En réponse aux agitations réactionnaires des policiers

flicagouleTexte rédigé à la veille du 18 mai 2016, alors que le syndicat Alliance appelait les policiers à se rassembler sur la place de la République à Paris. Au regard des derniers mouvements séditieux des policiers dans toute la France, ce texte reste tristement d’actualité.

Les policiers passent leur temps à pleurnicher.

Dans leurs derniers communiqués, leurs syndicats se plaignent des associations et collectifs qui dénoncent les violences policières.

Pauvres policiers, pourtant si gentils.

Quand l’ACAT cite plusieurs dizaines de cas recensés de personnes sérieusement blessées par la police, le syndicat UNSA Police lui oppose les 5000 flics blessés par an, les leurs tombés sous les balles des terroristes (l’UNSA ne le dit pas, mais ils sont 3), sans compter les 50 suicides par an.

Ils comptent les points.

Odieuse compétition, qui confirme qu’à leurs yeux il y a bien deux camps opposés : la police d’un côté, le peuple de l’autre.

880096-xxOn avait compris, c’est pas nous qui dirons le contraire.

Quand ils disent 5000 blessés, on s’imagine les plaies sanglantes, les brancards, les opérations chirurgicales…

La réalité est tout autre : les policiers prennent des jours d’ITT pour le moindre hématome ou la moindre entorse.

Ils fabriquent des blessés comme ils fabriquent des faux PV, pour violences sur PDAP, outrage ou rebellion (lire aussi ce papier de la LDH).

Et s’il y en a tant qui se suicident, c’est peut-être aussi parce que beaucoup n’osent plus se regarder dans une glace.

Car la violence, le harcèlement, le sexisme, le racisme, l’homophobie, c’est aussi une réalité entre policiers.

Mais chut, il ne faut pas le dire : omerta dans la police.

flictetemortEt puis, comme on dit chez nous : flic suicidé, à moitié pardonné.

Les policiers, nos héros.

La télé les montre vaillants, courir toute les nuits après des méchants.

Merci notamment à Carole Rousseau, qui sert si bien la soupe du ministère de l’Intérieur.

Ils sont rapides, ils sont vifs, ils sont forts, ils sont virils.

Heureusement qu’ils sont là pour nous sauver des voyous et des terroristes.

Les syndicats de flics disent que le monde les admire, qu’ils ont démontré leur professionnalisme lors des attaques de janvier et novembre.

Pourtant, ce n’est pas ce qu’on raconte.

La réalité est bien différente.

On dit qu’à 100 mètres du Bataclan, les flics postés là depuis l’attaque de Charlie n’ont servi à rien le soir du 13 novembre.

On dit aussi qu’àimg_7922 Saint-Denis la nuit du 18 novembre, leurs collègues se sont tirés dessus mutuellement.

Plus de 1500 munitions tirés dans les airs.

En face, juste quelques tirs de semonce.

11 pour être exact, tirés avec un vieux pistolet.

Puis, paf ! l’immeuble entier est tombé sur la gueule des méchants.

Plus de méchants, écrasés sous les éboulis.

C’est donc la maison qui a neutralisé les terroristes.

Mais elle n’aura pas de médaille.

Et les autres qui y vivaient n’ont qu’à déménager sous un pont.

violencespolicieres1Salauds de pauvres, ils n’avaient qu’à pas vivre à côté d’islamistes.

On dit aussi que sur 3230 perquisitions, seules 4 procédures ont été transmises au parquet antiterroriste.

Et sur les 400 assignations à résidence, seules 75 ont été maintenues trois mois plus tard (chiffre en juillet 2016, remonté à 89 en septembre).

Sans compter la poignée de militants assignés pour avoir été trop anarchistes.

En vérité, l’anti-terrorisme ne sert à rien.

Et l’État d’urgence ne sert à rien.

Sauf à contrôler la population.

Sauf à nous faire chier.

Mais les policiers sont des héros : ils ont brassé du vide.

Ils ont fait de la merde, pour nous sauver la vie.

Tout le monde le sait bien, mais ne le dit pas : les bidasses qui patrouillent en arme depuis 30 ans n’empêcheront jamais quelqu’un de se faire sauter au milieu de la foule.

En tout cas, ils n’ont pas empêché les tueries.

Ni à la rédaction de Charlie Hebdo, ni aux terrasses des cafés, ni encore au Bataclan.

Ni dans aucun autre endroit où le terrorisme a frappé ces dernières années : Madrid, Londres, Bruxelles…

Tout au mieux, les flics ont fait comme à Moscou : ils sont arrivés comme des bourrins, après le carnage.

baclilleSi le terrorisme est aveugle, l’anti terrorisme ne l’est pas moins.

Mais pourtant les flics veulent des armes, toujours plus d’armes.

Ils aiment beaucoup les armes.

Comme les cowboys.

En février, ils ont reçu une partie de leurs cadeaux : 311 fusils HKG36, 134 Lanceurs de Balles de Défense, 223 taser, 5166 grenades de désencerclement, 1683 matraques téléscopiques, 241 boucliers, 1835 gilets tactiques, 2176 casques et 3670 protections…

violencespolicieres2En janvier, le syndicat Alliance annonçait des chiffres bien plus élevés : 3000 carabines 5,56mm, 3545 lanceurs de balles de défense, 1065 tasers, 10480 grenades de désencerclement…

Toute la commande n’a donc pas été livrée.

Et en mars, on apprend que le ministère de l’intérieur a commandé 115 000 balles de gomme pour l’année, soit 300 tirs par jour.

Tout ça pour nous protéger disent-ils.

En quoi les lanceurs de balles de défense, les taser et les grenades de désencerclement servent-elles la lutte contre le terrorisme ?

En rien, car la réalité est tout autre.

Leur ennemi, c’est le peuple.

violencespolicieres5S’il devait se révolter, l’État sera prêt à faire mal.

On ne compte déjà plus les morts du fait de la police.

Certes, il n’y en a pas autant qu’en Amérique.

Mais pourtant, 15 par an, c’est déjà trop.

Presque toujours désarmés, presque toujours noirs ou arabes, parfois de dos, parfois menottés et pliés à l’arrière d’une voiture de police.

La police française est raciste.

Et chacun sait que le racisme tue.

Pas besoin de faire un dessin.

Et quand certains meurent, d’autres perdent des yeux.

violencespolicieres4Tirs de flashball et de LBD.

Ils disaient : ça ne blesse pas une balle de gomme.

C’est rond, c’est mou, c’est sublétal…

Pourtant, ils sont nombreux ceux qui n’ont plus qu’un œil pour pleurer.

Touchés en pleine tête, parce qu’ils étaient là où il ne fallait pas.

Sékou, Jiade, Pierre, Geoffrey, Ayoub, Daranca, Nassuir, Amine, Steve, Salim…

Tous mineurs.

Pour les flics, tous coupables.

La République flingue des enfants.

violencespolicieres3Pour son salut, contre la chienlit, contre le terrorisme.

Légitime défense ou état de nécessité.

On ne sait jamais, pour les eugénistes au pouvoir, tout enfant de pauvre est un délinquant et tout délinquant devient un terroriste.

Alors autant s’y prendre tôt.

Si tu vas pas à l’école, tes parents n’auront plus d’alloc et t’ira à la prison.

Et en attendant, cours sans te retourner, car la police tire à vue.

L’État ne s’embarrasse pas de détails, qu’ils se camoufle en démocratie ou non.

Et les flics, de toute façon, ne sont pas démocrates.

maniflic50 % des flics et des militaires français votent pour l’extrême-droite.

Vous allez dire, quand on regarde les autres partis, on ne voit plus la différence.

Ils disent tous la même chose, comment voulez vous qu’on s’y retrouve.

Parce que le problème, c’est pas la démocratie ou le fascisme, c’est l’État.

Et la police, c’est juste le bras armé de l’État.

Comme le fascisme.

Quand les flics manifestent, ce qu’on entend surtout, c’est le bruit de leurs bottes.