Jérome Laronze, abattu par les gendarmes à Sailly le 20 mai 2017

Jérome Laronze avait 37 ans. Éleveur de bovins à Trivy (Saône et Loire), il était harcelé par les services vétérinaires de la DDPP depuis plusieurs années, qui lui reprochaient de ne pas être à jour dans le suivi de ses vaches et lui en avaient finalement interdit la vente. Révolté par les politiques agricoles et les normes imposées aux éleveurs, il était adhérent à la Confédération Paysanne. Lors d’un ultime contrôle 9 jours avant sa mort, le 11 mai, dans le but de recenser le cheptel en vue de sa saisie, il s’était enfui après avoir “menacé avec son tracteur” les 6 gendarmes qui accompagnaient l’inspection sanitaire. Depuis, il était activement recherché et des gendarmes étaient déployés dans le secteur pour l’interpeller.

Le 20 mai 2017, Jérome est stationné dans un chemin vicinal près du village de Sailly. Il a été dénoncé et localisé par un habitant du village. Assoupi au volant, il n’entend pas venir une estafette de gendarmerie, qui s’arrête près de sa voiture. Lorsque les deux gendarmes qui l’occupent sortent de leur véhicule, Jérome est réveillé par le bruit des portières. Après avoir démarré son véhicule, il tente de passer à côté des deux gendarmes pour s’enfuir, mais les gendarmes ouvrent le feu : une balle d’abord, tirée par l’une, qui n’atteint pas sa cible, puis cinq autres, qui touchent mortellement Jérome à la jambe et aux poumons (toutes tirées du côté ou de derrière). La voiture de Jérome s’encastre dans un arbre. Pris en charge tardivement, il décède sur place de ses blessures.

La Procureure de Mâcon, Karine Malara, confie l’enquête à deux juges d’instruction de Châlons sur Saône pour “violences aggravées ayant entrainé la mort sans intention de la donner”, qui reçoive la famille de Jérome le 30 juillet 2017. Le gendarme auteur de trois tirs mortels est mis en examen le 8 septembre et une reconstitution des faits est organisée le 10 novembre sur les lieux de la mort de Jérome, en présence de ses soeurs. La confédération paysanne et la LDH se constituent partie civile.

La famille est défendue par Me Julien Chauviré. L’avocat des gendarmes est Me Gabriel Versini.

Dans les mois qui suivent la mort de Jérome, ses proches organisent chaque 20 du mois une veillée sur le square de la paix à Mâcon.

 

 

 

La page Facebook des proches de Jérome : https://www.facebook.com/JusticepourJerome/photos/pcb.2021196774576340/2021192674576750/?type=3&theater

 


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