Laurent Theron, blessé à l’oeil le 15 septembre 2016 à Paris

Le jeudi 15 septembre 2016 vers 16h45, après l’arrivée de la manifestation contre la Loi Travail sur la place de la République, la police a fait à nouveau usage massif de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement (DBD / DMP) et de tirs de LBD 40.

Voir notre article détaillé sur les grenades de désencerclement.

Laurent Théron, 46 ans, syndiqué à SUD-Santé et secrétaire médical au sein du pôle Hospitalisation à domicile de l’AP-HP de Créteil, a reçu un galet de grenade de désencerclement au visage, occasionnant la perte définitive de la vue de son oeil droit. Il a été pris en charge à l’hôpital de l’Hotel-Dieu, avant d’être opéré à l’hôpital Cochin. L’oeil a été crevé et l’os du plancher orbital fracturé.

Au moment de l’impact, Laurent Théron marchait les mains dans les poches et s’apprêtait à quitter la place, alors que la police effectuait des charges à l’encontre des manifestants.

Les secours ont mis près de 55 minutes à parvenir sur place, mais les street medics ont pu intervenir avant.

Dans les premiers rapports de l’IGPN, il apparaît que le CRS auteur du tir, le brigadier-chef Alexandre M., n’était pas habilité à utiliser cette arme et que les circonstances ne justifiaient pas son utilisation. Son supérieur l’aurait propulsé chef de groupe sur le moment, le contraignant à diriger une équipe de quatre policiers sans aucune expérience. Pour autant, il ne lui aurait pas donné l’ordre de lancer une grenade, lui laissant l’appréciation de la situation. Il a donc jeté une grenade de désencerclement par dessus l’épaule, et non en la faisant rouler au sol comme le préconisent les règles d’utilisation.

Lors des auditions, aussi bien son supérieur que ses collègues se désolidarisent et laissent entendre qu’il n’a fait qu’à sa tête.

En janvier 2017, le policier est mis en examen pour “violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente par personne dépositaire de l’autorité publique“.

Laurent est défendu par Me Julien Pignon.

 


Lire ailleurs :