Entretien avec Davy Graziotin, gravement blessé à Nantes le 10 mai 2014

Davy a subi un traumatisme crânien suite à un tir policier de Flashball, en marge d’un match de football opposant les équipe de Nantes et de Saint-Etienne au stade nantais de la Beaujoire le 10 mai 2014.  Deux ans après les faits, il revient sur les circonstances et les conséquences de la blessure.

Sur les motivations du projet

Le projet de film veut s’inscrire dans la lutte contre les violences d’État et lui servir de support ou d’outil. A ce titre, il pourra être réapproprié par tou-te-s celles et ceux qui se reconnaissent dans cette lutte.

Le premier volet de ce projet porte sur la question spécifique des mutilations et blessures occasionnées par les armes du maintien de l’ordre. Il pourra faire partie d’une série sur les violences policières, dont les épisodes suivants porteront notamment sur les personnes tuées par la police.

Le film a pour but d’engager une réflexion sur les violences policières, de mettre en lumière la réalité des violences commises par les forces de l’ordre, et notamment par le prisme des blessures infligées. Il prétend donner le plus possible la parole aux personnes directement concernées/touchées/blessées, partir de leur récit. C’est leur récit qui nous permet d’avancer dans la construction du film.

Le projet souhaite apporter une réflexion approfondie sur les conséquences physiques de la blessure, sur la manière dont elle transforme le rapport au monde des personnes blessé-e-s (dimension sociale), en accordant une place conséquente aux ressentis, à la question du sensible (dimension psychologique), mais aussi à la portée politique de l’acte qui a amené la blessure (dimension politique).

Les auteur-e-s du projet sont des personnes militantes impliquées dans des luttes sociales et politiques, personnellement touchées par le sujet. A ce titre, le projet est conçu dans la continuité d’un engagement et non comme une initiative hors-sol et détachée de convictions politiques.

Sur l’éthique du projet

Le film ne sera pas commercialisé. Ses auteur-e-s pourront être amené-e-s à demander une participation à sa réalisation lors de projections publiques, à prix libre uniquement.

Réalisé anonymement, il ne cherche pas à faire reconnaître ses auteur-e-s. Seul un nom de collectif et une adresse de contact permettront d’entrer en lien avec ses auteur-e-s.

Ce film n’est pas un travail journalistique ou artistique. C’est un travail subjectif, qui se veut sensible, mais qui souhaite échapper à toute dimension spectaculaire ou sensationnaliste. Il s’accompagne d’une réflexion approfondie sur le rôle de l’image et ses impacts, ainsi que sur le respect de la personne filmée, de son opinion et de son intimité.

Les auteur-e-s s’interdisent toute prise d’image ou de son dissimulée, hormis (si besoin est) des forces de l’ordre intervenant dans le cadre de leur fonction et si leur propos participent à la compréhension du sujet.

Toute personne participante au film aura le libre choix de la manière dont elle apparaîtra dans le film. Au cours des entretiens filmés, la personne intervenante pourra choisir de ne pas se montrer ou de ne montrer que sa silhouette (ombre, contre-jour, masque…), une partie de son corps (mains, pieds, blessure…) ou des éléments de contexte (table, fenêtre, objet…).

Toute prise d’image sera précédée d’un entretien non filmé pour définir ensemble la forme que prendra la prise de vue.

Toute personne participante au film aura un droit de regard sur le rendu final et sera informée directement avant la première diffusion publique.