, grillé un stop avant de percuter un platane. Transporté à l’hôpital, il succombe à ses blessures. Le passager âgé de 14 ans est également hospitalisé. Une enquête pour déterminer les circonstances de l’accident est confiée à la sûreté départementale de Valence.
      4. Le 06/03/2015, Amadou KOUME, 33 ans, meurt asphyxié (clé d’étranglement) à Paris, au cours de son interpellation par la police. Amadou est interpellé dans un bar alors qu’il tient des « propos incohérents ». L’homme aurait résisté à son interpellation et un agent de la BAC procède à une clef d’étranglement. Des témoins voient Amadou suffoquer et s’affaisser. Emmené au commissariat, il est découvert inanimé dans sa cellule. Son décès est constaté à 2h30 du matin. D’après l’autopsie, il est mort d’un « œdème pulmonaire survenu dans un contexte d’asphyxie et de traumatismes facial et cervical ». Les parents sont informés trois jours plus tard. La famille porte plainte contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et se constitue partie civile. Une enquête est confiée à l’IGPN. L’enquête débute un an après les faits suite à la nomination d’un juge d’instruction. En avril 2017, un des policiers de la BAC est mis en examen. En octobre 2019, deux policiers sont également mis en examen pour “homicide involontaire”.
      5. Le 10/03/2015, X, 55 ans, meurt lors d’une chute à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), en essayant d’échapper à la police. Vers 23h30, suite à l’appel de voisins, la police intervient dans l’appartement d’un homme en état de crise. Celui-ci tente de s’enfuir par le balcon en descendant du 15ème étage par les gouttières. Il tombe et meurt sur le coup. Au domicile, une femme est retrouvée blessée. Une enquête est confiée au commissariat de Gennevilliers. Selon les premiers éléments, l’homme aurait pénétré par surprise dans l’appartement de son ex-compagne.
      6. Le 11/03/2015, X, meurt noyé à Bondy (Seine-Saint-Denis), en essayant d’échapper à la police. Vers 5h00 du matin, des policiers tentent d’interpeller un homme soupçonné de vol dans une voiture. Ce dernier prend la fuite à pied, poursuivi par la police. Alors que les forces de l’ordre sont à quelques mètres, il plonge dans le canal de l’Ourcq. Il est repêché par les secours une dizaine de minutes plus tard. Inconscient, il décède peu après.
      7. Le 20/03/2015, Dominique BURGER, 46 ans, est tué par un décharge de Taser à Fort-de-France (Martinique), lors de son interpellation par la gendarmerie. Lors d’une promenade, Dominique, médecin, a une altercation avec un couple qui le prend pour un “clochard”. Les gendarmes interviennent. Au moment de lui passer les menottes, il serait devenu “hystérique”. Selon l’expertise, cinq décharges de pistolet à impulsion électrique Taser sont tirés. L’homme tombe dans le coma et décède quelques semaines plus tard. La famille met en doute la version officielle et porte plainte en se constituant partie civile. Début 2016, cinq personnes dont les trois gendarmes sont mises en examen.
      8. Le 26/03/2015, X, meurt dans un accident à Lyon (Rhône), en tentant d’échapper à la police. Vers 3h du matin, un homme s’enfuit au volant de sa voiture alors qu’il a été surpris par une patrouille de police en tentant de cambrioler une roulotte. Il aurait perdu le contrôle de son véhicule percutant un banc et un poteau. L’homme décède dans l’accident. Les policiers assurent l’avoir perdu de vue bien avant l’accident. La mort déclenche la révolte d’habitants dans le quartier de la Duchère d’où est originaire la victime.
      9. Le 22/04/2015, Karim TAGHBALOUT, 26 ans, meurt percuté par un train au Havre (Seine-Maritime), en tentant d’échapper à la police. Deux hommes sont contrôlés en début de soirée en raison d’un chien tenu en laisse sans muselière. Le propriétaire de l’animal fournit tous les papiers en règle. Son ami Karim fait l’objet d’une fiche de recherche. Quand les trois policiers tentent de l’emmener au commissariat pour vérification, Karim s’enfuit. Il est poursuivi à pied par deux policiers et un troisième en voiture. Il aurait alors escaladé un muret puis traversé les voies ferrées. Il décède, fauché par un train. Le Procureur ouvre une enquête. La famille dénonce un acharnement et des menaces des forces de l’ordre avant sa mort.
      10. Le 26/04/2015, Pierre CAYET, 54 ans, meurt d’une chute au commissariat du Havre (Seine-Maritime). Pierre se rend au commissariat de Saint-Denis (93) pour récupérer ses papiers. La veille, il a dû abandonner son véhicule suite à une verbalisation effectuée par des CRS pour conduite en état d’ivresse. Face au refus des policiers de lui rendre ses documents, l’homme se serait « passablement énervé ». Un des policiers l’aurait repoussé. L’individu aurait alors chuté, sa tête heurtant le sol. Hospitalisé, il décède des suites de ses blessures. Une enquête est menée par l’IGPN. La famille porte plainte, accusant les policiers d’avoir gazé Pierre Cayet. L’affaire est en cours.
      11. Le 01/06/2015, Pierre-Eliott ZIGHEM, 18 ans, meurt dans un accident à Tourcoing (Nord), en tentant d’échapper à la police.Vers 2h du matin, une voiture occupée par trois jeunes gens grille un feu et se soustrait à un contrôle de police. Le conducteur, âgé de 16 ans, aurait accéléré et perdu le contrôle de sa voiture avant de heurter un arbre. Le passager avant décède, un autre est grièvement blessé et le pronostic vital du conducteur est engagé. Selon la police, il n’y aurait pas eu de course-poursuite. La patrouille n’aurait retrouvé la voiture qu’après l’accident. Des témoins évoquent au contraire un “pare-chocage” avec le véhicule de police. Une enquête administrative est ouverte. Le père de Pierre-Eliott dépose plainte. L’enquête met hors de cause la police et conduit à l’inculpation pour homicide involontaire du conducteur, condamné à une peine de trois ans de prison en novembre 2016.
      12. Le 16/06/2015, X, meurt dans un accident à Pierre-Levée (Seine-et-Marne), en tentant d’échapper à la gendarmerie. Vers 10h du matin, quatre hommes armés braquent une bijouterie près de Meaux. Ils sont surpris par deux policiers municipaux qui ouvrent le feu sur les cambrioleurs. Une voiture de gendarmes les prend en chasse. A l’entrée d’un village, le véhicule des braqueurs présumés s’encastre dans un semi-remorque. L’un des passagers meurt sur le coup. Les autres sont blessés et placés en garde à vue.
      13. Le 03/09/2015, Mehdi BOUHOUTA, 28 ans, est tué par balle à Sainte-Foy-les-Lyon (Rhône), par la police. Vers 14h30, la police intervient dans le quartier de Sainte-Foy-les Lyon pour une “rixe au couteau”. Elle repère un véhicule avec trois passagers. Mehdi, le conducteur, aurait tenté de se soustraire au contrôle de police et de renverser un agent. Un policier tire alors deux balles à travers la vitre, dont l’une atteint Mehdi à la tête, qui décède à l’hôpital. Le Parquet retient la légitime défense mais ouvre une instruction est ouverte pour “coups et blessures ayant entraîné la mort”. La famille porte plainte et mène sa propre contre enquête. Un non-lieu est prononcé en 2018 par le juge d’instruction qui retient “l’état de légitime défense”. En octobre 2019, la cour d’appel de Lyon réouvre le dossier demandant une reconstitution du drame, en présence d’un médecin légiste et d’un expert en balistique.
      14. Le 18/09/2015, X, 35 ans, est tué par balle à Saint-Gein (Landes), par la gendarmerie. Souffrant de troubles psychiatriques, un homme se serait “retranché” dans la maison familiale après avoir menacé d’égorger sa mère. Des gendarmes du PSIG encerclent la maison. L’homme en sort, muni d’armes blanches, et blesse un gendarme avec une machette. Les gendarmes ouvrent le feu. Atteint au cœur, l’homme est tué. Le parquet ouvre une enquête pour éclaircir les circonstances de la mort.
      15. Le 20/10/2015, X, 30 ans, est tué par balle à Corbeil-Essonne (Essonne), par la police. Entre 12h00 et 14h00, la police intervient à l’hôpital psychiatrique où un homme, atteint de troubles psychiques et armé d’un couteau, a blessé une aide-soignante. Les policiers tentent de le maîtriser en usant notamment de bombes lacrymogènes. L’individu se serait alors jeté sur une policière en exhibant son “couteau ensanglanté”. La policière ouvre le feu, l’atteignant mortellement à l’abdomen. Une enquête est menée par l’IGPN, puis l’affaire est classée. La famille décide ne pas porter plainte.
      16. Le 24/11/2015, X, est tué par balle à Roubaix (Nord), par la police. Vers 22h00, des braqueurs prennent en otage le directeur du Crédit municipal de Roubaix, à son domicile, afin de l’emmener de force à la banque. Alertée, la BAC intervient et tente de contrôler un homme au volant de la voiture des braqueurs, signalée comme volée. Un des complices surgit, armé d’une Kalachnikov. Les policiers procèdent à des “tirs de barrage”. L’homme au volant tente de s’enfuir. Il est tué d’une balle dans le dos par les policiers. Le Raid intervient dans la maison pour libérer la famille prise en otage. Le Parquet s’oriente vers la légitime défense en faveur des policiers.
      17. Le 03/12/2015, Babacar GUEYE, 27 ans, est tué par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine), par la BAC. Vers 4h du matin, des agents de la BAC interviennent dans un appartement où Babacar serait armé d’un couteau. La police ouvre le feu une première fois. Blessé, il se serait relevé et aurait à nouveau menacé les agents. Ceux-ci tirent à trois reprises, le touchant au cœur. Selon le Procureur, la police serait intervenue en raison d’une altercation. Selon ses proches, Babacar aurait été pris d’une crise d’angoisse, se serait auto-mutilé avec un couteau, son ami aurait été blessé en tentant de l’en empêcher. Une enquête est ouverte par l’IGPN. En août 2016, l’affaire est classée sans suite par le parquet de Rennes qui conclut à la légitime défense des policiers. La famille dépose une nouvelle plainte et une instruction est ouverte. Un rapport d’expertises balisitique et médico-légale remet en cause la thèse de légitime défense du policier. Quatre scellés dont celui contenant l’arme ont été détruits “par erreur”.

      BILAN : 17 morts

      • 5 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 1 personne morte suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
      • 2 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 5 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 3 personnes mortes noyées ou en raison d’une chute mortelle.
      • 1 personne morte suite à un tir de taser.

      2014

      1. Le 12/01/2014, Cyril COZIC, 45 ans, meurt en cellule à La-Queue-Les-Yvelines (Yvelines). Arrêté pour avoir provoqué un accident, en état d’ébriété, suivi d’un délit de fuite, Cyril est interpellé et placé en garde à vue pour un dégrisement par les gendarmes. Après une nuit en cellule, il aurait été découvert sans vie au petit matin par les gendarmes. L’autopsie confirme que l’arrêt cardiaque était dû à un malaise hépatique. Selon la procédure, les gendarmes étaient censés l’amener à l’hôpital et le garder sous surveillance. La famille aurait pourtant prévenu les forces de l’ordre que le défunt était cardiaque. Une enquête est ouverte par le procureur de Versailles sur les circonstances de la mort.
      2. Le 09/02/2014, X, 30 ans, meurt en cellule à Valence (Drôme). Arrêté pour état d’ivresse sur la voie publique, un homme originaire d’Ardèche est placé en cellule de dégrisement. Il est retrouvé mort le lendemain. L’autopsie ne relève aucune trace de violence sur le corps et conclut que l’homme se serait étouffé dans son vomi. Une enquête administrative est confiée à l’IGPN. La suite n’est pas connue.
      3. Le 01/04/2014, Morad TOUAT, 16 ans, meurt lors d’une chute à Marseille (Bouches-du-Rhône), en essayant d’échapper à la BAC. Des agents de la BAC se font passer pour des acheteurs de shit. Un jeune adolescent, Morad (16 ans), s’enfuit et se réfugie au 2ème étage d’un bâtiment. Il enjambe la rambarde du balcon pour rejoindre un logement voisin et chute. Dans le coma, il décède le 5 avril. L’un des policiers lancé à sa poursuite déclare d’abord ne pas être entré dans l’appartement, puis affirme ensuite avoir tenté d’empêcher l’adolescent de tomber. Le policier au bas de l’immeuble assure l’avoir tourné en position latérale de sécurité, ce que contestent des témoins qui affirment que Morad aurait été frappé puis laissé sans secours. L’IGPN, saisie par le parquet de Marseille, conclut à une chute accidentelle. Le 10 juillet, le dossier est clos pour “absence d’infraction”. La famille porte plainte en se constituant partie civile. Une information judiciaire est rouverte.
      4. Le 27/04/2014, Thierry DEYRAIL, 45 ans, est tué par balle à Lançon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), par la douane. Un homme conduisant à vive allure sur l’autoroute A7, aurait ouvert la voie à un convoyage de drogue à grande vitesse, un go fast. Il arrive au niveau d’un péage où l’attend un barrage douanier. Il ne s’arrête pas. Les douaniers ouvrent le feu et tuent Thierry d’une balle dans le poumon. Les douaniers sont placés en garde à vue puis relâchés. Une enquête sur les circonstances de la mort retient la légitime défense.
      5. Le 02/06/2014, Karim X, 22 ans, meurt dans un accident à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), par la BAC. Suspectés de vol de voiture, deux jeunes hommes au volant d’une Fiat Punto se soustraient à un contrôle d’identité à 00h40. Ils sont alors pris en chasse par la BAC. Selon la version policière, les agents auraient perdu leur trace avant de les retrouver aux abords d’une zone pavillonnaire. La voiture se serait retournée en passant un dos d’âne et heurté un arbre. Les automobilistes grièvement blessés succombent. Karim, originaire de Tremblay-en-France et âgé de 22 ans serait mort d’un arrêt cardiaque. L’autre homme est éjecté de la Fiat. Compte tenu de « l’absence de traces de choc », le parquet de Bobigny décide de ne pas saisir l’IGPN. La famille souhaite se constituer partie civile. L’affaire est en cours.
      6. Le 02/06/2014, X, meurt dans un accident à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), par la BAC. Suspectés de vol de voiture, deux jeunes hommes au volant d’une Fiat Punto se soustraient à un contrôle d’identité à 00h40. Ils sont alors pris en chasse par la BAC. Selon la version policière, les agents auraient perdu leur trace avant de les retrouver aux abords d’une zone pavillonnaire. La voiture se serait retournée en passant un dos d’âne et heurté un arbre. Les automobilistes grièvement blessés succombent. Compte tenu de « l’absence de traces de choc », le parquet de Bobigny décide de ne pas saisir l’IGPN. La famille souhaite se constituer partie civile. L’affaire est en cours.
      7. Le 29/07/2014, X, 26 ans, meurt dans un accident à Breuillet (Charente-Maritime), poursuivi par la police. Vers 3h du matin, une patrouille de police prend en chasse une voiture roulant à grande vitesse dans la ville de Royan. Originaires de la région parisienne, les quatre occupants, présentés comme des “gens du voyage”, ont semble-t-il refusé d’obtempérer. Une course-poursuite débute mais le véhicule sème les policiers. Il aurait été retrouvé, renversé sur le toit, par une deuxième patrouille de police dans un village voisin. Selon la gendarmerie, le conducteur aurait perdu le contrôle avant de percuter une habitation. A l’arrivée des secours, le chauffeur est déjà décédé. Les trois passagers âgés de 20, 26 et 33 ans sont grièvement blessés. Une enquête est ouverte pour éclaircir les circonstances de la mort.
      8. Le 29/07/2014, Dorel Iosif FLOREA, 42 ans, est tué par balle à Montgeron (Essonne), par la BAC. Des policiers municipaux interviennent aux environs de 20h et signifient à Dorel Iosif, son frère et son ami, en état d’ivresse, l’interdiction de boire. Quatre policiers de la BAC les rejoignent. Dorel Iosif proteste contre le contrôle d’identité. L’un des policiers aurait trébuché sur un bloc de béton, tirant une balle qui l’atteint au thorax. Un second policier tire au flashball. Le frère et l’ami de la victime sont gazés puis placés en garde à vue. Dorel Iosif Floarea meurt une heure plus tard. La police invoque la légitime défense assurant que le policier s’est senti agressé par la victime ivre qui l’aurait menacé avec un tesson de bouteille. Ce que contredisent des témoins. Le policier est placé en garde à vue. La famille porte plainte et se constitue partie civile. Une enquête est confiée à l’IGPN. Une information judiciaire pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner » est ouverte. 
      9. Le 07/08/2014, Mohamed RAJHI, 42 ans, meurt en cellule au Havre (Seine-Maritime). Arrêté dans un magasin de jouet d’un centre commercial alors qu’il cause des troubles, un homme est placé en garde à vue. Il est retrouvé mort dans sa cellule. Le procureur évoque une “mort naturelle”, ce que confirme l’examen médical. Une enquête est confiée au SRPJ de Rouen. Six mois après les faits, la famille ne connaissait toujours pas la cause du décès.
      10. Le 21/08/2014, Abdelhak GORADIA, 51 ans, meurt asphyxié (clé d’étranglement) à Roissy-en-France (Seine-Saint-Denis). Abdelhak, sans-papier algérien, meurt à l’aéroport Charles-de-Gaulle lors de son expulsion vers l’Algérie par la Police de l’air et des frontière et la compagnie de transferts, d’escortes et de protection de la police (Cotep). La police explique dans un premier temps qu’il serait décédé d’une “crise cardiaque” lors de son transfert dans un fourgon de police. L’autopsie pointe une “asphyxie par régurgitation gastrique”. Les proches de la victime affirment avoir décelé des traces d’hématomes sur le nez et le visage. A. Goradia s’était déjà opposé à une tentative de reconduite à la frontière le 16 août. Une enquête est confiée à l’IGPN. Une information est ouverte par le parquet de Bobigny pour “homicide involontaire”.
      11. Le 26/08/2014, Hocine BOURAS, 23 ans, est tué par balle à Colmar (Haut-Rhin), par des gendarmes. Alors qu’il est transféré au tribunal de Colmar, Hocine, un détenu de la prison d’Elsau à Strasbourg, se serait soudainement agité dans l’habitacle du véhicule de gendarmerie. Il aurait tenté de subtiliser l’arme de service de la gendarme assise à l’arrière. Le conducteur, gendarme adjoint volontaire, aurait arrêté le véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute pendant que Hocine et la gendarme se débattaient. Le conducteur aurait alors ouvert le feu. Atteint à l’arcade sourcilière, le détenu décède. Cette version est remise en cause par l’avocat de la famille : « Avec des menottes, prendre une arme de service, enlever la sécurité, charger l’arme, cela me semble complètement impossible ». Le procureur réfute la thèse de la légitime défense, ouvre une information judiciaire et requiert une mise en examen du gendarme. Ce dernier est finalement placé sous le statut de “témoin assisté”. Un non-lieu est prononcé en septembre 2016. Le pourvoi en Cour de cassation de la famille est rejeté en janvier 2018. Le non-lieu est confirmé.
      12. Le 06/09/2014, X, 34 ans, est tué par une décharge de Taser à Paris, par la police. Le 5 septembre vers 20h, la police est appelée dans un hôtel pour maîtriser un client qui, en « pleine crise de démence aigüe, » aurait tenté de se défenestrer. Selon leur version, les policiers tentent de le raisonner mais l’homme se montre « violent » à leur approche. Les policiers tirent deux décharges électriques avec leur Taser au motif que l’homme présentait un danger pour autrui et pour lui-même. L’homme aurait ensuite été victime d’un malaise au moment où les policiers lui passent les menottes. Il décède le lendemain matin. Une enquête est confiée à l’IGPN.
      13. Le 12/09/2014, X, 33 ans, meurt dans un accident à Paris, poursuivi par la police. A Montrouge, avant 2h du matin, un motard refuse de se soumettre à un contrôle de police. Il est alors pris en chasse par deux policiers en moto sur le périphérique parisien. Arrivé au niveau de la porte de Châtillon, le fuyard aurait tenté de doubler une voiture mais aurait perdu le contrôle de sa moto. Il percute alors un lampadaire. Dans l’accident, un policier est blessé par un débris. Le service de traitement judiciaire des accidents (STJA) de la préfecture et l’IGPN sont saisis pour enquêter sur les circonstances de la mort.
      14. Le 18/09/2014, X, 41 ans, meurt en cellule à Strasbourg (Bas-Rhin). Gisant sur la voie publique au centre-ville de Strasbourg vers 22h, un homme est hospitalisé pour ivresse publique. Il est ensuite placé en cellule de dégrisement au commissariat central. À 6h30, les policiers constatent lors d’une ronde que l’homme est décédé. Une enquête est ouverte par le parquet de Strasbourg. La suite n’est pas connue.
      15. Le 02/10/2014, X, 10 ans, meurt dans un accident à Haguenau (Bas-Rhin), poursuivi par la police. Vers 20h, quatre jeunes gens tchétchènes tentent de se soustraire à un contrôle de police et prennent la fuite à bord d’une voiture en direction de la forêt de Hagueneau. Ils croisent un bus vide et le percutent. La voiture termine son embardée dans un fossé. Deux des passagers assis à l’arrière, âgés de 10 et 13 ans, décèdent. Les deux autres, grièvement blessés, sont hospitalisés. Alors que certains évoquent une course-poursuite, d’autres témoins confient que la voiture n’était pas poursuivie par la police. Une enquête est confiée à l’IGPN. La suite n’est pas connue.
      16. Le 02/10/2014, X, 13 ans, meurt dans un accident à Haguenau (Bas-Rhin), poursuivi par la police. Vers 20h, quatre jeunes gens tchétchènes tentent de se soustraire à un contrôle de police et prennent la fuite à bord d’une voiture en direction de la forêt de Hagueneau. Ils croisent un bus vide et le percutent. La voiture termine son embardée dans un fossé. Deux des passagers assis à l’arrière, âgés de 10 et 13 ans, décèdent. Les deux autres, grièvement blessés, sont hospitalisés. Alors que certains évoquent une course-poursuite, d’autres témoins confient que la voiture n’était pas poursuivie par la police. Une enquête est confiée à l’IGPN. La suite n’est pas connue.
      17. Le 11/10/2014, X, 41 ans, est tué par balle à Lyon (Rhône), par la police. Alertée par des voisins qui entendent des cris, une patrouille du groupement de sécurité publique (GSP) intervient au domicile d’une femme de 71 ans. Son fils est en train de la frapper. La police aurait pénétré dans l’appartement en forçant la baie vitrée du rez-de-chaussée. L’un des policier tente de neutraliser l’homme, atteint de troubles psychiatriques, à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique Taser. Celui-ci n’aurait pas fonctionné. Un des agents de l’ordre ouvre alors le feu à quatre reprises et atteint l’homme jugé menaçant. Sa mère est hospitalisée. Une enquête est ouverte à l’encontre de la victime pour tentative d’homicide. Une autre enquête pour homicide volontaire est menée par l’IGPN à l’encontre du policier qui est laissé en liberté. Un non-lieu est prononcé en septembre 2015.
      18. Le 17/10/2014, Timothée LAKE, 20 ans, est tué par balle à Toulouse (Haute-Garonne), par la BAC. A 6 h du matin, Thimotée entre dans une supérette Carrefour City et braque les deux employés ainsi qu’un fournisseur avec son pistolet d’alarme. Il les enferme dans un local et l’un d’eux prévient la police avec son téléphone portable. Quatre policiers de la BAC interviennent. Selon la police, le braqueur aurait mis en joue un des agents. Ce dernier ouvre le feu et l’atteint au cœur. Il décède à l’hôpital. Le policier auteur du coup de feu est placé en garde à vue puis relâché. Les syndicats de police invoquent la légitime défense. Une enquête pour “homicide volontaire” est confiée à l’IGPN de Bordeaux.
      19. Le 26/10/2014, Rémi FRAISSE, 21 ans, est tué par une grenade à Lisle-sur-Tarn (Tarn), par la Gendarmerie. Des affrontements éclatent entre forces de l’ordre et manifestants s’opposant à la construction d’un barrage. Une grenade lancée par un gendarme explose dans la capuche de Rémi Fraisse (21 ans), étudiant et militant écologiste, tué sur le coup. Ses proches sont prévenus le lendemain. Le flou est entretenu pendant plusieurs jours sur les causes du décès. La famille dépose deux plaintes, pour « homicide volontaire » et pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Selon l’enquête administrative, « aucune faute professionnelle » n’a été commise par le gendarme, placé en garde à vue puis libéré. Suite au drame, l’usage de ces grenades offensives est suspendu. En janvier 2018, la justice ordonne un non-lieu. Cette décision est confirmée en janvier 2020. La famille se pourvoit en Cour de cassation.
      20. Le 16/12/2014, Abdoulaye CAMARA, 30 ans, est tué par balle à Le Havre (Seine-Maritime), par la police. En “état de démence”, Abdoulaye se serait jeté sur un passant lui assénant vingt coups de couteau avant de se diriger vers deux fonctionnaires de la brigade canine, alertés par des voisins. Ces derniers ouvrent le feu et tirent vingt-trois balles, dont dix atteignent Abdoulaye. Les jours du passant, hospitalisé, ne sont pas en danger. Le Procureur de la République invoque la légitime défense. La famille porte plainte et se constitue partie civile. Elle remet en cause la version policière et pointe des incohérences, en se demandant comment Abdoulaye a pu donner vingt coups de couteau sans que la police n’intervienne. En mars 2015, l’IGPN est finalement saisie pour éclaircir les circonstances de la mort. Fin 2016, son rapport conclut à la légitime défense. En septembre 2018, le tribunal du Havre retient la légitime défense et rend une ordonnance de non-lieu en faveur des policiers. En juin 2020, le non-lieu est confirmé en appel.
      21. Le 20/12/2014, Bertrand NZOHABONAYO, 20 ans, est tué par balle à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), par la police. Armé d’un couteau, Bertrand Nzohabonayo pénètre dans le commissariat et blesse au visage le policier qui lui ouvre la porte avant que deux collègues ne lui portent secours. D’autres policiers ouvrent le feu et l’abattent. Les policiers assurent que Bertrand, converti à l’Islam, avait crié “Allah Akbar” (“Dieu est grand”, en arabe). Le ministre de l’Intérieur salue « le sang-froid et le professionnalisme des policiers présents ». Le parquet ouvre une enquête préliminaire et lance un appel à témoins. Certains témoins contredisent la version policière. D’autre part, les policiers nient l’existence de caméras qui auraient pu enregistrer la scène alors que plusieurs journalistes assurent qu’elles sont bien installées. En parallèle, une enquête est menée par la section antiterroriste du parquet de Paris qui s’oriente vers un attentat “motivé par l’islamisme radical”. En juillet 2015, le procureur classe l’affaire sans suite. La famille entend porter plainte en se constituant partie civile.

      BILAN : 21 morts

      • 7 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 1 personne morte suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
      • 4 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 6 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 1 personne morte noyée ou en raison d’une chute mortelle.
      • 1 personne morte suite à un tir de taser.
      • 1 personne morte suite à un tir de grenade destinée au maintien de l’ordre (lacrymogène, à effet de soufle, de décencerclement…)

      2013

      1. Le 13/02/2013, X, 24 ans, meurt dans un accident à Grigny (Essonne), en tentant d’échapper à la BAC. Contrôlé par une équipe de la BAC qui trouve sur lui de la drogue, le jeune homme s’enfuit à pied avant d’être fauché par deux voitures alors qu’il traverse la route. Les policiers lui prodiguent les premiers soins. Il meurt malgré l’arrivée des secours.
      2. Le 28/03/2013, Lahoucine Aït Omghar, 26 ans, est tué par balle à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais), par la police. Au sortir de l’hôtel où il a passé la nuit, Lahoucine est mécontent de sa chambre. Le jeune mécanicien réclame qu’on lui rembourse le prix de cette chambre. Face au refus de la réceptionniste, il dérobe une paire de ciseaux sur le comptoir de la réception”. La gérante prévient la police. Lors de son interpellation devant chez lui, Lahoucine aurait tenté de frapper l’un des policiers, d’après la version de ces derniers. L’agent, qui se blesse en tombant, tire alors trois balles dont l’une dans la poitrine. Les deux autres policiers ouvrent le feu sur Lahoucine qui meurt. Une enquête est menée par la PJ et l’IGPN. Une instruction est ouverte. La famille porte plainte et se constitue partie civile. La juge d’instruction refuse la reconstitution des faits avant que la chambre d’appel de Douai invalide en mars 2015 ne l’autorise suite à une mobilisation de la famille. En mai 2016, un non-lieu est prononcé au motif de la légitime défense des policiers. Il est confirmé en février 2017 par la cour d’appel de Douai.
      3. Le 05/04/2013, X, 45 ans, est tué par des tirs de Taser à Crozon (Finistère), par la gendarmerie. Un homme armé d’un couteau enferme ses enfants et son ex-compagne au domicile de celle-ci. Les gendarmes interviennent et libèrent la famille après négociations. Ils font ensuite usage de leur pistolet électrique contre l’homme qui tient « des propos menaçants pour lui-même ». La victime est transportée à l’hôpital et y décède dans la nuit. L’homme, par ailleurs accusé de violence conjugale, avait l’interdiction de se rendre au domicile de son ex-femme. Le parquet de Quimper ouvre une enquête. Une première autopsie assure que « le cœur de l’homme décédé était normal ». D’autres expertises médico-légales concluent à une mort par crise cardiaque liée à un niveau anormal de présence de médicaments dans le sang. En février 2014, l’affaire est classée.
      4. Le 09/06/2013, X, meurt dans un accident à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), en tentant d’échapper à la gendarmerie. Dans le cadre d’une enquête de vol de métaux, deux patrouilles de gendarmerie prennent en filature deux véhicules occupés par des “gens du voyage”. Au moment de l’interpellation vers 22h00, l’un des véhicule prend la fuite tandis que la camionnette reste bloquée. Selon la version des forces de l’ordres, ses deux occupants tentent de sauter de l’estafette alors qu’ils roulent dans une pente. L’un d’eux se serait alors coincé sous les roues du véhicule qui est venu percuter une voiture de gendarmerie, blessant un gendarme. L’homme décède tandis que les quatre personnes qui l’accompagnent sont finalement arrêtés. Une enquête est menée par la section recherches de la gendarmerie.
      5. Le 20/06/2013, Antonio DE SANTILA LIMA, 37 ans, est tué par balle à Camopi (Guyane), par la gendarmerie. A 00h30, une pirogue de trois gendarmes pilotée par un civil prend en chasse sur la rivière de Camopi une embarcation d’orpaillages clandestin. A son bord deux hommes : un pilote et Antonio De Santila Lima, Brésilien. Leur pirogue aurait opéré un “violent demi-tour”, qui aurait fait chavirer les gendarmes. Le pilote plonge et gagne la rive laissant seul l’autre homme sur le bateau. Il aurait ensuite mis en joue le militaire qui tente de monter à bord. Un de ses collègues tire une première fois sans l’atteindre. Un autre gendarme tire à son tour. Touché à la tête, Antonio meurt sur le coup. Une enquête est ouverte par la section de recherches de la gendarmerie, basée à Cayenne. Le décès déclenche des affrontements entre Brésiliens et Français durant plusieurs jours. L’auteur du coup de feu est placé en garde à vue puis relâché. En novembre, l’affaire est classée sans suite par le procureur, considérant l’état de légitime défense.
      6. Le 15/07/2013, X, 25 ans, meurt dans un accident à Port-Marly (Yvelines), poursuivi par la police. Vers 17h00, une voiture, occupée par trois personnes, double une voiture de police et grille un feu tricolore sur la RN 13 dans la commune de Pecq. Une course-poursuite débute avec les policiers qui actionnent leur gyrophare. Le conducteur poursuivi grille un deuxième feu et se faufile entre deux files de véhicules avant de perdre le contrôle de sa voiture. Celle-ci fait une embardée. Le conducteur meurt sur le coup. Les deux autres passagers sont blessés. Selon la version de la police, il n’y a pas de “contact” entre les deux véhicules. Le parquet de Versailles confie une enquête à la Sûreté départementale pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Une seconde enquête est confiée à l’IGPN.
      7. Le 16/07/2013, X, 18 ans, meurt dans un accident à Méé-sur-Seine (Seine et Marne), tentant d’échapper à la police. Vers 10h30, un jeune homme au volant d’une voiture fait demi-tour à la vue d’une patrouille de police. Il aurait accéléré pour distancer les policiers. Le jeune homme aurait alors perdu le contrôle de son véhicule jusqu’à heurter le muret d’un pavillon. Blessé, il est transporté à l’hôpital où il succombe vers midi. L’IGPN est saisie pour éclaircir les conditions de l’intervention de la police.
      8. Le 23/07/2013, X, 36 ans, est tué par balle à Chevilly-Larue (Val-de-Marne), par la police. Un homme se rend au commissariat de Chevilly-Larue en brandissant une hache. « Très agité » et « très menaçant » selon la police, il commence à casser du matériel et se serait rué sur un agent. Celui-ci tire trois coups de feu et atteint l’homme au thorax. Transporté à l’hôpital, il succombe à ses blessures dans la nuit. Une enquête est confiée à l’IGS pour éclaircir les circonstances.
      9. Le 31/07/2013, X, est tué par balle à Biscarosse (Landes), par la gendarmerie. Au volant d’un scooter déclaré volé, un homme est pris en chasse par deux gendarmes à moto. La course-poursuite entraîne la chute des trois protagonistes. L’homme sort un tournevis et blesse l’un des gendarmes au cou. Son collègue tire un premier coup de feu qui touche « légèrement » l’individu puis un second atteignant l’aine. Transporté à l’hôpital de Bordeaux, l’homme décède dans l’après-midi. Le gendarme est placé en garde à vue. Une enquête est confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Pau et à l’IGS.
      10. Le 13/09/2013, X, 19 ans, meurt dans un accident à Brest (Finistère), tentant d’échapper à la police. Alors qu’elle se dirige vers un arrêt de bus en traversant l’avenue longeant le campus universitaire de Brest, une étudiante en médecine de 19 ans est renversée par une voiture de police banalisée. Sans sirène, sans gyrophare, le véhicule, occupé par trois policiers, rejoint le commissariat. La victime est secourue par le Samu mais succombe deux jours plus tard à l’hôpital. Une enquête administrative est ouverte. En mai 2016, le policier est condamné pour homicide involontaire à huit mois de prison avec sursis.
      11. Le 12/10/2013, X, 55 ans, meurt en cellule à Bordeaux (Gironde). Alors qu’il était allongé sur la voie publique en état d’ivresse, un homme est arrêté par la Sécurité Publique de Bordeaux. Il est emmené à l’hôpital puis placé en cellule de dégrisement. A 5 h du matin, il est retrouvé inconscient. Transféré à l’hôpital, l’homme décède au matin. Il se serait réveillé puis aurait chuté. Le procureur écarte toute « intervention extérieure à l’origine du malaise ». Une enquête administrative est confiée à l’IGPN. La suite judiciaire n’est pas connue.
      12. Le 14/10/2013, Christian O., 18 ans, meurt dans un accident à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en tentant d’échapper à la BAC. Vers 23h30, des policiers de la BAC de Paris prennent en chasse un scooter, signalé comme volé et roulant à vive allure sur le périphérique parisien. Refusant de s’arrêter au barrage de police, son conducteur, un adolescent, aurait pris la fuite en direction de la porte de Montreuil (20ème). Il aurait alors percuté un 4×4 qui le précédait. Les pompiers le retrouvent en état d’arrêt cardiaque. La police de Seine-Saint-Denis et l’IGS sont saisies pour mener une enquête. Une source policière déclare qu’aucun choc n’a eu lieu entre le véhicule de police et le scooter et que les tests d’alcoolémie effectués sur les policiers et le conducteur du 4X4 sont négatifs.
      13. Le 03/11/2013, Loïc LOUISE, 21 ans, est tué par une décharge de Taser à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), par la gendarmerie. Deux cousins en viennent aux mains lors d’une soirée chez des amis. Un gendarme du peloton de surveillance et d’intervention d’Orléans intervient et utilise son taser pour maîtriser l’un des deux hommes, Loïc, qui décède ensuite. Une enquête est menée par l’IGGN. Leur rapport conclut à un tir ayant duré 17 secondes sans usage anormal du pistolet électrique. En août 2014, le procureur d’Orléans ouvre une information judiciaire contre X pour homicide involontaire. En janvier 2016, des expertises sont ordonnées. En 2019, le gendarme est placé sous statut de “témoin assisté”. L’affaire est en cours.
      14. Le 16/12/2013, Gerlan Carlos BATISTA DA SILVA, 32 ans, est tué par balle à Cayenne (Guyane), par la police. Aux environs de 2h30 du matin, le vigile d’un bar clandestin signale à la police qu’un homme armé vient de se faire expulser de l’établissement. Deux policières et un adjoint de sécurité tentent de le contrôler, mais il aurait brandi une arme de poing et menacé les agents qui ouvrent le feu. Onze cartouches sont tirées dont cinq atteignent la victime. Celle-ci succombe à ses blessures. Les premiers éléments de l’enquête montrent que l’arme n’était pas chargée. Deux policiers sont placés en garde à vue puis relâchés. Une information judiciaire pour homicide par agents de la force publique est ouverte par le procureur de la République de Cayenne.

      BILAN : 14 morts

      • 5 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 1 personne morte suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 6 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 2 personnes mortes suite à un tir de taser.

      2012

      1. Le 09/01/2012, Wissam EL YAMNI, 30 ans, meurt dans le coma après avoir été tabassé dans la nuit du 01/01/2012 à Clermont Ferrand par la police – La nuit du Nouvel An, plusieurs jeunes font la fêtent sur un parking dans le quartier de la Gauthière. Des agents de la BAC se rendent sur place, suite à un appel téléphonique qui aurait été passé du téléphone de Wissam. Une pierre est jetée sur le véhicule. Les agents sur place identifient Wissam comme l’auteur. Ils l’interpellent et le passent à tabac après une course-poursuite. Menotté, le jeune homme est transporté au commissariat où il est laissé inerte dans un couloir. Après être tombé dans le coma plusieurs jours, Wissam meurt à l’hôpital le 09 janvier suivant. La famille constate des traces de coups, de fractures et des lésions sur le corps du défunt. Un pré-rapport médical exclut une mort liée à la prise d’alcool ou de stupéfiants. Une contre-autopsie parle de mort liée à un “cocktail toxique” sans réels éléments de preuve. En 2012, l’IGPN conclut à une mort liée à la technique du “pliage”. Ce que conteste la famille pour qui Wissam est mort à cause des coups portés par les policiers. De nombreux éléments sont troubles, dissimulés et contradictoires. Le 24 février 2014, l’un des policiers est mis en examen pour “violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Un deuxième policier est également mis en examen puis placé sous statut de témoin assisté. En 2016, une nouvelle expertise de la Société française de toxicologie analytique démontre que la mort du jeune homme n’est pas liée à la prise de stupéfiants. Sept ans après les faits, l’affaire est toujours en cours.
      2. Le 11/01/2012, Abdelilah EL JABRI, 25 ans, meurt d’une rupture de l’aorte consécutive à un placage ventral à Aulnay-sous-Bois – Menotté et plaqué au sol par quatre policiers lors d’un contrôle, Abdel fait une crise cardiaque. Les agents auraient prodigué un massage cardiaque avant que les pompiers n’arrivent et le transportent à l’hôpital, où il décède. Pour le parquet, la mort d’Abdel est due à une “rupture de l’aorte, déjà fragile, liée à une maladie génétique”. Ce que mettent en doute des témoins qui évoquent des brutalités policières. Une enquête est menée par la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. L’affaire est en cours.
      3. Le 12/02/2012, X, 36 ans, meurt noyé après avoir tenté d’échapper à un contrôle de gendarmes à Magland (Haute Savoie) – Esquivant un contrôle routier, l’homme se gare sur le bas-côté et s’enfuit à pied dans une zone boisée. Il est retrouvé mort noyé dans un torrent quelques heures plus tard. Les premiers éléments de l’enquête ne mettent pas en cause la gendarmerie. La suite n’est pas connue.
      4. Le 11/03/2012, Ahamadou MAREGA, 17 ans, meurt dans un accident après avoir tenté d’échapper à un contrôle de police à Ivry-sur-Seine (Val de Marne) – Roulant sans casque sur la moto qu’il vient d’acheter, il rentre chez lui. Il est repéré par une patrouille qui le prend en chasse. La moto aurait percuté un automobiliste. L’adolescent décède vingt-quatre heures après. Des témoins affirment avoir vu un policier tirer au flash-ball.
      5. Le 27/03/2012, X, 39 ans, meurt en chutant d’un véhicule de police lors d’un transfert à Vaulx-en-Velin (Rhône) – Placé en garde à vue pour délit routier, l’homme serait tombé d’un véhicule de police en tentant de s’enfuir lors de son transfert au palais de justice. Il meurt des suites de ses blessures. Deux enquêtes sont menées pour déterminer les circonstances de la mort par la Sûreté départementale et à la brigade accident des CRS autoroutiers. La suite judiciaire n’est pas connue.
      6. Le 21/04/2012, Amine BENTOUNSI, 28 ans, est tué par balle (dans le dos) à Noisy-le-Sec (Seine Saint Denis) – Censé regagner la maison d’arrêt de Châteaudun où il bénéficie d’une permission de sortie, Amine Bentounsi tente d’échapper à un contrôle d’identité. Un policier tire sans sommation à quatre reprises et le tue d’une balle dans le dos. Armé, Amine n’a tiré aucun coup de feu et n’a pas brandi son arme vers le policier, selon les témoins. Une enquête est menée par l’IGS. Le policier est mis en examen pour homicide volontaire, ce qui déclenche une manifestation des syndicats de police qui réclament une « présomption de légitime défense ». A la fin de l’instruction par la tribunal de Bobigny en 2014, le vice-président décide de re-qualifier les faits en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ». Le policier est renvoyé devant la cour d’Assises et acquitté. Le parquet fait appel. Le policier est condamné en mars 2017 à cinq ans de prison avec sursis.
      7. Le 14/05/2012, Christian PANCRATE, 44 ans, meurt noyé à Nantes (Loire Atlantique) – A bord d’une voiture volée et après avoir forcé un barrage de police dans le centre-ville et blessé des policiers, il s’enfuit en direction de la Loire alors que ses cinq camarades sont arrêtés. Les policiers de la BAC affirment l’avoir vu au milieu du fleuve avant qu’il ne disparaisse. Il est retrouvé mort dix jours après. L’autopsie conclut à une noyade sans traces de violences. La suite judiciaire n’est pas connue.
      8. Le 17/05/2012, X, 17 ans, meurt en cellule de garde-à-vue à Cayenne (Guyane) – Soupçonné de l’agression d’un SDF avec trois autres personnes, cet adolescent est arrêté par des policiers de la BAC puis placé en garde à vue. Il aurait fait un malaise et meurt malgré le massage cardiaque prodigué par les policiers et les secours. L’examen du corps révèle une trace de blessure au cœur. La suite judiciaire n’est pas connue.
      9. Le 05/06/2012, Youssef MAHDI, 24 ans, meurt noyé à Melun (Seine et Marne) – Se rendant avec des amis sur l’île de Melun, Youssef est contrôlé en possession de stupéfiants. Ce manutentionnaire se jette dans la Seine pour échapper aux policiers. Son frère et un brigadier sautent à leur tour pour tenter de le secourir. Le brigadier revient sur la berge voyant Youssef disparaître au milieu du fleuve. La mère affirme que les policiers se sont moqués de Youssef dans l’eau et que le brigadier aurait été incité par les jeunes à tenter de le secourir. Ce sont les pompiers qui constatent la mort de Youssef. L’autopsie conclut à une “asphyxie” par noyade. Une enquête est menée par la police judiciaire de Versailles. L’affaire est classée sans suite. La mère de la victime porte plainte contre X.
      10. Le 12/06/2012, X, 62 ans, meurt d’une crise cardiaque lors de la perquisition de son domicile à Bondy (Seine Saint Denis) – Suspectant une personne dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue, des gendarmes de Senlis perquisitionnent le domicile de sa mère. Celle-ci décède alors d’un malaise cardiaque. Le procureur indique qu’aucune violence n’a été pratiquée par les forces de l’ordre et que l’autopsie conclut à une “mort naturelle”.
      11. Le 25/06/2012, Nabil MATBOUL, 26 ans, est tué par balle à Millau (Aveyron) – Refusant de s’arrêter à un contrôle de police, la voiture de Nabil est poursuivie par la BAC qui le soupçonne d’être en possession de drogue. Selon la police, la voiture de Nabil tente un demi-tour brutal et s’immobilise. Deux policiers s’approchent à pied l’arme à la main. La voiture démarre, l’un des policiers tire “par réflexe” selon le procureur. L’autre policier s’agrippe à la portière du conducteur d’une main et tire de l’autre main. L’autopsie révèle que la balle logée dans le thorax a été mortelle. Une enquête est menée par l’IGPN. L’auteur du coup de feu est mis en examen pour mis en examen pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ». En mai 2014, le premier non-lieu, prononcé en janvier, est confirmé en appel.
      12. Le 07/07/2012, Nourredin MOHAMED, 28 ans, meurt noyé à Calais (Pas de Calais) – Alors qu’il sort avec des amis, Nourredin, un réfugié soudanais, est interpellé par des CRS dans le cadre des contrôles réguliers d’identité qui ont lieu à Calais. Le groupe se sépare et Nourredin se retrouve seul. Son corps est retrouvé quelques heures plus tard dans le canal. Selon la police, Nourredin était soupçonné d’avoir volé le téléphone portable d’une femme. Les amis de celle-ci auraient pourchassé Nourredin. Les proches de la victimes mettent en cause ce scénario. Aucune autopsie du corps n’est réalisée. Les proches de la victime ne sont pas entendus par les autorité. L’affaire est classée en « mort accidentelle ». Ses proches demandent qu’une enquête soit menée sur les circonstances exactes du décès. L’oncle de Nourredin porte plainte contre X.
      13. Le 18/07/2012, X, 35 ans, meurt noyé à Perreux-sur-Marne (Val de Marne) – Des policiers de la BAC soupçonnent un homme de voler une voiture sur un parking. Celui-ci et ses deux amis s’enfuient. Lui se jette dans la Marne et est emporté par le courant avant qu’un policier tente de le secourir. Les pompiers le retrouvent noyé deux heures après les faits. Une enquête sur les circonstances de sa mort est menée par l’IGS. Le parquet écarte toute faute des forces de l’ordre durant leur intervention.
      14. Le 09/08/2012, X, 36 ans, meurt en cellule de garde-à-vue à Douai (Nord) – Interpellé en état d’ébriété, un SDF est conduit à l’hôpital puis placé au commissariat en cellule de dégrisement. Le lendemain, il est retrouvé inanimé, à genoux contre le mur. Le Smur constate son décès malgré une tentative de réanimation. L’autopsie conclut à une “mort naturelle” liée à un “pneumothorax” suivi d’une crise cardiaque, sans “trace d’élément traumatique” selon le parquet. Une information judiciaire sur les circonstances de la mort est ouverte. La suite judiciaire n’est pas connue.
      15. Le 18/08/2012, Abdelghani O., 17 ans, meurt dans un accident à Clermont Ferrand (Puy de Dôme) – La voiture, dont il était passager, roulant à vive allure aurait perdu sa trajectoire avant de s’encastrer contre un arbre. L’adolescent est transporté à l’hôpital où il succombe à ses blessures. Des témoins affirment que l’accident est survenu lors d’une course-poursuite avec une patrouille de la BAC. Celle-ci, qui avait repéré le véhicule, dément et affirme être arrivée sur les lieux après les faits. La suite n’est pas connue.
      16. Le 06/09/2012, Pacolo X., 25 ans, meurt dans un accident à Lyon (Rhône) – A 3h50 du matin, des policiers tentent de contrôler un motard, Pacolo, étudiant, arrêté à un feu. Celui-ci s’enfuit. Une course-poursuite s’entame à vive allure. La moto percute une voiture conduite par un homme en état d’ébriété. Transporté à l’hôpital, Pacolo succombe le lendemain. L’IGPN conclut que la procédure policière est régulière bien que le contrôle de Pacolo ne s’mposait pas. Le conducteur en état d’ébriété est condamné pour délit de fuite.
      17. Le 07/12/2012, Denis IVANOV, 30 ans, est tué par balle à Clouange (Moselle) – Alors que son fils, atteint de « troubles psychiatriques », vient de l’agresser dans son appartement, une femme alerte la police. A l’arrivée de trois agents, l’homme armé d’un couteau se serait jeté sur eux. Un brigadier tire six balles et touche mortellement Denis Ivanov. La famille porte plainte pour « homicide » un an après les faits. En janvier 2018, un non-lieu est prononcé.

      BILAN : 17 morts

      • 3 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 1 personnes mortes suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
      • 4 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 3 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 6 personnes mortes noyées ou en raison d’une chute mortelle.

      2011

      1. Le 01/01/2011, Steve B, 21 ans, est tué par balle à Courtry (Seine et Marne) par la police – Suite à un différent familial, Steve, atteint de schizophrénie, part en voiture muni d’un fusil de chasse. La police tente de l’interpeller après un appel de la famille. Il prend la fuite à pied dans une zone boisée où a lieu un échange de tirs au cours duquel il blesse un policier au tibia. Les policiers ripostent et tuent Steve d’une balle dans l’abdomen. 
      2. Le 11/02/2011, Nabil MADI, 38 ans, meurt en cellule à Annemasse (Haute Savoie) – Placé en garde à vue pour vol à l’étalage, Nabil est trouvé inanimé dans sa cellule au fin de matinée. Transféré à l’hôpital, il décède d’un arrêt cardiaque le soir même. L’IGPN qui mène l’enquête sur les causes de la mort évoque une “surdose de méthadone”. Un médecin lui a effectivement prescrit deux doses de ce médicament. Un traitement jugé inapproprié et dangereux selon le psychiatre et le docteur de Nabil. La famille porte plainte et se constitue partie civile.
      3. Le 13/02/2011, X, 23 ans, meurt en cellule à Cenon (Gironde) – Secouru par les pompiers alors qu’il se promène en état d’ivresse avec un ami, un jeune homme est emmené au commissariat pour être placé en cellule de dégrisement. Le chef de poste constate qu’il vomit puis fait un “malaise”. Les secours ne réussissent pas à le ranimer. Un étouffement du jeune homme par vomissement est une des hypothèses avancées pour expliquer sa mort.
      4. Le 23/02/2011, X, 62 ans, est tué par balle à Fabrègues (Hérault) par les gendarmes – Vers 1h30, des gendarmes effectuent un contrôle routier au niveau d’un rond-point. Une voiture, avec à son bord trois passagers, force le barrage. Les gendarmes entament une course-poursuite avec les fuyards qui se stoppent dans une impasse. Ils prennent la fuite à pieds. L’un d’eux, recherché pour vol aggravé, est armé d’un revolver. Il tire à six reprises en direction des gendarmes qui ripostent en tirant huit balles. Touché à la main, la clavicule et au thorax, le fuyard meurt. L’inspection générale de la gendarmerie est saisie par le procureur de la République à Montpellier pour éclaircir les circonstances de la mort. Les deux militaires sont placés en garde à vue puis relâché. Le parquet estime que les gendarmes étaient en état de légitime défense. L’autopsie révèle que la victime avait le bras tendu au moment de sa mort.
      5. Le 23/02/2011, Kévin, 19 ans, est tué par balle à Saint-Laurent-de-Mure (Rhône) par les gendarmes – Des gendarmes prennent en chasse une voiture sur l’autoroute dont le passager, Kevin, tient une arme à travers la fenêtre. Des unités de CRS et un hélicoptère se joignent à la poursuite. Après avoir forcé un péage, la voiture conduite par une femme de 53 ans s’engage sur la RN6. Elle percute un car de CRS et repart en sens inverse. Les policiers immobilisent le véhicule en tirant dans les pneus. Ils essaient de sortir le passager, mais celui-ci se montrerait menaçant. Ils tirent dans le thorax de Kevin et le tuent. Au total, quatorze balles sont tirées par les forces de l’ordre. Le procureur invoque la légitime défense. L’arme de Kevin était un pistolet à billes. Une enquête est ouverte.
      6. Le 13/04/2011, X, 43 ans, meurt lors de son interpellation à Angers (Maine-et-Loire) – En état d’ébriété, un homme brutalise sa compagne à son domicile. Quatre policiers interviennent et trouvent l’homme “prostré dans un coin”. Alors qu’il menace d’aller chercher une hache, l’homme est immobilisé par les policiers, plaqué au sol et menotté. Quand ils le relèvent, il est inconscient. Il meurt dans la nuit qui suit. Une autopsie est pratiquée le lendemain.
      7. Le 05/06/2011, Mohammed BEN AMMAR, 20 ans, meurt dans un accident de moto à Vésinet (Yvelines) – Alors qu’il ouvre en moto le cortège d’un mariage, Mohamed est poursuivi par une voiture banalisée de la BAC appelée par un voisin se plaignant du bruit. Après quelques minutes, Mohamed chute de sa moto et meurt. Le parquet affirme que la chute mortelle est due à une collision avec une camionnette. Ce que conteste un témoin de la scène qui n’a vu aucune camionnette. Celle-ci n’a pas été identifiée. Une enquête est menée par l’IGPN. La famille porte plainte.
      8. Le 29/08/2011, X, 30 ans, meurt dans un accident de scooter à Neuilly-sur-Seine (Hauts de Seine) – La police se met à la poursuite d’un homme en scooter fuyant un contrôle. Il brûle un feu rouge, percute un véhicule qui, selon ses poursuivants, passait au vert. Il chute et meurt. Une enquête est ouverte.
      9. Le 27/09/2011, X, 30 ans, meurt asphyxié à la suite d’un placage ventral à Marseille (Bouches du Rhône) – Alors qu’il se promène devant chez lui, Serge, atteint d’autisme, est interpellé par trois policiers appelés par une voisine qui le trouve menaçant. Quand les policiers l’emmènent, il est en état de mort clinique. Le père affirme avoir vu son fils menotté au dos, le visage en sang, plaqué au sol avec un policier à genoux sur son dos. Une enquête est menée par l’IGPN. En septembre 2014, les trois policiers sont jugés pour “homicide involontaire”. Le procureur requiert des “peines d’avertissement” de six à dix mois de prison avec sursis. En novembre 2014, le tribunal correctionnel de Marseille condamne les policiers à six mois de prison avec sursis.
      10. Le 11/10/2011, EL MAJHOUB GMILI, 37 ans, meurt en chutant d’un immeuble à Bourg-en-Bresse (Ain) – Dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants, une quinzaine de policiers du GIPN et gendarmes font irruption à l’aube “par la force” dans l’appartement de El Mahjoub Gmili. Selon la police, le suspect se serait défenestré en tentant de s’enfuir. L’autopsie ne relève “aucune trace de violence sur le corps”. La famille doute de la version officielle et remarque plusieurs incohérences dans le témoigagne des forces de l’ordre, au vu de l’agencement de l’appartement et des déclarations des voisins. Des témoins affirment que des policiers auraient mis une arme sur la tempe et frappé au ventre la victime après sa chute alors qu’elle était menottée au sol. En 2012, la famille demande une reconstitution. Elle est refusée. Une enquête est menée par l’IGPN pour éclaircir les circonstances de la mort. La famille porte plainte pour “homicide volontaire” ainsi que “non assistance à personne à danger”. Elle demande une reconstitution des faits.
      11. Le 05/11/2011, X, 25 ans, meurt suite à des coups à Paris (17ème) – Un usager du RER E actionne une borne d’urgence en raison d’un passager “agressif”. Les policiers interpellent l’homme, lui donne deux coups de matraques. L’homme se serait évanoui. Transporté à l’hôpital, il y décède. L’autopsie conclut à une mort suite à un infarctus. L’IGS a entendu les policiers et les témoins de la scène. Elle estime qu’il n’y a pas eu d’usage disproportionné de la force.
      12. Le 27/12/2011, X, 18 ans, meurt dans un accident de voiture à Cournon d’Auvergne (Auvergne) – Lors d’une ronde de nuit, une patrouille de la BAC tente de contrôler les quatre occupants d’une voiture Renault Clio alors qu’ils font un “rodéo”. Les quatre jeunes originaires de Clermont-Ferrand prennent la fuite à bord du véhicule. Roulant à vive allure, le conducteur perd le contrôle de la “Clio” dans un virage et fait une embardée. Propulsée par le terre-plein central, la voiture percute un pylône électrique qui, sectionné en deux, s’abat sur l’habitacle. Le conducteur âgé de 19 ans est tué sur le coup. Âgé de 18 ans, le passager avant, inanimé, est ramené à la vie par les pompiers avant d’être transporté à l’hôpital. Il y décède le lendemain. Les deux passagers, grièvement blessés sont emmenés à l’hôpital par les pompiers. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort. Selon le vice-procureur, la responsabilité de la BAC n’est pas engagée.
      13. Le 27/12/2011, X, 19 ans, meurt dans un accident de voiture à Cournon d’Auvergne (Auvergne) – Lors d’une ronde de nuit, une patrouille de la BAC tente de contrôler les quatre occupants d’une voiture Renault Clio alors qu’ils font un “rodéo”. Les quatre jeunes originaires de Clermont-Ferrand prennent la fuite à bord du véhicule. Roulant à vive allure, le conducteur perd le contrôle de la “Clio” dans un virage et fait une embardée. Propulsée par le terre-plein central, la voiture percute un pylône électrique qui, sectionné en deux, s’abat sur l’habitacle. Le conducteur âgé de 19 ans est tué sur le coup. Âgé de 18 ans, le passager avant, inanimé, est ramené à la vie par les pompiers avant d’être transporté à l’hôpital. Il y décède le lendemain. Les deux passagers, grièvement blessés sont emmenés à l’hôpital par les pompiers. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort. Selon le vice-procureur, la responsabilité de la BAC n’est pas engagée.

      BILAN : 13 morts

      • 3 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 1 personne morte suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation (pliage / plaquage / clé d’étranglement)
      • 4 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 4 personnes mortes lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 1 personne morte noyée ou en raison d’une chute mortelle.

      2010

      1. Le 20/01/2010, Malek SAOUCHI, 19 ans, meurt dans un accident de scooter à Woippy (Moselle) – Trois jeunes gens circulent sans casque ni lumière sur un scooter volé. Ils sont pris en chasse par des policiers. Le deux roues fait une embardée dans un virage. Malek Saouchi, 19 ans, meurt sur le coup. Les deux autres sont grièvement blessés. Après son hospitalisation, l’un d’eux accuse les policiers de les avoir fait tomber et de les avoir frappés. Les premiers éléments de l’enquête assurent qu’aucun choc entre le véhicule d police et le scooter n’a été constaté. Le maire de Woippy, François Grosdidier (UMP, sénateur depuis 2011) porte plainte contre le père du défunt pour dénonciation calomnieuse. Trois policiers sont placés en garde à vue puis laissés en liberté. Une information judiciaire est alors été ouverte contre X pour “homicide et blessures involontaires”. Un non-lieu est rendu en septembre 2011. La famille fait appel. Le non-lieu est confirmé en juin 2012.
      2. Le 17/04/2010, X, 45 ans, meurt en cellule à Boulogne-Billancourt (Hauts de Seine) – Interpellé dans un square en état d’ébriété et blessé à la tête, un sans domicile fixe est secouru par des pompiers qui le laissent entre les mains de la police. Emmené au commissariat, il est retrouvé inanimé en cellule le lendemain. Transféré à l’hôpital, il y décède deux jours plus tard suite à un coma. Un enquête est menée par l’IGS.
      3. Le 22/06/2010, Joseph PETITHUGUENIN, 77 ans, meurt en cellule à Amancey (Doubs) – Dans le cadre d’une enquête sur des daims empoisonnés menée par la gendarmerie, un ancien ouvrier de Peugeot, malade, décède pendant sa garde à vue. La famille pense qu’il a succombé à cause de son état de stress lié aux conditions de sa détention. Un gendarme est mis en examen pour homicide involontaire. En janvier 2012, il est condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Besançon. Il est relaxé par la cour d’appel de Besançon en octobre 2012. La famille décide de se pourvoir en cassation.
      4. Le 16/07/2010, Karim BOUDOUDA, 27 ans, est tué par balle à Grenoble (Isère) – Braqueur du casino d’Uriage, à Grenoble, Karim est pris en chasse par la BAC. Après des échanges de tirs, Karim meurt d’une balle dans la tête dans son quartier de La Villeneuve. Une enquête est menée par l’IGPN. Selon une “source judiciaire”, la légitime défense est établie. La famille porte plainte contre X pour “meurtre”.
      5. Le 16/07/2010, Luigi DUQUENET, 22 ans, est tué par balle à Thésée-la-Romaine (Loir-et-Cher) – Après un “vol en réunion” de 20 euros, Luigi et son cousin Miguel sont poursuivis par des véhicules de gendarmerie. Alors que la voiture tente de forcer un barrage, un des gendarmes tire deux coups de feu et tue Luigi d’une balle dans le thorax. En janvier 2012, un non-lieu est prononcé en faveur du gendarme inculpé de “coups mortels”. Le non-lieu est confirmé en cour d’appel d’Orléans, puis en cour de cassation en mars 2013 au motif de la légitime défense. Miguel, le conducteur de la voiture, est condamné à deux ans de prison pour refus d’obtempérer aggravé.
      6. Le 08/08/2010, Ahmed, 15 ans, meurt noyé à Mantes-la-Jolie (Yvelines) – Au volant de la voiture de sa mère avec trois amis, l’adolescent évite un contrôle routier et est poursuivi par des policiers. Ne maîtrisant plus la voiture, il percute un arbre puis un poteau. Ahmed s’enfuit à pied, saute d’un pont dans la Seine et meurt emporté par le courant. L’autopsie confirme la mort par noyade. Une enquête est menée par l’IGS.
      7. Le 27/10/2010, Louis KLINGER, 55 ans, meurt lors de son transfert au commissariat à Dijon (Côte d’Or) – Interpellé lors d’un vol de cuivre, Louis est menotté pour être emmené dans le véhicule de police. Selon le procureur, il se serait soudainement effondré et blessé à la tête. Les policiers tentent un massage cardiaque. L’homme meurt malgré la réanimation du Samu. L’autopsie conclut à une “calcification au coeur”.
      8. Le 01/12/2010, Mahamadou MAREGA, 38 ans, est tué par des décharges de Taser à Colombes (Hauts-de-Seine) – Interpellé dans son appartement par dix-sept policiers, Mahamadou est plaqué au sol dans un ascenseur, menotté aux pieds et aux mains, frappé, aspergé de gaz lacrymogène et électrocuté au taser à seize reprises. L’autopsie conclut à une mort par “asphyxie due à l’absorption de gaz lacrymogène”. Du sang est retrouvé dans ses poumons. Une information judiciaire contre X pour “homicide involontaire” est ouverte. Le défenseur des droits préconise des sanctions disciplinaires à l’encontre des policiers mis en cause, proposition qui n’est pas suivie d’effet. Un non-lieu, prononcé octobre 2012 par un juge d’instruction de Nanterre, est confirmé en février 2013 par la cour d’appel de Versailles.
      9. Le 12/12/2010, Mostefa ZIANI, 43 ans, est tué par un tir de Flash Ball à Marseille (Bouches-du-Rhône) – Suite à une altercation, dans son foyer de travailleurs, avec un colocataire que Mostefa aurait blessé au couteau, trois policiers interviennent. Mostefa lance une tasse et blesse l’un des agents au crâne. Un des policiers tire au flash-ball et l’atteint au thorax. Mostefa, alors maîtrisé, fait un arrêt cardio-respiratoire. Ranimé par les pompiers, il meurt après deux jours dans le coma. L’autopsie conclut à une mort par “oedème pulmonaire” lié “indiscutablement” au tir de flash-ball. Une enquête est menée par l’IGPN. Après une information judiciaire contre X, le parquet de Marseille renvoi en octobre 2011, le policier auteur du tir au tribunal correctionnel. En novembre 2014, ce dernier se déclare incompétent pour juger l’affaire car il estime qu’il s’agit d’un “homicide volontaire” et renvoi donc l’affaire en cour d’assises. En octobre 2015, la cour d’appel d’Aix-en-Provence décide finalement de renvoyer l’affaire au tribunal correctionnel sous le chef d’accusation “d’homicide involontaire”.

      BILAN : 9 morts

      • 2 personnes mortes suite à des tirs à balles réelles.
      • 3 personnes mortes suite à des suspiscions de coups ou dans des circonstances troubles (arrêt cardiaque, mort en cellule).
      • 1 personne morte lors d’un accident routier ou féroviaire impliquant la police (renversées par la police ou au cours d’une course poursuite)
      • 1 personne morte noyée ou en raison d’une chute mortelle.
      • 1 personne morte suite à un tir de taser.
      • 1 personne morte suite à un tir de lanceur de balles de gomme (Flashball, LBD…).

      2001

       

        • Le 10 février, à Saint-Martin-d’Uriage (38), vers 1 heure du matin, un gendarme tue un jeune homme qui le menaçait avec un cutter.

        • Le 3 avril, près de Blois (41), un lieutenant de police, qui circule à bord de son véhicule, fait feu à trois reprises sur une femme médecin, qui décède deux jours plus tard, après avoir reçu une balle dans la tête.

        • Le 30 mars à Toulon, un policier tue son ancienne compagne de trois coups de feu tirés avec son arme de service.

        • Le 10 mai à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) lors d’une opération visant des dealers de crack, un policier fait feu « malencontreusement » et tue un « collègue ».

        • Dans la nuit du 4 au 5 juin, à Paris, dans le quartier de La Goutte-d ’Or, un jeune homme de 22 ans, originaire d’Afrique noire, tombe d’un toit et se tue en voulant échapper à la police. Version allégée car le visage du garçon était inondé de gaz lacrymogène, selon des témoins.

        • Le 19 juin, à Montigny-lès-Cormeilles, deux jeunes d’origine maghrébine, qui circulent à scooter sans casque, sont poursuivis par des policiers. Le fourgon de police heurte le deux-roues qui s’écrase contre un mur. Un mort.

        • Le 11 juillet, à Toulouse, un policier tue son épouse avec son arme de service, puis son fils avec un outil de jardin.

        • Le 15 août, deux policiers parisiens, qui courtisent la même jeune femme, règlent leurs comptes, en duel, avec leur arme de service, dans le sous-sol d’un restaurant. Le plus rapide tue son rival.

        • Dans la nuit du 12 au 13 octobre, sur les hauteurs de Thonon-les-Bains (74), quatre jeunes hommes qui circulent à bord d’une 205 prennent la fuite à la vue des policiers. La course-poursuite provoque l’inévitable accident, il y a quatre morts.

        • Le 29 octobre, à Paris, au poste de police du IXe arrondissement, un Congolais est lourdement tabassé avant d’être conduit à l’hôpital où il décède.

        • A Antibes (06), le 5 novembre, des policiers procèdent à un contrôle d’identité, sur un groupe de jeunes garçons. L’un d’eux pris de malaise, s’écroule mais les policiers interdisent à ses camarades de lui faire un massage cardiaque. Le jeune homme, d’origine maghrébine, meurt sur le trottoir.

        • Le 13 novembre, à Paris, des policiers frappent à la porte de l’appartement d’un Sénégalais sans-papiers, simplement assigné à résidence, le jeune homme enjambe la fenêtre pour essayer de fuir, mais lâche prise et se tue en arrivant au sol. Oui, décidément, la police fait peur !

         

        BILAN : 15 morts

         

         

        2000

         

          • Dans la nuit du 23 au 24 mars, à Mayenne (53), un homme interpellé en état d’ébriété meurt au commissariat de police de la ville. On évoque un suicide par étouffement mais, quelques jours plus tard, l’autopsie révèle des « ecchymoses inexpliquées » et des hématomes autour du cou.
          • Dans la nuit du 15 au 16 avril, à Lille-Sud, deux policiers se préparent à interpeller un jeune homme d’origine algérienne assis dans une voiture à l’arrêt, côté passager. L’un d’eux tire une balle dans la nuque, à bout portant, sur ce garçon de 23 ans.
          • Le 18 avril, à Marseille, des policiers du SRPJ surveillent des casseurs qui viennent de s’attaquer à une banque. L’un d’eux est abattu sans hésitation.
          • Le 20 juillet, à Strasbourg, un jeune homme décède au commissariat central durant une garde à vue. Selon le procureur, la police n’a commis aucune faute.
          • Le 17 septembre, à Combs-la-Ville (77), quatre jeunes voleurs circulent en fourgonnette. Deux policiers ouvrent le feu et tuent l’un des voleurs.
          • Le 20 décembre, au cours d’une tentative d’interpellation, à Roquemaure (30), les policiers se trompent de cible et l’un d’eux abat l’un de ses collègues.

           

          BILAN : 6 morts

           

           

          1999

           

                • Le 22 janvier, à Nanteuil-lès-Meaux (77), des policiers prennent en chasse deux jeunes qui circulent à bord d’une voiture volée. En bord de Marne, les deux garçons se jettent à l’eau et l’un d’eux meurt noyé.

                • Le 30 janvier à Caen (14), un cambrioleur âgé de 27 ans est tué par un gendarme. La balle est « parite accidentellement » mais arrive en pleine tête.

                • Le 26 mai à Marseille (13), un Tunisien, interné au centre de rétention d’Arenc, meurt d’une crise cardiaque peu après son transfert à l’hôpital. Les policiers croyaient avoir affaire à un simulateur.

                • Le 1e septembre, à Cormeilles-en-Parisis, (95) un homme de 28 ans reçoit une balle dans la tête tirée par un policier qui prétend avoir tiré en l’air lors d’un simple contrôle d’identité. Il est vrai que la victime se prénomme Farid.

                • Le 1e novembre, à Paris, deux employés d’un sauna gay sont assassinés par un policier qui profite de l’occasion pour s’emparer de la recette du jour.

                • Dans la nuit du 13 au 14 novembre, près de Tarare, un véhicule conduit par des CRS percute une voiture. Cinq jeunes gens sont tués dans cet accident.

                • Le 17 novembre, à Tours, on retrouve le corps d’une jeune femme dans le congélateur d’un fonctionnaire de police.

                • Le 21 novembre 1999, un gendarme qui circule à 135 km/h sur une route départementale écrase une jeune femme de 21 ans.

             

            BILAN : 13 morts

             

             

            1998

             

                • Le 31 août, à Tarbes, un policier en civil tue un SDF de trois balles de revolver. L’homme lui avait demandé une cigarette.

                • Le 6 novembre, à Tourcoing (59), un jeune Zaïrois, âgé de 25 ans, qui circule en rollers, est interpellé par des policiers. Jeté à terre et menotté, le jeune homme meurt d’une « compression thoracique ».

                • Dans la nuit du 14 au 15 novembre, à Riom (63), des gendarmes ouvrent le feu sur des cambrioleurs. Il y a deux morts. Il s’agissait de « gens du voyage ».

                • Le 20 novembre, à Toulon, un homme d’origine tunisienne est tué chez lui lors d’une intervention policière. Le jeune homme était soigné pour dépression nerveuse.

                • Dans la nuit du 12 au 13 décembre, à Toulouse, un policier tire de sang-froid sur un jeune d’origine maghrébine – Habib – âgé de 17 ans.

               

              BILAN : 6 morts

               

               

              1997

               

                    • Dans la nuit du 19 au 20 février, un Parisien, âgé d’une trentaine d’années, meurt victime d’un « malaise cardiaque », peu après son interpellation par des policiers.

                    • Dans la nuit du 11 au 12 mars, à Machecoul (44), une patrouille de gendarmes abat deux Tziganes qui cambriolent un magasin

                    • Le 26 avril, à Epernay (51), un militaire du contingent, d’origine maghrébine, est refoulé par les videurs d’une boîte de nuit. A l’arrivée de la police, appelée en renfort, le militaire prend peur et, après une course folle, se jette dans la Marne et se noie.

                    • Dans la nuit du 18 au 19 mai, à Roissy (91), un motard qui a pris la fuite à la vue d’une patrouille de police se tue en manquant un virage.

                    • Dans la nuit du 1e au 2 juin, un policier de Nantes qui se sent menacé abat d’une balle en pleine poitrine un jeune homme de 25 ans.

                     

                    • Le 18 juillet, à Tarbes, un lieutenant des RG tue une femme de ménage dans les locaux de la préfecture puis se suicide.

                    • Le 31 juillet, à Montpellier, un policier tue sa maîtresse, âgée de 25 ans, avant de se suicider.

                    • Le 5 août, dans le Gard, des gendarmes ouvrent le feu sur deux jeunes hommes qui ont pris la fuite à bord d’ne voiture volée. L’un d’eux reçoit une balle dans la tête et meurt.

                    • Le 25 juin, à Paris, au cours d’une opération de police contre le travail clandestin, un jeune Chinois saute du 2e étage d’un immeuble et meurt de ses blessures. Décidément, la police fait peur.

                    • Dans lla nuit du 17 au 18 décembre, en forêt de Fontainebleau, les policiers établissent un barrage et tuent un garçon de 16 ans, Abdel Kader, d’une balle dans la nuque.

                    • Le 19 décembre, à Lyon, un jeune homme de 24 ans, père de famille, est tué à coups de fusil à pompe au commissariat de La Duchère. Tir instinctif …

                 

                BILAN : 12 morts

                 

                 

                1996

                 

                    • Le 6 janvier, à Saint-Ouen (93), un policier tue un chauffeur de taxi âgé de 22 ans, lequel avait pris la fuite lors d’un contrôle d’identité. Une balle dans la tête.
                    • Le 25 janvier à Amiens (80), une femme policière se suicide après avoir tué ses trois enfants avec son arme de service.
                    • Dans la nuit du 3 au 4 juin, un policier havrais tue ses parents, et ses deux jeunes sœurs avec son arme de service.
                    • Le 10 juin, à Choisy-le-Roi (94), un enfant de 8 ans, qui descend de l’autobus, qui circule en site propre est fauché par un véhicule conduit par un gendarme. Il meurt sur le coup.
                    • Le 24 juin, à Sotteville-lès-Rouen (76), un lycéen âge de 18 ans, d’origine marocaine, est poursuivi par un car de police. Le jeune homme circule sans casque sur sa mobylette ; Affol2, il accroche un véhicule, puis est heurté par le fourgon de police et meurt de ses blessures.
                    • Le 30 juin, en Seine-et-Marne, un gendarme qui s’estime menacé par un bûcheron sort son arme et le tue sans sommation.
                    • Le 08/07/1996, Sada, 20 ans, meurt noyé dans la Seine à Mantes-la-Jolie (78) – Les gendarmes prennent en chasse le jeune Sada (originaire de Mantes) qu’ils soupçonnent d’être l’auteur d’un vol de moto. Ce dernier prend peur et plonge dans la Seine. Il se noie et meurt. Des témoignages accréditent le fait que le garçon portait des traces de blessures au visage. Immédiatement, la nouvelle se répand au Val Fourré et un climat de tension s’installe sur le quartier entre les jeunes et la police Contrôles d’identité systématiques, présence d’escadrons de CRS. Le lendemain en soirée, des affrontements finissent par éclater entre jeunes et policiers.
                    • Le 18 juillet, à Mantes-la-Jolie, des policiers transportent, de l’hôpital au commissariat, un homme en état d’ébriété. Le « délinquant » y meurt de façon si curieuse que l’IGPN déclenche une enquête.
                    • Le 23/07/1996, Jawad Zaouiya, 20 ans, meurt dans une cellule du Bois-d’Arcy (78) – Jawad avait été placé le 12 juillet 1996 en détention provisoire, à la suite d’incidents avec des policiers dans son quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Il partageait une cellule de 9 m2 avec deux autres détenus. Le 23 juillet, en pleine nuit, l’un d’eux a déclenché un incendie. Il était 1 h 20. La porte de la cellule n’est ouverte qu’à 1 h 35. Quand le SAMU arrive à 2 h 05, Jawad et son codétenu incendiaire, asphyxiés, sont morts depuis au moins 25 minutes.
                    • Le 29 juillet, dans la Drôme, un jeune homme de 23 ans qui tente de se soustraire à un contrôle est tué d’une balle dans la tête, alors qu’il est ceinturé par deux gendarmes.
                    • Le 16 septembre, à Thionville (57), un policier de la PAF tue son rival en amour avec son arme de service.
                    • Le 20 décembre, à Bernay (27), un policier intervient lors d’un cambriolage et loge une balle dans la tête d’un petit casseur, âgé de 22 ans.
                    • Le 24 décembre, à la gare de Lyon-Perrache, un policier pris de boisson tue un SDF, alors qu’il n’est pas de service.

                   

                  BILAN : 10 morts

                   

                   

                  1995

                   

                      • Le 3 janvier, à Marseille, le conducteur d’une voiture volée reçoit deux balles mortelles au terme d’une course poursuite.
                      • Le 8 février, à Phalempin (59), vers 1h30 du matin, un CRS tire sur un véhicule suspect. L’un des passagers reçoit une balle mortelle dans la tête.
                      • En mars, à Bar-le-Duc (55), un sous-brigadier de police tue un cambrioleur d’une balle dans la tête. « Simple maladresse » disent ses supérieurs.
                      • Le 8 avril, à Dol-de-Bretagne (22), un automobiliste qui circule sans permis prend peur à la vue des gendarmes. Punition : une balle dans la tête.
                      • Le 12 avril, à Saint-Germain-du-Puy (18) un automobiliste ivre qui a provoqué un léger accident matériel est placé en garde à vue. Le lendemain, à 7 heures, l’homme est retrouvé mort dans sa cellule, face contre terre.
                      • Dans la nuit du 14 au 15 août, à la sortie de Metz, des policiers prennent en chasse un voleur de voiture. Un garçon de 18 ans est tué d’une balle dans la tête.
                      • Dans la nuit du 19 au 20 août, près de Sospel (06), le sous-brigadier de la PAF Karenco tire sur une voiture transportant des réfugiés Yougoslaves qui viennent de franchir la frontière italienne. Un enfant de 7 ans, qui se trouve à l’arrière du véhicule est tué d’une balle dans le dos. Deux jours plus tard, le 22 août 1995, le ministre de la Justice (Jacques Toubon) réagit en déclarant sur RTL : ” C’est un policier qui a fait son travail “. Le 17 décembre 1998, la cour d’assises de Nice acquitte le gendarme qui affirme que la balle est partie accidentellement. Aucune suite judiciaire connue.
                      • Le 4 septembre, à Samoëns (74), un gendarme tue un jeune homme qui t ente de forcer un barrage à bord d’une voiture volée.
                      • Dans la nuit du 12 au 13 octobre, à Port-Grimaud (83), un gendarme tue un cambrioleur d’une balle dans le dos.
                      • Dans la nuit du 14 au 15 octobre, à Marignane (13), des policiers tirent sur une voiture volée. Le conducteur est tué d’une balle dans le dos.
                      • Le 29 septembre, Khaled Kelkal est tué près de Lyon, par des gendarmes qui ont utilisé des balles réservées à la chasse au sanglier. On tue le jeune homme plutôt que de le capturer, et l’un des gendarmes crie à son collègue : « Finis-le ! »
                      • Le 24 octobre, un jeune homme se jette dans le canal Saint-Denis, après un contrôle de police, pour ne pas être conduit au commissariat de police, et se noie.
                      • Le 1e novembre, au commissariat de Laval (53), un jeune d’origine marocaine est tué par un policier, alors qu’il avait été convoqué pour un contrôle de routine.
                      • Dans la nuit du 27 au 28 décembre, des policiers de Savigny-sur-Orge (91), qui poursuivent un voleur de voiture, percutent un autre véhicule dont le conducteur est tué.

                     

                    BILAN : 14 morts

                     

                     

                    1994

                     

                        • Le 27 janvier, à Val-de-Reuil (76), un gendarme tue un jeune Sénégalais qui tente de voler une voiture.

                        • Le 14 avril, à Bron (69), vers 1 heure du matin, des policiers placent une voiture en travers de la route pour stopper une voiture volée qui tente de forcer un barrage. Les policiers ouvrent le feu : deux garçons de 19 ans sont tués, l’un est Turc et l’autre Maghrébin. Deux mineurs sont en état de coma dépassé.

                        • Le 18 avril, à Vaulx-en-Velin (69), un jeune homme de 20 ans est pris en chasse par des policiers alors qu’il est au volant d’une voiture volée. Il heurte un autobus et meurt de ses blessures à la tête.

                        • Dans la nuit du 26 au 27 avril, à Toulon, un motard, qui ne porte pas de casque, et vient de griller un feu rouge, est pris en chasse par des policiers qui le serrent jusqu’à lui faire perdre le contrôle de sa moto, et heurter un mur de la tête avant de mourir.

                        • Le 7 mai, un jeune Italien, interpellé dans le métro, meurt d’une curieuse « crise cardiaque » dans les locaux de la 12e section des RG, à Paris.

                        • Le 2 juin, rue Vivienne, à Paris, un policier qui n’est pas en service, intervient contre deux jeunes voleurs qui tentent de dérober la caisse d’un magasin. Il sort son arme et tue les deux hommes.

                        • Le 23 août, à Meung-sur-Loire (45), un gendarme tire une balle dans l »la tête d’un homme » qui essaie de se dérober à un contrôle. L’homme décède le lendemain.

                        • Le 12 octobre, un jeune homme placé en garde à vue au commissariat de Roanne (45), est retrouvé mort dans sa cellule.

                        • Le 12 octobre, à Beauvais, une patrouille de la BAC poursuit des voleurs de voiture. L’un des policiers sort son arme. Un des hommes meurt d’une balle reçue dans la nuque.

                        • Le 20 décembre, à Manosque (04), un CRS tue un jeune ouvrier algérien, d’une balle en pleine tête. Simplement pris de boisson, l’homme avait pris la fuite à la vue des policiers.

                       

                      BILAN : 12 morts

                       

                       

                      1993

                          1. Le 01/04/1993, X, meurt en cellule à Montpellier – L’homme, ivre, est interpellé à son domicile, puis placé en cellule de dégrisement au commissariat central. Dix minutes plus tard, l’homme est retrouvé pendu avec sa ceinture.
                          2. Le 04/04/1993, X, est tué par balle à Chambéry – Deux policiers surprennent trois jeunes qui « visitent » un parking. L’un d’eux, qui se rebelle lorsqu’on lui passe les menottes, reçoit une balle mortelle dans la nuque.
                          3. Le 06/04/1993, Makomé, 17 ans, est tué par balle au commissariat des Grandes-Carrières à Paris (18ème). L’inspecteur Pascal Compain retient au commissariat trois jeunes dont deux mineurs soupçonnés d’un vol de cigarettes. A midi, le parquet ordonne leur libération. A 15 heures, il décide pourtant d’interroger de nouveau Makomé. L’inspecteur tue le jeune homme d’origine zaïroise d’une balle à bout touchant.
                          4. Le 06/04/1993, X, 17 ans, est tué par balle à Wattrelos (Nord) – Le jeune homme d’origine maghrébine est tué d’une balle dans la tête par un policier qui veut mettre fin à un rodéo en vélo.
                          5. Le 07/04/1993, X, est tué par balle à Tourcoing (59) – Un sous-brigadier de police, ivre, tue d’une balle de revolver un jeune garçon qu’il a déjà maitrisé au sol.
                          6. Le 07/04/1993, Pascal TAÏS, meurt en cellule à Arcachon – Placé dans une cellule de dégrisement du commissariat. Le lendemain, il est retrouvé mort dans la cellule à la suite de violences visibles. Tout est alors fait pour dégager la responsabilité des policiers… Deux non-lieux suivront avec la négation des faits et des évidences.
                          7. Le 19/04/1993, X, est tué par balle à Saintes Colombes (69) – L’homme, soupçonné d’être un voleur de voiture, est blessé mortellement par un gendarme.
                          8. Le 21/04/1993, X, meurt noyé dans le canal Saint-Martin à Paris – Pris de panique lors d’un contrôle d’identité, un jeune Sénégalais tombe dans le canal et se noie.
                          9. Le 02/01/1993, X, meurt en cellule à Marseille – Le jeune homme est retrouvé mort dans une cellule du commissariat. Il se serait suicidé avec les fils de laine de son pull-over.
                          10. Le 19/03/1993, X, meurt dans l’enceinte du commissariat de Juvisy – Un homme est interpellé par les policiers, soupçonné d’être un toxicomane. A l’hôpital d’Evry, l’homme décède et les médecins constatent une fracture du cartilage du larynx.
                          11. Le 25/07/1993, X, est tué par balle dans la Drôme – L’automobiliste, poursuivi par des gendarmes parce qu’il n’a pas mis sa ceinture, est tué d’une balle mortelle dans la tête.
                          12. Le 16/08/1993, X, meurt noyé dans la Seine à Paris – Un jeune Anglais, qui veut échapper à un contrôle d’identité, se noie dans la Seine.
                          13. Le 06/10/1993, X, est tué par balle à Arles – Le jeune homme, suspecté de se livrer à un cambriolage, reçoit une balle mortelle dans la tête. Les policiers affirment que le coup serait parti « accidentellement ».
                          14. Le 23/10/1993, X, est tué par balle à Givors (69) – Des policiers ouvrent le feu sur une voiture qui cherche à éviter un barrage. Une jeune passagère, d’origine algérienne, est tuée sur le coup.
                          15. Le 31/10/1993, X, 20 ans, meurt noyé à Metz – La victime, d’origine maghrébine, aperçoit deux motards de la police et tente de fuir. Il tombe dans le canal et se noie.
                          16. Le 27/12/1993, X, est tué par balle à Saint-Fons (69) – A l’issue d’une course-poursuite avec une voiture volée, un jeune homme d’origine maghrébine est mortellement blessé alors qu’il s’enfuit à pieds.

                           

                          BILAN : 16 morts

                           

                           

                          1992

                           

                          1. Le 27 janvier, vers 2 heures du matin, deux policiers de la BAC interviennent dans un immeuble, à Asnières, suite à la plainte d’un locataire. Ils descendent dans la cave et l’un d’eux ouvre le feu et tue un adolescent âgé de 13 ans.
                          2. Le 28 janvier, au commissariat central de Bordeaux, un jeune homme, soupçonné de vol, est retrouvé mort dans une cellule de garde à vue.
                          3. Le 30 janvier, toujours à Bordeaux, un SDF est retrouvé mort dans une cellule de dégrisement.
                          4. Le 27 février, près de Beauvais, un gendarme tue un chauffeur de taxi, pour le détrousser.
                          5. Le 31 mars, à Saint-Denis-de-la Réunion, un sous-brigadier de police, poursuit une voiture, tire et blesse le conducteur dans le dos, mais la même balle tue le passager.
                          6. Dans la nuit du 28 au 29 mai, à Paris, le passager d’une voiture volée est mortellement blessé par un policier qui se déclare en situation de légitime défense.
                          7. Le 17 décembre, un gendarme qui n’est pas de service assiste à un « casse » dans un magasin. Il retourne chez lui prendre une arme, revient et vide son chargeur sur la voiture des voleurs qui s’enfuient. Un garçon de 20 ans est tué d’une balle dans la tête.
                          8. Le 20 décembre, à Besançon, un CRS tue un jeune Marocain, âgé de 17 ans, d’une balle dans la tête.
                          9. Le 20/12/1992, Hassen BEN HAMED, 18 ans, est tué par balle à Béziers – Lors de son interpellation à la suite d’une course-poursuite, Hassen est tué à bout portant par l’un des deux CRS procédant à son interpellation, Daniel Marty, et alors qu’il se trouvait plaqué sur le capot de son véhicule. Les CRS affirment que Hassen se serait débattu et que le coup de feu mortel serait parti par accident, ce que réfutent les témoins qui déclarent que Hassen a été abattu de sang-froid.

                           

                          BILAN : 9 morts

                           

                           

                          1991

                           

                            • Le 22 janvier, vers 1 heure du matin, des policiers de Versailles effectuent une descente au foyer des travailleurs immigrés de Gargenville. Deux Africains sont interpellés. Un Sénégalais reçoit une balle dans le ventre et meurt sur le coup. Commentaire de la police : « Cet homme était en situation irrégulière… »

                            • Dans la nuit du 20 au 21 mars, à Liévin (62), des policiers poursuivent une voiture volée par trois mineurs. Un véhicule de police se met en travers de la route, les jeunes font une embardée pour l’éviter et un policier tire. Le conducteur, âgé de 16 ans, meurt d’une balle reçue dans la nuque.

                            • Le 6 avril, vers 6 heures du matin, à Albert (60), un jeune homme, plutôt ivre, sort d’une boîte de nuit. Il enfourche sa mobylette qui n’a pas d’éclairage. Deux policiers le poursuivent et l’un d’eux tire « accidentellement » une balle mortelle.

                            • Le 27 mai, c’est la mort de Aïssa, 19 ans au commissariat de Mantes-la-Jolie.

                            • Le 9 juin, à 2 heures du matin, Youssef, 23 ans, est tué à Mantes-la-Jolie.

                             

                            BILAN : 5 morts

                             

                             

                            1990

                             

                            1. Le 05/03/1990, Saad SAOUDI, 35 ans, est tué de cinq balles dans le dos à La Ciotat, par des policiers qui le transportent au tribunal. Souhaitant porter plainte suite à une rixe, il est lui-même placé en garde-à-vue avant d’être emmené le lendemain par deux policiers pour être présenté à un juge. Sur le trajet, il est abbatu par le conducteur alors qu’il est menotté, celui-ci prétendant que Saad aurait tenté de l’étrangler. 
                            2. Le 19/09/1990, Samy, 17 ans, meurt en cellule au commissariat de Créteil, après avoir été arrêté pour s’être enfui devant une patrouille de police.

                            • Le 20 juin, dans le VIe arrondissement de Paris, au cours d’une interpellation en flagrant délit, un suspect est maîtrisé, face contre terre. Un policier lui passe les menottes, tandis qu’un autre lui tire une balle dans la tête.
                            • Le 23 juin à Perpignan, un policier tire sur un automobiliste, au cours d’un contrôle de routine. La balle mortelle arrive dans la tête d’un garçon de 19 ans.

                             

                            BILAN : 4 morts

                             

                             

                            1989

                             

                             

                              • Le 8 mars, à Paris, un employé de la Brinks vient d’être interpellé pour un vol de bijoux. Dans la nuit, il retrouvé mort d’une balle dans la tête dans les locaux de la police judiciaire parisienne. Les policiers affirment que l’homme s’est suicidé.

                            BILAN : 1 mort

                             

                              1988

                               

                               

                                1. Le 24/01/1988, X, est tué par balle près de Grenoble – A 2 heures du matin, un gardien de la paix ordonne au conducteur d’une voiture volée de se ranger. Le policier qui s’estime être en situation de légitime défense fait feu. Le corps sans vie d’un jeune Gitan est retrouvé quelques minutes plus tard.
                                2. Le 02/02/1988, X, 26 ans, est tué par balle à Marseille, un gardien de la paix interpelle un jeune homme sur un parking, le prenant pour un voleur de voiture (ce qui n’est pas le cas. Le policier ouvre le feu et tue sa victime d’une balle dans la tête..
                                3. Le 12/03/1988, X, 21 ans, meurt dans un accident à Lhomme (Nord) – L’homme est tué en tentant d’échapper à un contrôle de police.
                                4. Le 24/06/1988, X, est tué par balle à Port-de-Bouc (13) – Un jeune homme, soupçonné d’être un voleur de voitures, tente d’échapper à un contrôle de police. Un policier, dont la voiture a été heurtée, dégaine, tire et loge une balle dans la tête du jeune homme qui meurt en arrivant à l’hôpital.
                                5. Le 05/07/1988, X, meurt dans un accident à La Courneuve (93) – Des policiers veulent intercepter un group de jeunes circulant sans casque à mobylette. Un véhicule de police se met en travers de la route. Le passager d’une des mobylettes est éjecté et meurt des suites du choc.
                                6. Le 23/07/1988, X, est tué par balle dans un square de Saint-Rémy-de-Provence (13) – Des gendarmes contrôlent quelques jeunes qui y dorment. L’un d’eux s’enfuit. Poursuivi, il reçoit une balle mortelle de 9mm dans la tête.
                                7. Le 02/08/1988, X, est tué par balle à Montigny-le-Bretonneux – Un homme soupçonné d’être un voleur de voiture tente d’échapper à un contrôle. Les policiers ouvrent le feu, et le passager, qui reçoit plusieurs balles meurt quelques minutes plus tard.
                                8. Le 08/10/1988, X, 13 ans, est tuée par balle à Noisy-le-Sec (93) – Un gardien de la paix arrive devant un immeuble, suite à une tentative de vol de mobylette. Ce policier tire en l’air et blesse mortellement une fillette de 13 ans qui se trouve à une fenêtre.
                                9. Le 09/10/1988, X, est tué par balle à Paris – Vers 22 heures, un gardien de la paix poursuit un présumé malfaiteur. L’homme est mortellement blessé.

                                BILAN : 9 morts

                                 

                                  1987

                                   

                                   

                                    • Le 8 juin, à Montargis, un policier tire à bout portant sur un gamin de 14 ans qui tente de fuir à bord d’une camionnette volée.

                                    • Dans la nuit du 12 au 13 septembre, en Guadeloupe, un policier blesse mortellement un homme qui refuse de se soumettre à un contrôle d’identité.

                                  BILAN : 2 morts

                                   

                                    1986

                                     

                                      1. Le 20/06/1986, X, est tué par balle à Paris (13ème) – Dans le métro parisien, à la station Tolbiac, une policière qui «se sent menacée » par un voyageur, sort son arme et tire : il y a deux morts, un Antillais et un Cambodgien.
                                      2. Le 20/06/1986, X, est tué par balle à Paris (13ème) – Dans le métro parisien, à la station Tolbiac, une policière qui «se sent menacée » par un voyageur, sort son arme et tire : il y a deux morts, un Antillais et un Cambodgien.
                                      3. Le 21/06/1986, X, 17 ans, meurt au commissariat de police de Bondy (Seine Saint Denis) – Un jeune Algérien est déclaré mort d’une « overdose de négligence » par la police alors qu’il se trouve dans l’enceinte d’un commissariat. A l’hôpital, les médecins relèvent des traces de coups sous le menton et à la hauteur de l’estomac de la victime.
                                      4. Le 05/07/1986, X, est tué par balle à Paris – Rue de Mogador, un jeune homme est tué de deux balles explosives, dans le dos, tirées par un CRS. La victime était à terre.
                                      5. Le 31/07/1986, X, est tué par balle à Fontenay-sous-Bois (Val de Marne). Le jeune homme est abattu alors qu’il est au volant de sa moto. Pour les policiers, le jeune homme était soupçonné d’avior commis un vol à l’arraché.
                                      6. Le 21/10/1986, X, est tuée par balle à Grenoble – Un inspecteur de police, qui enquête sur une affaire de trafic de drogue, s’introduit dans l’appartement d’une étudiante et tue d’une balle cette jeune fille qui regardait la télévision.
                                      7. Le 05/12/1986, Abdel BENYAHIA, 20 ans, est tué par balle à Pantin (Seine Saint Denis), par la police
                                      8. Le 06/12/1986, Malik OUSSEKINE, 22 ans, est tabassé à mort à Paris (5ème), par la police – Des voltigeurs à moto (PVM) engagés sur la dispersion d’une manifestation contre la loi Devaquet, poursuivent des passants dans la rue Monsieur-le-Prince et s’engouffrent sous le porche d’un immeuble à la poursuite de Malik, qui sort alors d’un club de jazz. Trois CRS du PVM le frappent à coups de matraques dans le hall de l’immeuble. Malik meurt sous les coups.
                                      9. Le 24/12/1986, X, est tué par balle à Toulouse – Au terme d’une course-poursuite dans les rues de la ville, un policier tire sur un jeune voleur de voiture, car il s’est « senti menacé ».

                                    BILAN : 9 morts

                                      1985

                                       

                                       

                                        • Le 6 mars, à Vaulx-en-Velin (69), un groupe de jeunes Maghrébins s’adonne à un rodéo à mobylette. Deux policiers, qui sont « frôlés » frappent des jeunes avec un talkie-walkie. Frappé à terre, de nouveau, un garçon, âgé de 16 ans, tombe dans le coma et meurt à l’hôpital.

                                        • Le 6 juin, à Louviers (27), des policiers tuent un garçon de 17 ans, d’origine maghrébine, qui se trouve à bord d’une voiture volée. Les balles meurtrières sont arrivées par l’arrière du véhicule.

                                      BILAN : 2 morts

                                       

                                        1984

                                         

                                         

                                          1. Le 28/01/1984, X, meurt en chutant d’un immeuble après avoir tenté d’échapper à un contrôle de police à Tarbes – Un jeune Algérien qui tente d’échapper à un contrôle de police tombe du 9e étage d’un immeuble et se tue.
                                          2. Le 21/04/1984, X, est tué par balle à Gennevilliers (Hauts de Seine) par la police – Vers 2 heures du matin, un gardien de la paix ouvre le feu sur une voiture, il y a deux morts. Le policier invoque la légitime défense.
                                          3. Le 21/04/1984, X, est tué par balle à Gennevilliers (Hauts de Seine) par la police – Vers 2 heures du matin, un gardien de la paix ouvre le feu sur une voiture, il y a deux morts. Le policier invoque la légitime défense.
                                          4. Le 14/07/1984, X, est tué par balle à Paris par la police. Vers 3h30 du matin, une patrouille de police poursuit une voiture qui aurait enfreint le Code de la route. Un garçon est tué d’une balle dans la tête. Le projectile est entré par la lunette arrière alors que le policier tireur affirme avoir été en situation de légitime défense.
                                          5. Le 16/10/1984, Salim BAZARI, 28 ans, est tué par balle à Paris par la police. Après avoir grillé un feu rouge au volant de sa voiture, Salim s’arrêteà une station service. Alors qu’il redémarre, le policier tire, la balle traverse la vitre arrière et vient se loger dans sa poitrine. Le policier prétend que la voiture lui fonçait dessus et invoque la légitime défense.
                                          6. Le 23/11/1984, X, est tué par balle à Montreuil (Seine Saint Denis) par la police. Vers 18 heures, deux policiers d’une compagnie d’intervention interpellent les occupants d’une voiture en stationnement. Les policiers, qui disent s’être sentis menacés ouvrent le feu. Un jeune homme est tué.

                                        BILAN : 6 morts

                                         

                                          1983

                                           

                                           

                                            • Le 14 février, à Châtenay-Malabry, un jeune Tunisien, âgé de 17 ans, qui circule sans casque sur sa mobylette prend peur à la vue des policiers. Il est rejoint et reçoit une balle mortelle dans la tête.

                                          BILAN : 1 mort

                                           

                                            1982

                                             

                                            1. Le 14/07/1982, X, est tabassé à mort sur le Vieux Port de Marseille, par des CRS. Courant pour ne pas être au retard au travail, les CRS estiment qu’il a quelque chose à se reprocher et le font monter dans leur car, malgré la désaprobation des badauds. Quand ils le relâchent à quelques mètres de là, il a le visage ensanglanté et porte des traces de coups dans la région lombaire. Il meurt à l’hôpital des suites de ses blessures.

                                            • Le 10 juin, sur le périphérique parisien, à la hauteur de la porte de Bagnolet, un inspecteur ivre, qui n’est pas en service, tue la conductrice d’une voiture qui a percuté la sienne

                                            • 10 juin 1982. Dans le XVIIe arrondissement de Paris, un garçon de 18 ans, qui circule à scooter, est tué par un policier qui, de son balcon, l’a visé avec sa carabine 22 long rifle.

                                            • Dans la nuit du 8 au 9 septembre, rue Rossini, à Paris, des gardiens de la paix veulent procéder au contrôle d’une voiture qui leur paraît suspecte. Le véhicule ne s’arrête pas et les policiers ouvrent le feu. Une jeune fille est tuée.

                                            • Dans la nuit du 5 au 6 octobre, à Lyon, un ouvrier algérien est tué d’une balle dans le ventre par des policiers, au prétexte que leur victime était armée d’un cutter.

                                            BILAN : 5 morts

                                            1981

                                             

                                             

                                              • Le 14 février, à Bellay (01), un gendarme tue un passant d’une balle de pistolet-mitrailleur. Il ne s’agit que d’une « erreur » le signal d’alarme d’une banque s’étant déclenché sans raison.

                                                Le 24 mars, à Grenoble, des policiers prennent en chasse une voiture qui a grillé un feu rouge. Le conducteur, un jeune Gitan, reçoit une balle mortelle dans la tête.

                                            BILAN : 2 morts

                                             

                                              1980

                                               

                                               

                                                • Le 11 janvier, à Paris, un jeune voleur de voiture, âgé de 20 ans, est tué d’une balle dans la tête, dans le XVe arrondissement. Pour les policiers, la balle est partie « accidentellement ».

                                                • Le 13 janvier, à Marseille, un jeune cambrioleur d’origine algérienne, est abattu d’une balle de revolver, tirée dans la tête, par derrière.

                                                • Le 14 janvier, à Strasbourg, un garçon de 22 ans, d’origine marocaine, qui cambriolait un débit de tabac, est poursuivi par un policier qui, « se sentant menacé », lui loge une balle dans la tête.

                                                • Le 1e février à Valenton (94), un jeune Maghrébin, âgé de 16 ans, qui est poursuivi par des policiers, s’engouffre dans la cave d’un immeuble. Il sort un couteau d’électricien pour faire sauter le pêne d’une porte mais un policier surgit, qui tire. Le garçon meurt sur le coup. Il paraît que la balle aurait ricoché sur un mur …

                                                • Le 12 février, à Vallauris (06), un policier de la Brigade du grand banditisme tue un de ses collègues qu’il a pris pour un malfaiteur.

                                                • Le 19 mars, à Muszon (51), un adjudant de gendarmerie tue un cambrioleur présumé, âgé de 25 ans.

                                                • Dans la nuit du 25 au 26 mars, à Saintes (17), des policiers poursuivent un malfaiteur qui s’est réfugié dans un café. Ils ouvrent le feu, et tuent le fuyard, en même temps qu’un paisible consommateur qui reçoit une balle dans la tête car, dit-on au commissariat, la balle qui a tué l’innocent a ricoché sur un mur.

                                                • Dans la nuit du 9 au 10 avril, à Boisement (95), un garçon de 18 ans est abattu par des policiers, après avoir forcé un barrage de police. Nécessairement, la balle est arrivée dans le dos ou dans la tête.

                                                • Le 4 mai, à Lunéville (54), un policier tue un jeune homme qu’il tente maîtriser. Le coup de revolver est parti tout seul.

                                                • Le 14 mai, à la faculté des sciences Jussieu, à Paris, une étudiante meurt le crâne défoncé, après une chute, suite à une charge de police dans les étages.

                                                • Le 7 juin, à Louviers (27), un homme un peu ivre tangue dans les rues de la ville. Des policiers le suivent jusqu’à son domicile, et comme ils le trouvent avec un couteau à la main, ils l’abattent.

                                                • Le 19 juin, à Plombières (88), un bûcheron est tué par un gendarme au prétexte que l’homme, qui se cache dans sa maison, se refuse à ouvrir sa porte.

                                                • Le 30 juin, à Paris, une Gitane de 20 ans est tuée d’une balle dans la tête, alors qu’elle se trouvait à bord d’une voiture volée dont le conducteur avait voulu se soustraire à un contrôle. Les policiers affirment qu’ils « visaient les pneus ».

                                                • Le 12 juillet, à Corraze-Nay (64), un ouvrier portugais qui voyage sans billet dans un train, est attendu sur le quai par des gendarmes qui l’abattent.

                                                • Le 28 juillet, des policiers parisiens poursuivent un véhicule volé et tirent en rafales. C’est le passager, une jeune fille de 20 ans, qui est tuée d’une balle dans la tête. Les policiers expliquent pourtant qu’ils ont tré dans les pneus de la voiture.

                                                • Le 13 septembre, à Bassens (73), un malade mental, que les policiers tentaient de maîtriser, se serait tiré une balle dans la tête. Pourtant, le commissaire de police reconnaît : « Un policier a fait feu, il avait oublié de le dire… »

                                                • Le 18 octobre, dans les quartiers Nord de Marseille, au cours d’un contrôle de routine, un CRS ouvre le feu avec un pistolet-mitrailleur sur une voiture occupée par quatre adolescents. Un jeune Maghrébin, âgé de 17 ans, est tué net.

                                              BILAN : 18 morts

                                               

                                                1979

                                                 

                                                1. Le 08/04/1979, Gérard BASTIEN, 17 ans, meurt dans un accident à Apremont (Oise). Les gendarmes du peloton de surveillance et d’intervention viennent arrêter à son domicile un de leur collègue, Alain Lamarre. Ce gendarme est soupçonné d’être le “tueur de l’Oise” auteur d’assassinat, de vol et d’agression de militaires. A la sortie, ils l’embarquent dans un véhcule de patrouille luttant contre la foule rassemblée et la nuée de journalistes. Les forces de l’ordre empruntent une petite route à vive allure pour semer ces derniers. Arrive alors en face Gérard Bastien qui circule en mobylette. Celui-ci, percuté, est propulsé. Laissé seul, il meurt de suites de ses blessures. Les secours arrivent trop tard. Les circonstances de la mort sont troubles. Les gendarmes et journalistes affirment de ne pas avoir vu qui avait percuté la victime. La famille ne se contente pas de la thèse d’un banal accident de la route. Elle évoque une mauvaise préparation de l’arrestation de Lamarre et demande pourquoi les traces de l’accident ont été effacées par des travaux le lendemain. En janvier 1988, la mère du défunt formule un recours devant le tribunal administratif pour mettre en cause la gendarmerie. La requête est rejetée. En novembre 1999, le Conseil d’Etat confirme la décision du tribunal. Trente ans après les faits, la famille continue de chercher des faits nouveaux pour ouvrir le dossier.
                                                2. Le 02/11/1979, Jacques MESRINE, 42 ans, est tué par balle à Paris. Jacques Mesrine, recherché par la brigade antigang pour vols, prises d’otages et braquages, est tué lors d’une tentative d’interpellation alors qu’il est au volant d’un véhicule. Les policiers dirigés par Robert Broussard invoquent la légitime défense, étant donné la présence de grenades sous un siège du véhicule. Version contestée par la famille qui dépose une plainte pour “assassinat” avec constitution de partie civile. Après 25 ans de procédure, un non-lieu est confirmé par la cour de cassation.
                                                3. Le 08/11/1979, Abdelkader KERKEBANE, 23 ans, est tué par balle (dos) à Paris (2ème). Quatre personnes soupçonnées de cambriolage sont interpellées devant une voiture en stationnement place de la République. Alors qu’elles tentent de fuir, un des brigadiers tire à bout portant et tue Abdelkader d’une balle dans le dos. Deux autres réussissent à s’enfuir, un troisième est arrêté. Les enquêteurs découvrent dans la voiture des vêtements volés dans un magasin de la rue Faubourg-du-temple. L’auteur du coup de feu déclare que « le coup est parti accidentellement » et qu’il a « glissé sur une feuille morte ».
                                                4. Le 10/11/1979, X, est tué par balle à Etampes (Essonnes). Des policiers interceptent une voiture supposée volée. L’un d’eux sort son arme et la pose sur la tempe du conducteur et le tue. La police affirme que le coup serait parti tout seul.

                                                      1978

                                                       

                                                      1. Le 11/01/1978, Mohammed KADI, 20 ans, est tué par balle à Paris. Mohamed Kadi et deux complices sont appréhendés en train de voler une 2CV. Un inspecteur fait feu avec son pistolet tuant le suspect. Un non-lieu est rendu pour “réaction normale à résistance illégale”. L’avocat se pourvoit en cour de cassation. La suite est inconnue.
                                                      2. Le 19/01/1978, X, 18 ans, est tué par balle à Férolles-Attilly (Seine et Marne). Soupçonné d’avoir volé une voiture, un homme est tué d’une balle. La version officielle affirme que « le gendarme, qui tirait en l’air, après sommation d’usage, avait trébuché ou glissé en courant sur un terrain fraîchement labouré. »
                                                      3. Le 13/03/1978, Alain CHAUSSIN, 22 ans, est tué par balle à Paris (12ème). Une camionnette, avec à bord les deux frères Alain et Bernard Chaussin, ont un accident avec un chauffeur de taxi. Des agents de la compagnie motocycliste se lancent à leur poursuite. Un policier, croyant les deux frères armés suite au témoignage du chauffeur accidenté, vide son chargeur sur la voiture. Il tue les deux passagers de plusieurs balles dans la tête. Le policier était en état “d’imprégnation éthylique”. Il a été suspendu avec solde. C’était une erreur, dit l’IGS, mais l’auteur de la « méprise » est laissé en liberté. Il est présenté en cour d’assises puis acquitté.
                                                      4. Le 13/03/1978, Bernard CHAUSSIN, 34 ans, est tué par balle à Paris (12ème). Une camionnette, avec à bord les deux frères Alain et Bernard Chaussin, ont un accident avec un chauffeur de taxi. Des agents de la compagnie motocycliste se lancent à leur poursuite. Un policier, croyant les deux frères armés suite au témoignage du chauffeur accidenté, vide son chargeur sur la voiture. Il tue les deux passagers de plusieurs balles dans la tête. Le policier était en état “d’imprégnation éthylique”. Il a été suspendu avec solde. C’était une erreur, dit l’IGS, mais l’auteur de la « méprise » est laissé en liberté. Il est présenté en cour d’assises puis acquitté.
                                                      5. Le 25/04/1978, X, 26 ans, est tué par balle dans la Creuse. Soupçonné d’avoir volé une voiture, un homme est tué d’une balle par un gendarme lors d’une course poursuite.
                                                      6. Le 28/07/1978, X, 18 ans, est tué par balle à Lyon. Soupçonné d’avoir volé une voiture, un homme est tué à bout portant par un gendarme.
                                                      7. Le 04/08/1978, X, est tué par balle à Belfort. Un policier poursuit un homme à l’intérieur de l’usine Alstom, où il a pénétré au volant d’un camion. Comme il descend du véhicule, un couteau à la main, l’homme souffrant de troubles psychologiques est abattu de deux coups de feu.
                                                      8. Le 25/08/1978, X, meurt en cellule à Lille (Nord). Un jeune homme, soupçonné de vol à la roulotte, est retrouvé « suicidé » dans la cellule où il a été placé après son interpellation. Il se serait pendu à l’aide de ses chaussettes.
                                                      9. Le 16/11/1978, Georges CANDELLA, est tué par balle à Marseille (Bouches-du-Rhône). Au cours d’un hold-up, Georges, receveur des postes, est abattu de quatre balles par un CRS, lui-même auteur du hold-up avec des collègues de la CRS 54. Les syndicats de police condamnent “sans réserve” cet acte isolé réclamant une “sanction exemplaire”. L’auteur des coups de feu a été radié de la police et condamné à vingt ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches du Rhône. Le fait qu’il soit policier est retenu par le procureur comme circonstance aggravante.

                                                         

                                                          1977

                                                           

                                                          1. Le 06/02/1977, X, meurt en cellule à Chambéry (Savoie) – Arrêté pour tapage nocturne dans un débit de boisson, il est placé en dégrisement. Le lendemain matin, il est retrouvé mort dans sa cellule.
                                                          2. Le 11/03/1977, X, est tuée par balle à Abbeville (Somme) – Cette tenancière de bar tuée par balle par un gardien de la paix. Le policier s’est suicidé.
                                                          3. Le 16/03/1977, Bernard MAGNY, 47 ans, est tué par balle (abdomen) à Mantes-la-ville (Yvelines) – Menaçant envers sa femme et ses enfants, Bernard tire avec un pistolet d’alarme en direction des policiers qui viennent l’interpeller au domicile familial. Un brigadier riposte et le tue d’une balle dans le foie.
                                                          4. Le 23/05/1977, X, est tué par balle à Paris (3ème) – Des policiers prennent en chasse une voiture dont le conducteur prend peur et se sauve à pied. Il reçoit une balle dans la nuque, et meurt à l’hôpital. Menacée par téléphone, la sœur de la victime, qui veut porter plainte, se suicide.
                                                          5. Le 31/07/1977, Vital MICHALON, est tué par une grenade offensive à Creys-Malville (Isère) – Le 31 juillet 1977, plusieurs dizaines de milliers d’antinucléaires, de paysans et de riverains manifestent contre le projet de centrale nucléaire de Superphénix. Plusieurs milliers de CRS, gendarmes mobiles, gendarmes parachutistes et membres de la brigade anti-émeute sont mobilisés, aidés d’hélicoptères et de véhicules amphibies. Des affrontements ont lieu avec les forces de l’ordre à proximité du site. Vital Michalon est alors touché d’un éclat de grenade offensive tirée par des gendarmes mobiles. Ses poumons éclatent sous “l’effet du souffle” et déclenche une asphyxie entraînant son décès d’après les conclusions de l’autopsie. Ce que nie dans un premier temps un communiqué du procureur de la République imputant la mort à un arrêt cardiaque et à un “engin de fabrication artisanale”. La famille porte plainte contre X en se constituant partie civile. Une instruction est ouverte mais les enquêtes ne permettent pas d’éclaircir les réelles circonstances de la mort. Seuls certains témoins déclarent avoir vu sortir Vital d’une haie, courbé en deux et mis en joue par les fusils de deux agents de l’ordre avant que ces derniers repartent. Les témoignages révèlent aussi la trace d’un impact circulaire autour du corps.
                                                          6. Le 16/08/1977, X, est tué par balle à Cannes (Alpes-Maritimes). Un jeune homme soupçonné de vol se laisse appréhender puis prend la fuite. Un policier l’abat d’une balle qui atteint le foie. Le policier affirme que le revolver est tombé au sol et que la balle est partie toute seule.
                                                          7. Le 23/08/1977, Mustapha BOUKHEZZER, 21 ans, est tué par balle à Châtenay-Malabry, par un policier. Suspecté de tentative de hold-up dans un bureau de poste et poursuivi par un policier, Mustapha est rattrapé par un brigadier de police dans les bois de Verrières, qui le met en joue et tire à plusieur reprises, le touchant à la main, à la cheville et à l’abdomen.Le policier s’approche finalement du garçon et lui vide le contenu du chargeur dans le corps, dont une balle à bout portant et une autre à bout touchant. Le même policier avait déjà tué un voleur à la roulotte le 3 septembre 1974, puis un autre le 6 septembre suivant. Le policier est suspendu de ses fonctions puis soumis à dix ans d’interdiction de port d’arme.
                                                          8. Le 28/10/1977, Jacques BOURGOIN, 30 ans, est tué par balle à Fontenay-le-Fleury (Yvelines) – En faction depuis 23 heures, une équipe de police, mise en place par un commissaire, attendent d’appréhender deux personnes suspectées de braquer le coffre-fort de la gare. Les deux complices non armés arrivent vers 3h30 du matin. Les policiers tentent de les arrêter. Dans la confusion, le policier Bourgoin tire et blesse son collègue. Un troisième policier risposte alors au pistolet-mitrailleur et tue Jacques Bourgoin. La suite n’est pas connue.
                                                          9. Le 10/11/1977, Ottara ASSOUMAN, 27 ans, meurt en cellule au local de rétention de la préfecture de Paris – Ottara, ivoirien en instance d’expulsion, décède dans les locaux de la préfecture. Une enquête est ordonnée par le parquet. L’autopsie évoque une mort naturelle liée à un œdème pulmonaire et un accident vasculaire, dus à une tumeur hépatique.
                                                          10. Le 23/11/1977, Abdelmadjid ABDELLAOUI, 40 ans, est tué par balle dans le hall de la gare Saint-Charles à Marseille. Alertés par un buraliste qui signale une personne portant un long couteau à sa ceinture, cinq policiers entourrent Abdelmadjid et le menacent de leurs armes. Sortant alors son couteau, il est abbattu alors qu’il ne présente pas une menace particulière selon les témoins présents, qui attestent que les policiers n’ont pas essayé de le désarmer. Abdelmadjid souffrait de troubles psychologiques attestés par plusieurs incidents publics antérieurs.
                                                          11. Le 03/12/1977, X, est tué par balle à Evreux (Eure). Un homme tente d’échapper aux gendarmes. Il est tué d’une balle dans le dos.
                                                          12. Le 19/12/1977, X, est tué par balle à Pontoise (Val d’Oise). Un jeune homme tente d’échapper à un contrôle de gendarmes. L’un d’eux assure qu’il s’est senti menacé et tire, à vingt mètres. Le garçon reçoit une balle dans la nuque, qui ressort par le front.

                                                              1976

                                                               

                                                              1. Le 09/03/1976, Jean-Pierre MARIN, 30 ans, est tué par balle à Champagne-au-Mont-d’Or (Rhône) – Jean-Pierre est suspecté d’être impliqué dans le meurtre d’un juge d’instruction lyonnais. Au volant d’une voiture, il est abattu d’une rafale de pistolet-mitrailleur lors d’une tentative d’interpellation à son domicile. Les policiers invoquent la légitime défense. Le suspect n’était pas armé.
                                                              2. Le 23/06/1976, Bernard BAPTEDOU, 45 ans, est tué par balle à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) – Dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement de Guy Thodorof, deux inspecteurs de police viennent interpeller les suspects principaux à leur domicile. A l’arrivée dans l’immeuble, ils se trompent d’appartement et se présentent chez Bernard Baptedou. Alors que la femme de ce dernier ouvre aux policiers sur le pallier, ils aperçoivent, par un jeu de miroir, Bernard Baptedou dans le salon une arme à la main. Les policiers ouvrent le feu pour prévenir un éventuel tir et tuent cet employé de la banque de France. M. Baptedou est un collectionneur d’armes anciennes. Une information judiciaire est ouverte et les deux inspecteurs de la brigade criminelle sont inculpés de “coups volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Un non-lieu est prononcé en août 1977. NB : l’affaire déclenche la fronde des policiers qui demandaient une “présomption de légitime défense” en faveur de leurs collègues.
                                                              3. Le 10/07/1976, Gilles OLIVIER, est tué par balle à Saint-Denis (Seine Saint Denis) – Vers 1h du matin, des gardiens de la paix de Saint-Denis interviennent pour stopper l’attaque d’un bus RATP par plusieurs jeunes gens. A l’arrivée de la police, ces derniers prennent la fuite. Un des policiers prend en chasse deux jeunes et tire en direction des fuyard. Le corps de Gilles est retrouvé dans l’après-midi par un passant, gisant près d’une école maternelle. La police informe la famille le lendemain que leur fils a été tué dans une bagarre avant d’admettre qu’il est mort par balle. Selon l’autopsie, la balle mortelle aurait atteint Gilles après un ricochet. L’enquête de l’IGS ne permet pas de déterminer les circonstances exactes de la mort. Une information judiciaire pour “homicide involontaire” est ouverte. De leur côté, la famille porte plainte pour “homicide volontaire”. La suite n’est pas connue.

                                                                1975

                                                                 

                                                                1. Le 28/02/1975, Joseph ELBAZ, est tué par balle à Paris – Les frères Zemmour sont recherchés par la police pour trafic et braquage. Une tentative d’arrestation au bar Le Thélème à Paris vire à la fusillade. Joseph Elbaz, le garde du corps de William Zemmour, l’un des deux gangsters, est tué sur le coup. Les policiers invoquent la légitime défense.
                                                                2. Le 28/02/1975, William ZEMMOUR, est tué par balle à Paris – Les frères Zemmour sont recherchés par la police pour trafic et braquage. Une tentative d’arrestation au bar Le Thélème à Paris vire à la fusillade. William Zemmour est abattu de quatre balles dont une à la tête. Les policiers invoquent la légitime défense. La famille Zemmour porte plainte pour meurtre.
                                                                3. Le 08/04/1975, Lucien BOUVIER, 26 ans, est tué par balle (dos) à Paris – Lucien, représentant de l’entreprise Michelin, est tué au volant de sa voiture de deux balles dans le dos lors d’une intervention policière. Le policier a fait erreur sur la personne en le confondant avec un malfaiteur recherché. L’inspecteur a été condamné à verser à des dommages et intérêts à la famille et a écopé de dix mois de sursis. Deux autres policiers, auteurs de coups de feu non mortels sur la voiture, inculpés de coups avec arme, bénéficient d’un non-lieu.
                                                                4. Le 23/07/1975, Jacques POTTIER, 25 ans, est tué par balle à Charenton (Val de Marne) – Cet inspecteur de police est abattu de sept balles par un inspecteur de la brigade “antigang” lors d’une fusillade visant à arrêter des malfaiteurs. Selon le commissaire Leclerc, “on ne savait plus exactement qui étaient les malfaiteurs et qui étaient les policiers”. Cinq cambrioleurs braquent une boutique et tuent un commerçant. Dans la poursuite “mal coordonée et confuse” de ces derniers, le policier est tué par ses collègues. Le Parquet de Paris ouvre une information pour “coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner “. La suite n’est pas connue. 

                                                                  1974

                                                                   

                                                                  1. Le 20/02/1974, Daniel VALCARCEL, 30 ans, meurt en cellule (pendaison) à Pont-de-Claix (Isère) – Daniel, travailleur espagnol, est retrouvé pendu dans les locaux de gendarmerie. Le jeune homme écrit dans une lettre avoir été victime de violences graves par les gendarmes avant son “suicide”. Le père de la victime a sollicité le procureur pour l’ouverture d’une “information sur les causes de la mort” de son fils.
                                                                  2. Le 04/04/1974, Ghislain GOURDAIN, 27 ans, est tué par balle à Dieppe (Isère) – Lors d’une altercation entre quatre jeunes et un jeune policier sur les quais de Dieppe, ce dernier sort son arme et tire un premier coup en l’air puis à quatre reprises sur les quatre hommes. Ghislain meurt d’une balle dans l’abdomen, deux autres sont blessés. Le policier s’est ensuite suicidé d’une balle dans la tête.
                                                                  3. Le 17/04/1974, Vincent RECCO, 23 ans, meurt au commissariat de Marseille (Bouches-du-Rhône) – Vincent, chauffeur aux PTT, est soupçonné de trafic de drogue. Il perd connaissance durant son interrogatoire au commissariat. Secouru, il ne peut être ranimé. Cause du décès selon la première autopsie : “Oedème pulmonaire aiguë”. Ce que conteste la famille qui évoque des traces aux poignets, le nez écrasé et une trace le long du corps. Elle porte plainte en se constituant partie civile.

                                                                    1973

                                                                     

                                                                    1. Le 07/02/1973, X, 18 ans, est tué par balle à Levalenet (Ariège) – Quatre jeunes sont suspectés de vol d’équipements automobiles. Les gendarmes les prennent en chasse. L’un d’eux fait feu et tue un des passagers d’une balle dans la tête.
                                                                    2. Le 03/03/1973, Mario SANCHEZ, 9 ans, est tué par balle à Marseille (Bouches-du-Rhône) – Mario est tué par une “balle perdue” provenant d’un exercice de tir de deux policiers sur un terrain vague. Leur condamnation – 8 mois d’emprisonnement avec sursis confirmés en appel – est cassée par la Cour de cassation. Civilement responsables au regard du tribunal correctionnel de Nîmes, ils sont finalement condamnés à verser des dommages et intérêts.
                                                                    3. Le 16/03/1973, Charles NINIGER, 19 ans, est tué par balle à Aix-les-Bains (Bouches-du-Rhône) – Trois jeunes dans une voiture volée forcent un barrage de police. L’un des policiers tire une rafale de pistolet mitrailleur et atteint à la tête l’un des occupants. Il succombera à ses blessures quatre jours après.
                                                                    4. Le 20/03/1973, Dominique COURTIN, 23 ans, est tué par balle à Bruay-en-Artois (Pas-de-Calais) – Dominique ne s’arrête pas à l’un des barrages de police installés entre Béthune et Bruay-en-Artois suite à un hold-up commis à Lens. Poursuivis par les policiers, sa voiture est immobilisée. Sommé de descendre, il est placé contre un mur puis abattu par un policier d’une rafale de pistolet mitrailleur.
                                                                    5. Le 09/06/1973, X, 23 ans, meurt dans une chute à Toulouse (Haute-Garonne) – Les mains menottées dans le dos à l’Hôtel de Police, le jeune homme aurait échappé à la surveillance des policiers. Il aurait effectué une chute mortelle du 2ème étage.
                                                                    6. Le 24/06/1973, Malika YEZID, 8 ans, meurt après avoir été frappé à Fresnes (Val-de-Marne) par un gendarme lors d’une opération visant à interpeller un adolescent de 14 ans soupçonné de vol. Pénétrant dans l’appartement, un gendarme entraîne la fillette dans une chambre, tandis que ses collègues retiennent son père dans le séjour. Ils reprochent à la fillette d’avoir permis à son frère de leur échapper. Lorsque le gendarme ressort, la fillette tombe au sol inanimée et meurt à l’hôpital après quatre jours dans le coma. 
                                                                    7. Le 28/08/1973, Lounès LADJ, 16 ans, est tué par balle à Marseille (Bouches du Rhône) – Ladj Lounès sort prendre l’air et se trouve sur le trottoir, à l’angle du boulevard de Beaumont et du chemin de la Madrague-Ville, non loin de la cité d’urgence de La Calade, où il habite, quand deux voitures s’arrêtent près de lui. D’après le récit fait par les témoins, trois ou quatre hommes sont à bord des véhicules et donnent l’impression de vouloir obtenir un renseignement. Le jeune Algérien s’approche et est abattu par l’un des occupants de plusieurs coups de feu tirés avec un pistolet de calibre 7,65 millimètres. Atteint au dos et à la tête, M. Ladj Lounès succombe quelques heures plus tard, malgré une intervention chirurgicale. L’auteur du tir est le sous-brigadier de police marseillais François Canto.
                                                                    8. Le 09/12/1973, X, est tué par balle (coeur) à Montpelier (Hérault) – Les gendarmes arrêtent une voiture sur l’autoroute pour un feu de signalisation défectueux. Un passager, auto-stoppeur, s’enfuit. Les gendarmes tirent et tuent l’homme d’une balle en plein cœur.

                                                                    1972

                                                                     

                                                                    1. Le 11/09/1972, Laurent BACHELIER, 13 ans, est tué par balle (cou) à Meudon (Hauts-de-Seine) – Un gardien de la paix montre son arme de service à un groupe d’enfants qui joue dans un hall d’immeuble. Le coup part, Laurent, 13 ans, est blessé à la gorge. Il succombe à ses blessures à l’hôpital quatre jours plus tard.
                                                                    2. Le 29/11/1972, Mohammed DIAB, 32 ans, est tué par balle (poitrine et dos) à Paris par un policier lors de son placement en garde-à-vue. Psychologiquement instable, il est accusé de violences et d’outrage public à la pudeur, alors qu’il se rend chez sa mère. Au commissariat, il est d’abord frappé lors de sa fouille, puis abattu alors qu’il tente de résister et de s’enfuir. Sa mère, sa soeur et un ami sont témoins de la scène par la fenêtre.

                                                                    1971

                                                                    1. Le 22/04/1971, Hadj BEKAR REKALA, est tué par balle à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) – Interpellé dans la cour de l’usine Copelet et pris de panique, Hadj Bekar Rekala sort son canif. Il est abattu de trois balles dans le ventre par des policiers prévenus par le patron, puis frappé de coups de pelle à la tête.
                                                                    2. Le 12/07/1971, Jeannette ATAMIAN, 36 ans, est tuée par balle à Lyon (Rhône) – Courtière en assurance, elle se rend au domicile d’un gendarme pour traiter un contrat. Celui-ci lui montre son pistolet. Le coup part, la femme meurt sur le coup. Le tir serait accidentel. Le gendarme doit verser 82 000 francs de dommages et intérêt à la famille.
                                                                    3. Le 03/10/1971, Dominique MAIL, 20 ans, est tué par balle à Evreux (Eure) – Militaire, Dominique est tué par balle par un policier intervenant dans une bagarre lors d’un bal dansant. Le tir serait parti accidentellement.

                                                                      1970

                                                                      1. Le 01/01/1970, X, est tué par balle à Chaville (Hauts de Seine) – L’homme, soupçonné de cambriolage, est tué d’une balle dans la poitrine par le tir d’un policier, lui-même marié à la concierge de l’immeuble où il s’est introduit. Le policier s’estime en état de légitime défense face à l’homme armé d’un pistolet.
                                                                      2. Le 24/01/1970, Vincent LE SCIELLOUR, meurt en cellule à Pontivy (Morbihan) – Interpellé en état d’ivresse, Vincent est emmené au commissariat. Il y est retrouvé inanimé le lendemain.
                                                                      3. Le 11/08/1970, X, est tué par balle à Péage-de-Roussillon (Isère) – Trois personnes sont prises en flagrant de délit de siphonage d’essence d’une voiture en stationnement par une patrouille de la brigade de Roussillon. Face à l’interpellation des gendarmes, les trois hommes prennent la fuite. Les gendarmes les poursuivent et après sommation ouvrent le feu. L’un des hommes s’effondre. Il décède lors de son transfert à l’hôpital.
                                                                      4. Le 08/09/1970, Ferenc TATAI, 44 ans, meurt lors d’une convocation au commissariat de Longwy (Meurthe-et-Moselle) – Réfugié hongrois et pharmacien, Ferenc Tatai est convoqué au commissariat. Il y est pris d’un “violent malaise”. Il décède après être transféré à l’hôpital de Nancy. La cause n’est pas déterminée. Les résultats provisoires de l’autopsie évoquent l’ingurgitation d’une substance toxique.
                                                                      5. Le 21/09/1970, Paul REVERTEGAT, 19 ans, est tué par balle à Nice (Alpes Maritimes) – Abandonnant son véhicule à un péage d’autoroute, Paul monte dans le véhicule d’un autre automobiliste. Des guichetiers du péage alertent les gendarmes de ce “comportement suspect”. Ceux-ci se lancent à sa poursuite. Un des gendarmes fait feu depuis sa voiture. Transféré à l’hôpital, il décède.
                                                                      6. Le 29/11/1970, Bernard CESAR, 37 ans, est tué par balle à Saint-Lubin-de-la-Haye (Eure-et-Loir) – Boucher-volailler parisien tué dans sa camionnette par un gendarme d’une balle dans la tête. Le véhicule était signalé aux abords d’une résidence secondaire surveillée par les gendarmes à cause de cambriolages passés. L’agent a été remis en liberté provisoire et gardé en fonction.

                                                                      1969

                                                                       

                                                                      1. Le 13/02/1969, Charles MONCOMBLE, 40 ans, meurt en cellule à Lille (Nord) – Accusé d’escroquerie, Charles  artisan couvreur, est interpellé à son domicile le 14 février au matin par des gendarmes. Placé en garde à vue dans les bureaux de la gendarmerie de Lille, il aurait été pris d’un malaise le lendemain selon la version policière. Les gendarmes auraient appelé un médecin avant qu’il soit hospitalisé. Des témoins affirment qu’il était déjà mort en arrivant à l’hôpital. Les résultats de l’autopsie ne sont pas divulgués à la veuve de la victime au motif d’un “secret médical”. Lors de l’identification du corps à la morgue, celle-ci constate que la visage de son époux est tuméfié et qu’un liquide saumâtre sort de sa bouche. Des traces violacées sont également constatée sur le thorax. L’information ouverte par le Parquet de Lille se solde par un non-lieu. Faute de revenus suffisants et écrasée par les dettes, la veuve de Charles Moncomble ne peut se constituer partie civile. L’affaire est classée.
                                                                      2. Le 12/04/1969, M. BELLET, meurt des suites d’une asphyxie au gaz lacrymogène à Paris – Lors du mouvement de mai 1968, des affrontements éclatent le 25 mai entre les manifestants et les forces de l’ordre entre la rue de Rennes et le boulevard Saint-Germain. A 3h du matin, un groupe d’étudiant trouve refuge dans un immeuble de la rue Princesse. La déflagration des grenades offensives et lacrymogènes éclatent les vitres des appartements et créent une épaisse fumée empêchant de voir à plus de deux mètre. Une poursuite début dans les escaliers. Lorsque le calme revient, un couple de concierges, les époux Bellet, gît au sol inanimé, asphyxié par le gaz. Ils sont conduit à l’hôpital. Mr. Bellet, plus gravement atteint décède un an plus tard, en avril 1969. Le médecin, nommé par la préfecture de police, précise que son organisme déjà affaibli a été aggravé par les effets d’intoxication des gaz. Ce diagnostic fait suite à une demande d’indemnisation des deux victimes. Après la mort du mari, “la préfecture de police ne discuta d’ailleurs pas sa responsabilité”, écrit le journaliste Denis Langlois. Elle offre une indemnisation discrète à la veuve.
                                                                      3. Le 27/07/1969, Rezki BEN ALLAI, 31 ans, est tué par balle à Paris – La concubine de Rezki se sentant menacée, avertit Police-Secours. L’un des policiers intervenant ouvre le feu et tue Rezki. Le tir est accidentel selon les enquêteurs.

                                                                      1968

                                                                       

                                                                      1. Le 25/05/1968, Philippe MATHERION, 26 ans, est tué par une grenade offensive à Paris – Philippe Mathérion succombe à un éclat de grenade offensive au niveau à l’aorte sur une barricade lors du mouvement de contestation étudiante, suite à une charge de CRS. Les secours arrivent trop tard.
                                                                      2. Le 10/06/1968, Gilles TAUTIN, 17 ans, meurt noyé à Flins (Yvelines) – Lycéen, militant maoïste, vient soutenir les grévistes de l’usine Renault. Il se noie en tentant d’échapper à une charge des gardes mobiles. Un témoin affirme que les forces de l’ordre l’auraient empêché de regagner la terre. Une commission d’enquête est ouverte.
                                                                      3. Le 11/06/1968, Pierre BEYLOT, 24 ans, est tué par balle à Sochaux (Doubs) – Ouvrier de l’usine Peugeot de Sochaux en grève et syndicaliste de la CGT. Il reçoit trois balles d’un pistolet mitrailleur lors d’affrontements avec les CRS et les gardes mobiles venus “débloquer” l’usine. Le procureur de Montbéliard ouvre une information judiciaire et saisit une juge d’instruction qui ordonne une recherche sur les causes de la mort. La suite n’est pas connue.
                                                                      4. Le 11/06/1968, Henri BLANCHET, 49 ans, meurt en chutant d’un muret à cause du blast d’une grenade offensive à Sochaux (Doubs) – Ouvrier de l’usine Peugeot de Sochaux en grève. Il chute d’un muret, déséquilibré par le souffle d’une grenade offensive tirée par des CRS venus “débloquer” l’usine. Son crâne est fracturé. Le procureur de Montbéliard ouvre une information judiciaire et saisit une juge d’instruction qui ordonne une recherche sur les causes de la mort. La suite n’est pas connue.
                                                                      5. Le 15/12/1968, Pierre THEVENIN, 24 ans, meurt en chutant d’un muret à cause du blast d’une grenade offensive à Sochaux (Doubs) – Jean-Pierre Thévenin et Pierre Gouin, deux ouvriers qui travaillent sur un chantier, entrent au “Bar de l’Arrivée” à Chambéry a 18h15. Ils y ont une altercation avec la patronne qui appelle la police. Les deux hommes sont interpellés et placés dans deux chambres de sûreté au commissariat à 18h30. Selon la police, tout paraît calme jusqu’à 22h30. C’est lors de la ronde de 23h qu’un brigadier constate que J-P Thévenin est pendu, les jambes dans le vide, avec la tête coincée dans l’aération. Transporté à l’hôpital, il y décède malgré les tentatives de réanimation des médecins. Les parents ne sont prévenus que le lendemain en fin d’après-midi. L’autopsie menée par le gendre d’un brigadier de la police de Chambéry évoque une “hémorragie intra pulmonaire” et conclut à une mort naturelle. En proie à un malaise progressif, J-P Thévenin se serait hissé juqu’à la lucarne (à 2,10m de hauteur) pour y passer la tête. Cependant, les parents constatent des traces violettes sur le corps de leur fils ainsi que des marques noires sur le thorax. Un médecin de l’hôpital leur fait part de son sentiment évoquant l’hypothèse d’un meurtre. En mars 1969, l’instruction pénale du parquet de Chambéry conclut à un non-lieu. Deux mois plus tard, la famille se constitue partie civile et porte plainte pour “coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. En février 1972, la chambre d’accusation de la cour d’appel de Lyon prononce un non-lieu, confirné par la Cour de Cassation en janvier 1973.

                                                                      1967

                                                                      • Entre le 26 et le 28 mai 1967, plus de 87 personnes sont tuées par balle par les gendarmes à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) lors de la répression d’un mouvement de grève en réaction à l’agression raciste de Raphaël Balzinc, vieux cordonnier noir et handicapé, par Vladimir Snarsky, propriétaire d’un grand magasin de chaussures à Basse-Terre. NB : le préfet de Guadeloupe est alors Pierre Bolotte, qui sera en 1971 le premier préfet de Seine Saint Denis et le créateur de la première Brigade anti criminalité (BAC).
                                                                      1. Le 23/10/1967, Lucien DELATRE, 34 ans, meurt en cellule (pendaison) à Tarare (Rhône) – Lucien heurte au volant de son camion professionnel une voiture de tourisme. Paraissant en état d’ivresse, il est placé dans la chambre de sûreté du commissariat de Tarare. Il est retrouvé pendu. En janvier 1968, L’information judiciaire menée par le juge d’instruction de Villefranche-sur-Saône conclut au suicide. En mai 1975, la veuve du défunt, Mme Burdeyron dépose plainte contre X pour meurtre. La chambre d’accusation de la cour d’appel de Lyon prononce un non-lieu deux ans plus tard, en février 1977.

                                                                      1965

                                                                       

                                                                      1. Le 01/08/1965, André ROSTAN, meurt en cellule à Embrun (Hautes Alpes) – A 11h00, deux gendarmes interpellent André sur le boulevard Pasteur à Embrun au motif qu’il perturbe la circulation. Il est placé dans la chambre de sûreté des bureaux de la gendarmerie où il est “retrouvé inanimé” à 12h30. Transporté à l’hôpital, le médecin constate le décès après des tentatives vaines de réanimation. Les parents constatent des traces de coups au visage, des traces de strangulation et que les doigts sont écrasés. Du sang s’écoule d’une oreille. L’autopsie conclut à une asphyxie par pendaison. Le parquet de Gap ouvre une instruction. En février 1966, la famille se constitue partie civile et porte plainte contre X pour non-assistance à personne à danger ainsi que pour homicide involontaire. Le juge d’instruction prononce un refus d’informer, suivant ainsi les réquisitions du procureur de la République. Il estime que l’enquête précédente a établi des faits ne pouvant justifier une poursuite contre les gendarmes. La famille fait appel. En mai 1966, la cour d’appel de Grenoble confirme l’ordonnance du refus d’informer.
                                                                      2. Le 29/10/1965, Mehdi BEN BARKA, disparaît suite à son arrestation à Paris – Mehdi Ben Barka, militant marocain tier-mondiste anti-colonialiste, opposant au roi Hassan, est arrêté par des policiers dans la brasserie Lipp à Paris. Il est conduit à la villa Georges Boucheseiche, truand du “gang des tractions avant”, à Fontenay le Vicomte (Essonne). De là, personne le reverra vivant. Il a vraissemblablement été assassiné bien que son corps ne fut jamais retrouvé. Selon plusieurs témoignages, M. Ben Barka aurait été livré aux services de l’Intérieur marocain. Il aurait été torturé à mort. Le mois de janvier suivant, le journal L’Express publie un témoignage d’un des protagonistes, Georges Figon. Il se suicide en 1966 au moment de son arrestation. De septembre 1966 à juin 2007, le procès de l’enlèvement de M. Ben Barka aboutit à la comdamnation de deux policiers à six et huit ans de prison. Cinquante ans après les faits, les circonstances réelles de sa disparition ne sont toujours pas élucidées. En 2001, un agent secret marocain accuse le général marocain Mohammed Oufkir d’avoir poignardé M. Ben Barka. En 2004, le dossier est déclassifié à la demande de la famille de la victime. En octobre 2009, le juge d’instruction signe cinq mandats d’arrêt internationaux à l’encontre des responsables marocains. La procédure est aussitôt annulée par la ministère de la Justice. En octobre 2010, le siège de la DGSE est perquisitionné sur ordre du juge d’instruction. Les dossiers saisis comprennent des documents sur les personnes directement responsables de l’enlèvement et la disparition.

                                                                      1962

                                                                       

                                                                      1. Le 08/02/1962, Jean-Pierre BERNARD, 30 ans, meurt sous les coups à Paris – Jean-Pierre, dessinateur, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS. Une partie de la foule est tassée dans la bouche du métro Charonne à Paris. Les forces de l’ordre répriment la manifestation en jetant notamment sur les participants des grilles d’arbres et d’aération du métro. Certaines personnes sont mortes étouffées, d’autres des suites des coups et blessures. Le PCF et la LDH organise une commission d’enquête. Plusieurs plaintes et différentes actions en justice sont intentées. Une ordonnance de non-lieu est prononcée le 1er octobre 1966. Elle est confirmée en appel le 12 juin 1967. Une enquête admnistrative est abandonnée, l’institution se déclarant incompétente.
                                                                      2. Le 08/02/1962, Fanny DEWERPE, 31 ans, meurt sous les coups à Paris – Fanny, secrétaire, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      3. Le 08/02/1962, Daniel FERY, 16 ans, meurt sous les coups à Paris – Daniel, apprenti, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      4. Le 08/02/1962, Anne-Claude GODEAU, 24 ans, meurt sous les coups à Paris – Anne-Claude, employée au PTT, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      5. Le 08/02/1962, Edouard LEMARCHAND, 41 ans, meurt sous les coups à Paris – Édouard, menuisier, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      6. Le 08/02/1962, Suzanne MARTORELL, 36 ans, meurt sous les coups à Paris – Suzanne, employée au journal L’Humanité, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      7. Le 08/02/1962, Hyppolyte PINA, 58 ans, meurt sous les coups à Paris – Hippolyte, maçon, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      8. Le 08/02/1962, Raymond WINTGENS, 44 ans, meurt sous les coups à Paris – Raymond, typographe, fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.
                                                                      9. Le 08/02/1962, Maurice POCHARD, 48 ans, meurt sous les coups à Paris – Maurice fait partie des neuf personnes syndiquées à la CGT et membres du PCF (pour certains) tuées au cours d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et les attentats perpétrés par l’OAS.

                                                                      1961

                                                                       

                                                                      • Entre septembre et novembre 1961, entre de 200 et 300 personnes, majoritairement Algériennes, sont tuées par la police française dans sa volonté d’éradiquer les réseaux du FLN en métropole. Dans la seule nuit du 17 octobre, la police parisienne, sous les ordres du préfet Maurice Papon et du ministre Roger Frey, réprime une manifestation des ressortissants Algériens contre le couvre-feu qui leur est imposé, tuant entre 140 et 200 personnes, dont une grande partie est jetée dans la Seine.