Ce recensement 2010-2029 a été recoupé en 2026 avec les chiffres du journal Basta !
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2019 : 28 morts
- 09/01/2019. José M, 29 ans, meurt en cellule à la maison d’arrêt d’Angers après des coups reçus de policiers. Placé en garde à vue la veille au commissariat de Saumur pour un motif inconnu, l’homme s’était plaint d’avoir reçu des coups de la part des policiers. Une plainte avait été enregistrée par le procureur. Selon un témoin, son corps portait des hématomes à son arrivée en prison. L’enquête conclu l’absence de liens entre la mort et l’interpellation.
- 07/02/2019. José Le Pellec, 47 ans, est tué par balle par un gendarme à Clermont-Ferrand. Motif avancé de l’intervention : prise d’otages dans un banque. Un homme, couteau en main, prend en otage huit personnes et en menace une à a gorge. Alertée, la gendarmerie ouvre le feu sur José. La banque se situe à quelques centaines mètres d’un centre psychiatrique et des médicaments sont retrouvés sur lui.
- 09/02/2019. Allan Lambin, 20 ans, meurt en cellule au commissariat de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). La voiture d’un père et de son fils, alcoolisés, glisse dans un fossé suite à une mauvaise manœuvre. La police et les pompiers arrivent. Allan les aurait « nargué » en buvant une bière devant eux. La police l’interpelle et le plaque au sol. Emmené au commissariat de Saint-Malo, il est retrouvé inanimé dans sa cellule de dégrisement. Le Samu constate son décès. Le père de la victime a toujours dénoncé les violences de l’interpellation. Finalement, en février 2026 quatre policiers sont condamnés à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire.
- 19/02/2019. Karim Lecheheb, 36 ans, est tué par balle à Marseille (Bouches-du-Rhône) par des policiers. Le récit policier prétend que Karim, armé d’un couteau, agresse et blesse trois personnes dans la rue. La police intervient et tente de le renverser en voiture. Karim aurait alors sorti une arme de poing avant que les policiers ouvrent le feu. Il décède peu après. Une tierce personne est blessée au cou par la balle d’un policier. Le parquet exclut la piste « terroriste ». Aucune suite connue.
- 21/02/2019. Zakaria Toure, 21 ans, est tué par des tirs de Taser à la Maison d’Arrêt de Troyes (Aube). Pris de convulsions en détention, il est emmené aux urgences hospitalières. Menotté, alors qu’il convulse, le jeune homme se serait débattu et aurait donné un coup à un médecin. On lui prescrit des calmants et des neuroleptiques. Alertée, la police intervient et tire deux coups de taser. Zakaria décède le lendemain. Selon des témoins, policiers et médecins auraient cru à un simulation.
- 02/03/2019. Adam Soli et Fatih Karakuss, 17 et 19 ans, meurent dans un accident à Grenoble, poursuivis par la BAC. Motif du contrôle : « sans casque sur un scooter volé ». Le scooter s’engage sur l’autoroute et sur une bretelle de sortie, il aurait tenté de doubler un car par la droite et les deux enfants seraient morts coincés entre le bus et le parapet du pont. Le procureur écarte toute faute des agents. Des témoins évoquent cependant un parechocage avec la voiture de la BAC. Pas de suite connue à l’information judiciaire.
- 05/03/2019. Hanane Aboulhana est tué par balle au Centre pénitentiaire d’Alençon. Alors qu’il se retranchait avec sa compagne dans l’unité de vie familiale de la prison, pour un motif non élucidé, il a été tué par un agent du RAID appelé en renfort.
- 27/03/2019. Ange Dibenesha, 31 ans, meurt en cellule à Paris suite à une arrestation violente. Contrôlé en voiture et après un test d’alcoolémie positif, Ange, raconte la police, a « ingéré une substance non identifiée ». Pris de convulsions, les pompiers appelés lui font un massage cardiaque mais il décédera à l’hôpital de la Pitié Salpétrière. Le parquet a d’abord ouvert une plainte pour « usage et détention de stupéfiants » avant celle pour « recherche des causes de la mort ».
- 18/04/2019. Patrick Yem, 48 ans, est tué par un tir de taser et par balle à Versailles (Yvelines). Une femme alerte la police vers 23h55 alors que son mari l’a agressé avec un couteau de cuisine. Arrivées sur le pallier, les policiers disent être menacés par Patrick et son couteau. Après un coup de taser, Patrick aurait continué à les menacer. Un policier ouvre le feu à deux reprises et le blesse mortellement. Aucune suite connue à l’enquête ouverte.
- 21/04/2019. Roland S., 30 ans, meurt à la sortie de sa garde-à-vue à Paris (13e). Interpellé pour agression sexuelle sur une femme qui prévient la police, un home sans abri est placé en garde à vue. A l’issue de sa détention, il est « victime d’un malaise » selon les policiers. Les pompiers ne peuvent pas le réanimer.
- 24/05/2019. Philippe Ferrieres, 36 ans, meurt asphyxié par clé d’étranglement à Drancy (Seine-Saint-Denis) infligée par des policiers. Dans la nuit, une femme alerte la police que son ex-compagnon tente de s’introduire à son domicile. Arrivée sur place, la police interpelle Philippe, le menotte au sol, et un agent pratique une clé étranglement. Il décède une heure plus tard malgré les tentatives de réanimation. L’autopsie révèle un décès par asphyxie. Aucune suite connue.
- 21/06/2019. Steve Maia Canico, 24 ans, meurt noyé dans la Loire à Nantes (Loire Atlantique). La nuit de la fête de la musique, la police déploie un énorme dispositif sur le quai de la Loire pour disperser des dizaines de personnes qui font la fête au-delà de l’horaire autorisé. Les agents saturent l’air de gaz lacrymogène pour, selon eux, riposter à des projectiles. Quatorze personnes tombent dans la Loire. Le lendemain, Steve Maïa Caniço est porté disparu. Son corps est retrouvé dans le fleuve trois semaines plus tard, le 29 juillet. En juillet 2021, le commissaire chargé de l’opération et l’ancien préfet sont mis en examen pour « homicide involontaire ». Le second bénéficiera d’un non-lieu, et le premier, le commissaire Chassaing, sera relaxé en septembre 2024.
- 03/07/2019. Lakhdar Bey, 50 ans, meurt d’un arrêt cardiaque à Chambéry (Savoie). Des policiers assistent un huissier pour expulser de leur appartement HLM une famille avec quatre enfants. Le père, Lakhdar Bey, un artisan au chômage, s’oppose aux fonctionnaires. Il est menotté et traîné de force dans l’escalier. Selon des voisins, il aurait alors fait un premier malaise. Dans le véhicule de police, Lakhdar Bey, qui porte un peacemaker, est pris de convulsions. L’homme succombe malgré l’arrivée des secours. Une autopsie ne relève « aucune trace de violences ». La famille porte plainte en septembre, sans suites connues.
- 31/07/2019. Un homme de 29 ans meurt en cellule au commissariat de Roanne (Loire). Interpellé en état d’ivresse, placé en cellule de dégrisement au commissariat, est retrouvé mort quelques heures plus tard. Il se serait pendu avec son pantalon. Jugés pour « homicide involontaire par défaut de surveillance », les policiers sont relaxés par le tribunal de Villefranche-sur-Saône en septembre 2022.
- 05/08/2019. Un homme de 21 ans meurt dans un accident de scooter à Grenoble, pourchassé par la police. Motif avancé par le parquet : un scooter grille un feu rouge. Dans sa fuite il percute un trottoir, il décède le lendemain à l’hôpital. L’autopsie confirme que un décès lié à ses blessures. Pour l’IGPN, « il n’y a eu aucun contact entre le véhicule de police et le scooter ».
- 06/08/2019. Manuel Etile, 25 ans, est tué par balle à Fort-de-France (Martinique) par des policiers. Une patrouille repère un homme qui déambule dans la rue « avec un fusil ». Il aurait tiré sur la police, un agent a riposté et Manuel meurt d’une balle dans la poitrine.
- 11/08/2019. Un homme de 53 ans est tué par balle à Menton (Alpes Maritimes) par des policiers. Selon le récit policier, un homme sans domicile fixe, armé d’un couteau, tente de se suicider. Des policiers interviennent. L’homme se serait montré « menaçant ». Un policier ouvre le feu, le tuant d’une balle au thorax. Pas de suites judiciaires connues.
- 19/08/2019. Un homme de 20 ans, placé en rétention administrative, meurt dans sa cellule du CRA de Vincennes. C’est un co-détenu qui découvre le corps inanimé. Le Samu, arrivé sur place, constate le décès. Placé en rétention deux jours avant, le médecin n’avait pas jugé incompatible son état de santé avec cette détention.
- 04/09/2019. Un homme de 38 ans meurt des suites de tirs de taser lors d’une arrestation à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Des agents de police municipale et nationale prétendent être intervenus pour appréhender « un homme nu en crise de démence » devant une école élémentaire. Selon la version officielle, les policiers tirent deux coups de taser ; deux heures plus tard, l’homme, menotté, décède d’un arrêt cardiaque malgré les tentatives de réanimation des pompiers. L’autopsie exclut que les deux lésions, liées aux tirs de taser, soit la cause du décès. Une ecchymose est relevée sur le crâne.
- 13/09/2019. Adam Guinaeve, 17 ans, meurt dans un accident de voiture à Auch (Gers). La police municipale d’Auch dit avoir voulu contrôler un véhicule « signalé comme volé » depuis la veille. La voiture, occupée par trois jeunes passagers, aurait pris la fuite et tenté de forcer un barrage. Un policier sort son arme et ouvre le feu. Le conducteur perd le contrôle et fait plusieurs tonneaux. L’un des passagers, Adam, étudiant d’origine tchétchène, reste coincé dans l’habitacle et décède. Le drame déclenche la révolte de jeunes habitants dans le quartier du Garros à Auch. Aucune suite judiciaire connue.
- 06/10/2019. Ibrahima Bah, 22 ans, meurt dans un accident de moto à Villiers-le-Bel (Val d’Oise) impliquant un fourgon de police. « Ibo » roulait sur sa moto cross à vitesse normale quand un fourgon de police lui barre le passage. En l’évitant, le pilote percute un poteau et chute violemment. Des témoins affirment que le fourgon a touché la moto « au niveau de l’aile avant droite », entraînant l’accident mortel. La famille porte plainte aussitôt. Le juge mettra deux ans à lui permettre d’accéder au dossier. En septembre 2023, le juge ne met pas en examen les trois agents mis en cause, ils les place juste « témoins assistés », écartant les chances d’un procès.
- 11/10/2019. Jean-Pierre Normand, 73 ans, est abattu par le GIGN à Ercuis (Oise). Suite à une plainte d’un voisin pour menaces, des gendarmes se rendent au domicile d’un homme pour le convoquer. Il les reçoit en épaulant un fusil. Le GIGN arrive 2h après, le périmètre est bouclé et l’assaut est donné. L’homme tire à deux reprises. Le GIGN réplique et tue Jean-Pierre. L’IGGN est saisie. La suite n’est pas connue.
- 03/11/2019. Daniel X, 17 ans, meurt noyé à Muret (Haute Garonne) en tentant d’échapper à la gendarmerie. Motif avancé de l’intervention : cambriolage. Trois jeunes s’enfuient dans une voiture, en direction de Toulouse. Arrivés dans le quartier d’Empalot, les passagers fuient à pied. Deux sautent dans la Garonne, l’un d’eux est repêché mais Daniel ne réapparaît pas. Pendant près d’un mois, la famille du disparu entreprend elle-même des recherches, abandonnées par les autorités. Elle lance un appel à l’aide. Deux mois après les faits, le corps de Daniel est retrouvé au niveau d’Aiguillon (Lot-et-Garonne).
- 08/11/2019. Un homme de 19 ans en rétention administrative meurt dans sa cellule du CRA de Vincennes. C’est un co-détenu qui découvre le corps du jeune homme. Le parquet tient à dire à la presse que l’autopsie explique sa mort par un « œdème pulmonaire massif » après une « forte consommation de médicaments, mélangés la veille à des stupéfiants ». Aucune enquête ouverte contre les agents du CRA.
- 22/11/2019. Un homme de 18 ans, meurt des suites de ses blessures après un accident de moto provoqué par un contrôle de gendarmerie à Lutterbach (Haut-Rhin). Motif avancé : absence de plaque. Dans la fuite, le pilote du 2 roues aurait dévié sa route sur un trottoir avant de percuter un poteau. Le choc lui sera fatal. Le parquet confie l’enquête aussitôt à une autre brigade de gendarmerie (Soultz, distante de 20km).
- 12/12/2019. Moussef A., 36 ans, est tué après avoir été électrocuté au taser par des policiers aux Lilas (93). Selon le récit policier, Moussef est «visiblement déséquilibré», se frappant la tête avec une brique et menaçant de « tuer tout le monde». Retranché dans un commerce, il aurait alors saisi un couteau et un pulvérisateur de produits ménager. Les policiers dégainent leur taser, sans dire combien de coups ils lui portent. A l’hôpital la mort est décrite comme un « arrêt cardio-respiratoire ».
- 13/12/2019. Rachid X, 42 ans, est abattu par balles après avoir été électrocuté au taser à Paris La Défense. Trois agents d’une Brigade territoriale de contact (BTC) prétendent qu’un homme sans-abri les aurait menacé avec une scie de bricolage. Les policiers tirent avec leur taser, sans d’effets disent-ils. Ils font feu à six reprises et tuent Rachid. Aucun policier n’est blessé. La sœur du défunt confirmera que son frère souffrait de schizophrénie. Le parquet de Nanterre ne l’a jamais informé de l’enquête. Six mois plus tard elle porte plainte et un juge d’instruction est désigné. Sans suites connues en 2026.
BILAN 2019 : 28 morts
(En tenant compte des deux décès du cas 6 à Grenoble)
- 10 suite à des tirs de FDO : 7 à balles réelles, 3 électrocutés au taser (6 étaient armés, dont 4 d’armes blanches)
- 4 lors d’interpellations violentes
- 8 pourchassés par la police : 6 lors d’un accident routier, 2 par noyade
- 6 en cellule : 4 en garde à vue, 2 en CRA
2018 : 23 morts
- 17/01/2018. Gaye Camara, 26 ans, est tué par balle à Epinay sur Seine par la BAC. Récit policier : vers minuit, une patrouille de la BAC surveille un véhicule Mercedes signalé volé ; une autre voiture, occupée par trois personnes, arrive à leur niveau. Une personne en descend et s’installe dans le véhicule sous surveillance. Les policiers interviennent et ouvrent le feu à huit reprises sur l’autre véhicule, qui touche Gaye à la tête. Emmené à l’hôpital, il décède deux jours plus tard. La famille porte plainte contre X pour « homicide volontaire ». Le non-lieu est prononcé en octobre 2019 et sera confirmé en appel.
- 24/01/2018. Stéphane Fruteau, 19 ans, meurt en scooter à Saint-Denis-Malartic (La Réunion) suite à une course-poursuite avec la police. La course est justifiée par une conduite dangereuse. Après l’accident, un des policiers aurait refusé de lui porter secours. La famille porte plainte. Elle affirme que la police a percuté le scooter et dénonce de nombreuses incohérences dans le récit officiel. L’accès aux vidéos de la ville leur est refusé. Le téléphone de la victime, sous scellé, aurait disparu. Le procureur de la République, qui avait incité la famille à porter plainte, classe l’affaire sans suite..
- 11/03/2018. Yannick Locatelli, 35 ans, est tué par balle par la gendarmerie à Baie-Mahau (Guadeloupe). Motif de l’intervention : suspicion de fausse plaque d’immatriculation. Ils contrôlent le conducteur qui tente de s’enfuir. Un des gendarmes ouvre le feu à sept reprises. Trois balles touchent Yannick et le tuent. Le gendarme sera inculpé d’« homicide volontaire », incarcéré et suspendu de ses fonctions. En février 2021, il est condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour « violences volontaires avec arme ».
- 12/03/2018. Un homme est tué d’une balle par la police à Paris 15e. Les agents affirment être appelés au sujet d’un homme qui « sème le trouble » et menace sa compagne. Devant le bâtiment, l’homme sort un pistolet à grenailles en voyant les policiers. L’un des agents ouvre le feu à deux reprises et le touche au cœur. Il meurt à l’hôpital dans la soirée.
- 18/03/2018. Matthis Lepiller, 17 ans, meurt dans un accident de voiture au Havre (Seine-Maritime) pourchassé par la police. Prise en chasse justifiée pour excès de vitesse. Dans sa fuite il perd le contrôle et percute un mur qui le tue sur le coup. Aucun enquête ne visera les policiers.
- 30/04/2018. Ismaël Bokar Deh, 58 ans, meurt renversé par un véhicule de police à Versailles (Yvelines). Selon la version policière, un homme sans titre de séjour est contrôlé près du château de Versailles. Résident en France depuis 18 ans, il se serait enfuit à pied et il aurait percuté le fourgon de police qui arrivait devant lui. Il décède le lendemain à l’hôpital. Des témoins contredisent cette version : Ismaël aurait été rattrapé rapidement par les policiers à pied qui l’auraient alors roué de coups et passé à tabac. Ces derniers auraient appelé les secours après avoir constaté que l’homme était inanimé. Pas de suites connues.
- 07/05/2018. Blessing Matthew, 21 ans, meurt noyée à Val-des-Prés (Hautes-Alpes) suite à un contrôle de la PAF. Vers 5 heures du matin plusieurs migrant-es qui viennent de passer la frontière franco-italienne sont interceptés par la police aux frontières. Blessing, Nigériane, s’enfuit. Son corps est retrouvé sans vie dans la Durance deux jours plus tard. La sœur de la victime porte plainte pour mise en danger et homicide involontaire. Un juge est désigné, qui prononce un non-lieu est prononcé en février 2021. Une contre-enquête de Borders Forensics conclut que les gendarmes ont bien mis en danger Blessing en la poursuivant.
- 23/06/2018. Thierry Bardin, 49 ans, est tué par balle par les gendarmes à Chinon (Indre-et-Loire). Motif de l’intervention : tapage nocturne. Arrivés à son domicile, les gendarmes décrivent un homme aux propos « décousus »et alcoolisé. Il se saisit d’une arme, qui s’avérera factice. Un des agents ouvre le feu et atteint l’homme qui s’écroule. Le parquet soutient la légitime défense.
- 03/07/2018. Aboubakar Fofana, 22 ans, est abattu par un CRS d’une balle à bout portant à Nantes. Vers 20h15, des CRS contrôlent un conducteur sans ceinture de sécurité dans le quartier du Breil. Les policiers veulent l’emmener au commissariat, Aboubakar aurait alors démarré et tenté de fuir en reculant. Un des CRS sort son arme et lui tire une balle dans le cou à bout portant, il décède deux heures plus tard. Le CRS dit qu’il voulait « protéger des enfants » menacés par la fuite d’Aboubakar, version contredite par témoins et vidéos. Il dit ensuite avoir ouvert le feu « par accident ». Il est finalement jugé en janvier 2026 et prend 7 ans de prison ferme. Une première.
- 09/07/2018. Madhi Bouhalouan, 30 ans, meurt après un tir de taser lors d’une interpellation de la gendarmerie à Vic-sur-Aisne (Aisne). Un homme qui « déambule bizarrement » dans la rue, muni d’une tige d’antenne parabolique, aurait menacé des gendarmes. Ils tentent de le maîtriser avec leur matraque puis en tirant une décharge de taser. Maintenu au sol, Madhi fait un « malaise » et décède sur place. L’autopsie ne peut pas déterminer si le tir de taser est la « cause directe » de la mort. Aucune suite connue.
- 14/08/2018. Romain Chenevat, 26 ans, est tué par balle dans sa voiture à Paris, pourchassé par un policier en scooter. Motif du contrôle : feu de circulation défectueux. Le conducteur, Romain, ne s’arrête pas. L’agent le poursuit à bord d’un scooter qu’il perquisitionne. La voiture en fuite se retrouve bloquée. Le policier ouvre le feu. Touché au thorax, Romain meurt. Le tireur sera mis en examen pour homicide. Mais c’est un non lieu qui est prononcé, confirmé en novembre 2022 par la cour d’appel de Paris.
- 21/08/2018. Clayton X, 15 ans, meurt dans un accident de scooter à Orly (Val-de-Marne) alors qu’il est poursuivi par la police. Pour avoir fait des « roues-arrières » en scooter, Clayton est poursuivi, il perd le contrôle et percute un trottoir dans un virage. Touché à la tête, il succombe à sa chute. Aucune suite connue des enquêtes engagées par le parquet.
- 23/08/2018. Kamel S., 35 ans, est tué par balle à Trappes (Yvelines). La police intervient au domicile de Kamel qui s’est retranché après avoir agressé au couteau sa sœur et tué sa mère. Le parquet assure qu’il aurait crié « Allah Akhbar », justifiant qu’il soit abattu en sortant de son pavillon. Il était aussi connu pour des antécédents psychiatriques.
- 28/08/2018. Un homme de 38 ans meurt dans un accident de scooter poursuivi par la police à Paris. Motif de la course : achat de stupéfiants. Le deux-roues esquive le contrôle, les policiers le poursuivent et tentent de lui barrer la route mais le scooter percute une voiture qui vient de griller un feu rouge. L’homme meurt sur le coup. La passagère est grièvement blessée. Pas de suites connues des plaintes déposées.
- 30/08/2018. A.N., 42 ans, est tué par balle par les gendarmes à Gallargues-le-Montueux (Gard). Suspecté d’avoir causé un accident de la route, le conducteur d’une voiture aurait refusé de s’arrêter à un contrôle sur l’autoroute A9. Une des gendarmes ouvre le feu et blesse gravement le conducteur, retrouvé mort une heure plus tard. Mise en examen pour « violences volontaires » et « coups mortels », en septembre 2021 elle est condamnée à un an de prison avec sursis et 5 ans d’interdiction de port d’arme
- 09/09/2018. Bakary S, 26 ans, meurt noyé à Boulogne (Hauts-de-Seine) pourchassé par la police. Pourchassé pour une infraction inconnue, Bakary S. stoppe son véhicule et continue à pied. Rattrapé, il aurait sauté dans l’étang du bois de Boulogne. Il est retrouvé mort dans des circonstances troubles. La famille a déposé plusieurs plaintes et s’interroge sur les traces de sang retrouvées sur son corps. Pas de suites connues.
- 28/09/2018. Henri Lenfant, 22 ans, est tué par balle (tête) à Fouquières-les-Lens tirée par un gendarme du GIGN. Vers 3h30 du matin, des gendarmes de l’antenne GIGN de Reims « planquent » près d’un camp de gens du voyage. Selon la version officielle, ils tentent d’interpeller Henri Lenfant, soupçonné de vol. Celui-ci arrive en voiture avec deux autres personnes. Un membre du GIGN entre alors dans le véhicule à l’arrêt et ouvre le feu sur Henri, désarmé. Tué d’une balle dans la nuque quasiment à bout portant, selon l’autopsie. En février 2024, le militaire du GIGN est acquitté par la cour criminelle du Pas-de-Calais. Le parquet fait appel. En juin 2026, acquittement est confirmé.
- 18/10/2018. Un enfant de 16 ans meurt dans un accident à Toulouse (Haute-Garonne) alors qu’il est poursuivi par des policiers. Motif avancé : une voiture signalée volée. Elle est occupée par trois personnes, le conducteur s’enfuit. Après vingt minutes de poursuite, la voiture percute un arbre et finit sa course sur le toit. Le conducteur succombe à ses blessures à l’hôpital le lendemain. Les autres passagers sont blessés. Le syndicat SGP-FO salue le « sang froid des policiers ».
- 24/10/2018. Nenad Nikolic, 46 ans, meurt en chutant d’un immeuble à Villemomble (Seine Saint Denis), au cours d’un opération de la BRI. Motif avancé : une affaire d’escroquerie. Le père de famille prend la fuite et saute du 1er étage. Transporté à l’hôpital, il succombe à ses blessures. Son fils affirme que son père a été frappé par des policiers lorsqu’il était à terre. L’IGPN n’aurait pas été saisie car « la BRI n’avait pas encore pénétré dans le pavillon quand l’homme s’est jeté du premier étage ».
- 25/11/2018. X, 23 ans, meurt dans un accident de moto à Villemomble (Saine-Saint-Denis) en évitant un contrôle de police. Aucun motif n’est avancé pour justifier le contrôle. Le pilote est retrouvé plus tard inanimé sur une bretelle d’autoroute. L’homme décède malgré les secours. La suite n’est pas connue.
- 01/12/2018. Brahim Moussa, 23 ans, est blessé par balle par la BAC le 1er décembre à Lille (Nord) et en mourra un mois plus tard. Motif avancé : voiture signalée volée. Une autre voiture s’approche, affirme la BAC en planque, pour « récupérer le véhicule volé ». Le passager qui en descend est interpellé. Le conducteur, Brahim, aurait alors « foncé délibérément » sur l’agent qui fait usage de son arme. Blessé, le jeune homme décède après un mois dans le coma le 1er janvier. La famille dépose plainte en octobre 2019, sans suites connues.
- 02/12/2018. Zineb Redouane, 80 ans, meurt suite à un tir de grenade lacrymogène reçu au visage la veille, à Marseille. C’est un tir de CRS lors d’une manifestation qui l’a touché alors qu’elle passe devant la fenêtre de son domicile du 4e étage. Un premier rapport affirme en 2020 que le tir a touché Zibeb « de manière totalement accidentelle ». L’avocat de la famille dément et parle d’un « tir tendu ». L’autopsie stipule en effet que la grenade avait atteint le domicile lors de sa « phase montante ». L’affaire est dépaysée à Lyon. Le tireur est finalement mis en examen en septembre 2024. Fin octobre 2026, aucune date de procès n’avait été annoncée.
- 12/12/2018. Un homme de 20 ans poursuivi par la police meurt noyé à Périgueux (Dordogne). Motif avancé : un jeune homme en « crise de folie » agresse deux de ses amies. Il serait sort dans la rue « armé d’un couteau de cuisine » en criant. D’abord interpellé, l’homme s’enfuit désarmé. Une patrouille de la BAC le retrouve sur un pont ; l’un des agents pointe son taser quand l’homme « se jette à l’eau ». Les pompiers retrouvent le corps inanimé du jeune homme. L’autopsie valide la noyade mais aucun policier ne sera inquiété pour mise en danger
BILAN 2018 : 23 morts
12 suite à des tirs de FDO :
- 10 à balles réelles (1 seule était armée : un pistolet à grenailles),
- 1 suite à une électrocution par taser et
- 1 lors d’un tir de grenade de maintien de l’ordre
11 pourchassés par la police :
- 7 suite à un accident routier,
- 3 par noyade,
- 1 par chute
2017 : 28 morts
- Le 04/01/2017. Un homme de 30 ans est abattu par balle par la police à Neuilly-sur-Marne (Seine Saint Denis). Récit du parquet : le compagnon d’un centre Emmaüs, de nationalité algérienne, est victime d’une crise de panique et devient très agité. Il menace ses collègues avec un couteau. L’homme se calme mais panique et s’enfuit à l’arrivée de la police. Les agents ouvrent le feu à quatre reprises. Il ne tenait aucune armée Hospitalisé, il décède quelques jours après les faits.
- 05/01/2017. Un homme de 46 ans meurt en cellule de dégrisement au commissariat de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Récit policier : des pompiers interviennent au poste pour secourir un homme sans abri retrouvé inanimé dans sa cellule. Transportée à l’hôpital il décède quelques jours plus tard.
- 06/01/2017, Cyrille Faussadier, 30 ans, est tué suite à un tir de Flashball tiré par la police à Auxerre (Yonne). Selon leur récit, des policiers interviennent au domicile de Cyrille, visiblement en crise d’angoisse. Il aurait fait preuve de « violence », les policiers tirent au flash-ball pour le neutraliser. Ils le plaquent ensuite au sol. Il en mourra. L’autopsie évoque « des contusions pulmonaires et cardiaques liées à l’onde de choc du projectile » ainsi qu’une asphyxie causée par « sa maîtrise au sol ». Pourtant, aucune suite connue des deux enquêtes qui s’en ont suivies.
- 26/03/2017. Shaoyao Liu, 56 ans, est tué par balle par la BAC à Paris. Le parquet prétend que des policiers de la BAC interviennent au domicile de Shaoyao suite au signalement d’un voisin. Ce dernier, policier à la retraite, se plaint de nuisances sonores et s’inquiète de voir un homme déambuler avec des ciseaux. Les policiers forcent la porte. Shaoyao aurait tenté de les blesser à coup de ciseau. Un agent sort son arme et tire sur lui. Les secours arrivent sur place mais n’arrivent pas à le ranimer. Le policier obtient trois jours d’ITT. La famille conteste cette version : il avait des ciseaux car il était juste en train de cuisiner. L’enquête ouverte se termine en non lieu en juillet 2019, validée par la cour d’appel en 2020, la Cour de cassation rejette le pourvoi en février 2022.
- Le 30/03/2017, Angelo Garand, 37 ans, est tué par balle à Seur (Loir-et-Cher) par le GIGN. Les gendarmes de l’antenne de Tours du GIGN interviennent au domicile de la famille d’un détenu, Angelo Garand, qui n’est pas rentré de permission. Ils fouillent les caravanes et attachent les personnes présentes avec des liens en plastique. Dans une remise où il se cachait, ils le tuent de 5 balles. Les gendarmes plaident la légitime défense arguant qu’ils ont été attaqué au couteau après deux tirs de taser. La famille parle d’exécution pure et simple. En octobre 2018, un non-lieu est prononcé pour légitime défense. Non-lieu confirmé en février 2019, pourvoi refusé en cassation en juin 2020. La CEDH confirmera la justice française.
- 27/04/2017. Vetearii Rupea, 37 ans, est tué par balle par les gendarmes à Paéa (Polynésie). Appelé pour mettre fin à une bagarre entre deux personnes, un gendarme ouvre le feu sur Vetearii. Ce dernier meurt malgré des tentatives de réanimation. Selon l’avocate du gendarme, celui-ci aurait souhaité sortir son pistolet à impulsion électrique (poids : 204g) mais l’aurait confondu avec son arme à feu (987g). L’auteur du coup de feu sera mis en examen pour « homicide involontaire ». Aucune suite connue.
- 05/05/2017, Curtis Robertin, 37 ans, meurt dans un accident de quad à Antony (Hauts-de-Seine) alors qu’il est poursuivi par la BAC. Une patrouille de la BAC tente de contrôler Curtis, qui roule en quad sans casque. Le jeune homme prend la fuite et percute un bus municipal. Transféré à l’hôpital, il décède la nuit suivante. La police réfute la prise en chasse, des témoins affirment le contraire. Après un premier classement à Nanterre, une autre enquête est rouverte et transférée au parquet de Versailles. Les plaintes de la famille n’ont pas eu de suites connues.
- 20/05/2017, Jérôme Laronze, 37 ans, est tué par balle à Sailly (Saône-et-Loire) par des gendarmes. Neuf jours plus tôt, cet éleveur a reçu dans sa ferme la visite d’inspecteurs des services vétérinaires accompagnés de gendarmes. Il prend la fuite pour échapper à une menace d’hospitalisation forcée. Rattrapé par les gendarmes, un des deux agents ouvre le feu sur son véhicule. Cinq balles tirées en sept secondes. Trois le tuent, deux dans le dos au niveau des poumons et une de côté. Le tireur dira que Jérôme voulait lui foncer dessus. Mais la balistique prouvera que le tir s’est effectué sur le côté, et non de face. Un gendarme est mis en examen pour homicide involontaire. En novembre 2025, l’instruction était close mais la famille ne savait toujours pas si un ou des gendarmes seraient jugés. En 2020, les contrôles vétérinaires à l’origine de la mort ont été jugés irréguliers par la justice administrative.
- 30/05/2017. Mickaël Simon, 27 ans, est tué par balle par la police à Toulouse (Haute-Garonne). La police justifie un contrôle sur un conducteur à bord d’une voiture volée, roulant feux éteints. Il aurait alors foncé sur les policiers. Ils tirent douze balles et le touchent à la tête et au thorax. La police plaide la légitime défense. Aucune suite connue.
- 14/06/2017. Patrick Larose, 54 ans, meurt dans un accident avec un véhicule de police à Créteil (Val-de-Marne). Un véhicule appartenant au service de renseignement parisien part en intervention quand il percute le scooter d’un homme qui rentrait à son domicile en Seine-et-Marne. Les policiers assurent avoir actionné leur gyrophare avant la collision. Des témoins disent le contraire. Pas de suites connues.
- 03/07/2017. Lucas M., 34 ans, meurt dans sa cellule de garde-à-vue à Arpajon (Essonne). Motif de la garde à vue : excès de vitesse en moto. Laissé pendant quinze minutes sans surveillance dans sa cellule, les policiers affirment le retrouver ensuite « pendu à la bouche d’aération avec les chaussettes ». Il succombera à l’hôpital. La famille conteste cette version. Les instructions ouvertes n’ont pas eu de suites connues.
- 14/07/2017. Mohamed, 35 ans, meurt en voulant échapper à la police à Aulnay-sous-Bois (93). Motif de la course : un feu rouge grillé en scooter à Sevran. La police affirme qu’il s’enfuit, perdent sa trace puis le retrouvent grâce à une équipe de police municipale d’Aulnay. S’en suit un accident, le pilote chute et percute un poteau.
- 28/07/2017. Steven X., 26 ans, meurt noyé à Villeneuve-Saint-George (Val-de-Marne) alors qu’il tente d’échapper à la police. Motif de la course : recherché pour suspicion de cambriolage. Placé en garde à vue, Steven demande à voir un médecin. Au retour de l’hôpital, il se serait enfuit, menotté, de la voiture de police pour sauter pieds nus dans la Seine. Les policiers l’aperçoivent couler au loin. Son corps est retrouvé sans vie le lendemain. Pas de suites judiciaires connues.
- 30/07/2017. Baptiste X., 36 ans, est tué par balle par la PAF à Rennes (Ille-et-Vilaine). A bord d’une voiture dont le chauffeur aurait « foncé » sur les agents, Baptiste est touché mortellement d’une balle dans le cœur quand la police aux frontières fait feu sur le véhicule. Aucune suite connue à l’enquête de l’IGPN.
- 19/08/2017. Luis Bico, 48 ans, est abattu par balle à Chalette-sur-Loing (Loiret). Selon le récit policier, vers 17h30 un homme au « comportement menaçant » a « exhibé un couteau devant un passant ». Appelés, cinq agents entourent le conducteur au volant de son véhicule stationné. Ils tentent de l’immobiliser avec du gaz lacrymogène. L’homme les aurait alors menacé et, en tentant de s’échapper, les policiers l’abattent en tirant 18 balles. Après plusieurs plaintes instruites, un non lieu est prononcé en 2022, confirmé par la cour de cassation en mai 2024.
- 24/09/2017. Un homme d’age inconnu fait une chute mortelle à son domicile de Saint-Ouen (93) suite à une perquisition policière. Motif invoquée : opération anti stups. L’un des occupants se serait alors « enfuit par une fenêtre » avant de « glisser » et de tomber du 7ème étage. Il succombe à ses blessures quelques heures plus tard à l’hôpital. Aucun policier ne sera mis en cause.
- 26/09/2017. Un homme de 56 ans est tué par balle par la police à Draguignan (Var). Motif de l’intervention : expulsion de domicile, avec présence d’un huissier. A l’ouverture de la porte, le locataire, armé d’un pistolet, tire et blesse le policier à l’épaule. Celui-ci riposte. Le locataire meurt malgré l’arrivée des secours. Deux enquêtes, de la police judiciaire et de l’IGPN, sont ouvertes. Le Parquet penche pour la légitime défense et n’ouvre pas d’information judiciaire.
- 13/10/2017. Un homme de 36 ans meurt en cellule de garde-à-vue à Roumazieres-Loubert (Charente). Motif de la garde à vue : usage de stups. Il est « retrouvé inanimé » dans sa cellule. La victime avait à plusieurs reprises consulté un médecin qui avait jugé son état compatible avec sa détention. L’autopsie évoque une mort naturelle (aœdème au poumon).
- 21/11/2017. Nicolas Manikakis, 21 ans, est tué par balle par la BAC à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). Motif de l’intervention : signalement de coups de feu. La BAC contrôle une voiture dont le conducteur aurait alors « foncé » sur eux. Un des agents ouvre le feu et tue Nicolas. L’enquête de l’IGPN conclut à la légitime défense en février 2018. En mai 2020, son frère, passager de la voiture, est condamné à deux ans de prison ferme pour association de malfaiteurs et port d’armes. Son avocat dénonce le « mensonge organisé autour de la légitime défense des policiers ».
- 22/11/2017. Massar, 24 ans, meurt par asphyxie à Paris suite à son interpellation violente de la police ferroviaire. Selon le récit policier, Massar, un jeune Espagnol d’origine sénégalaise, est pris en flag par la sûreté ferroviaire (SUGE) pour trafic de stups. Massar aurait « avalé des pochons de crack », se serait enfui avant d’être rattrapé puis maintenu au sol. Asphyxié, il fait un arrêt cardiaque, tombe dans le coma et meurt 13 jours après à l’hôpital. Aucune trace de drogue n’est retrouvée dans son sang. Pas de suites connues de l’enquête IGPN et de la plainte de la famille.
- 22/11/2017. Joail Zerroukhi, 19 ans, meurt percuté par un train à Vienne (Isère), alors qu’il était poursuivi par la police municipale. Alors qu’il roule à vive allure sur un quad non immatriculé, Joail échappe à un contrôle de la police municipale, puis prend la fuite à pied. Traversant des voies ferrées, il meurt percuté par un train. La mère de Joail porte plainte, son avocat dit que les policiers ont créé les « conditions du danger » en le prenant en « tenaille » entre plusieurs équipes. Pas de suites connues.
- 25/11/2017. Aboubakar Abdou, 31 ans, meurt par asphyxie à Nantes suite à son interpellation par la police. Un signalement de voisins conduit des policiers au domicile d’un homme en train de « péter les plombs ». Alors qu’il nécessite plutôt une prise en charge médicale, l’homme est menotté aux chevilles et aux poignets et plaqué au sol. Victime d’un arrêt cardiaque, les secours le réaniment et constant à l’hôpital une côté cassé et un poumon perforé. Il décède quelques jours plus tard. Sa compagne porte plainte mais elle est classée sans suite par le procureur de Nantes pour « absence d’infraction pénale ».
- 15/12/2017. Selom Tonato, 20 ans, et Matisse Ben Gabsia, 18 ans, meurent renversés par un train à Lille (Nord). Apercevant des policiers se diriger vers eux, matraques en main selon des témoignages, quatre jeunes s’enfuient. Ils franchissent un mur donnant sur la voie de chemin de fer. Un TER passe et happe deux d’entre eux. Désigné, un juge récuse le fait que la police voulait les contrôler, avant d’admettre qu’une brigade de la BST était bien présente à proximité. Aucune reconstitution n’a eu lieu. Les proches portent plusieurs plaintes. Un non lieu est prononcé en mars 2021.
- 17/12/2017. M. et F., 33 ans et 36 ans, meurent dans un accident de voiture prise en chasse par des FDO à Toulouse (Haute-Garonne). Motif de la course de la BAC et des gendarmes : conduite dangereuse. Sur l’A68 en direction du périphérique, la voiture pourchassée percute des rails de sécurité et se renverse. Tuant les deux hommes sur le coup. L’enquête n’engagera pas la responsabilité des agents.
- 23/12/2017. X., 65 ans, meurt d’un arrêt cardiaque à Cannes (Alpes-Maritimes) alors qu’il est entre les mains de la gendarmerie. Motif du contrôle routier : conduite d’un scooter sans casque. Il est « escorté » chez lui pour présenter ses papiers. Dans l’ascenseur, l’homme aurait été pris d’un « malaise ». Il décède peu après.
BILAN 2017 : 27 morts
(En tenant compte des cas 24 et 25)
- 11 par des tirs de FDO : 10 à balles réelles (1 seul avait une arme à feu), 1 par un tir de flashball
- 4 lors d’interpellations, dont 2 asphyxiés par l’immobilisation
- 9 pourchassés par la police : 5 lors d’un accident routier, 3 percutés par un train, 1 lors d’une chute mortelle
- 3 en cellule de garde à vue
2016 : 17 morts
- 07/01/2016. Mehdi Farghdani, 32 ans, est tué par balle à Cergy (Val d’Oise) par la BAC. Atteint de troubles paranoïaques, dira la police, persuadé que des personnes veulent le tuer, Mehdi appelle lui-même le 17. Mais il refuse de leur ouvrir. La BAC arrive en renfort et le trouve « silencieux et sans revendication ». Il les aurait alors agressésavec un couteau. Les agents tirent 9 balles et l’abattent. Le parquet évoque la légitime défense. Deux enquêtes sont ouvertes, dont aucune suite n’est connue.
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07/03/2016. Emmanuel Vena, 32 ans, est tué par balle à Menton (Alpes Maritimes) par la BAC. Suspecté d’avoir renversé un piéton en voiture, Emmanuel prend la fuite, poursuivi par des agents de la BAC. Bloqué par la circulation, il aurait alors tenté de renverser un agent qui s’approche à pied et aurait ensuite sorti une arme blanche. Un agent fait feu et il meurt d’une balle. Une première plainte de la famille est classée sans suite. Une autre est ouverte, sans suite connue.
- 16/03/2016. Une femme de 42 ans meurt en garde à vue au commissariat de Dunkerque (Nord). Motif de l’arrestation : ivresse sur la voie publique. Retrouvée inanimée en cellule de dégrisement, elle se serait « asphyxiée volontairement avec son pull-over ». Aucune enquête n’est engagée contre les policiers.
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01/05/2016. Un homme de 32 ans est tué par balle à Aix-les-Bains (Savoie) par la police.Deux policiers interviennent dans un appartement pour un différend conjugal. Après avoir forcé la porte d’entrée, ils surprennent un homme en train d’attaquer au couteau sa femme, une policière ouvre le feu et tue l’agresseur. Une enquête est confiée à l’IGPN. Les proches ne portent pas plainte.
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26/05/2016. Wouafik Bouakar, 25 ans, est tué par balle à Lille (Nord) par la BAC. Alertés dans la nuit par des voisins qui ont entendu des coups de feu, des policiers de la BAC interviennent devant un pavillon. Le parquet dit que les agents aperçoivent deux hommes faisant rentrer de force une tierce personne dans une voiture. Ce véhicule aurait alors « foncé sur les policiers. » Ces derniers ouvrent le feu et tuent le passager.
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26/05/2016. Un homme de 25 ans est abattu par balle à Lesmenils (Meurthe-et-Moselle) par la police. Dans le cadre d’une enquête sur un trafic de stupéfiants, l’homme est arrêté au volant d’une voiture sur l’autoroute au niveau d’une bretelle de sortie. Pris en chasse, son véhicule se retrouve bloqué par un rail de sécurité. Les policiers ouvrent alors le feu à deux reprises. Une balle atteint la tête.
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09/07/2016. Un homme de 47 ans meurt en cellule au commissariat de Bagnols-sur-Cèze (Gard). Arrêté en état d’ivresse sur la voie publique, d’abord emmené à l’hôpital par la police, son état de santé est déclaré compatible avec un placement en dégrisement. L’homme sera retrouvé inanimé dans sa cellule. Une information judiciaire est ouverte. L’autopsie révèle la présence d’un traumatisme crânien mais « antérieur à l’arrestation ».
- 19/07/2016. Adama Traore, 24 ans, meurt asphyxié par plaquage ventral par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise). Vers 17h, une patrouille du PSIG de la gendarmerie contrôle deux hommes, dont l’un correspond au signalement d’un suspect dans une affaire d’extorsion. Le frère du suspect, Adama, qui n’est pas recherché, prend la fuite. Une deuxième patrouille le rattrape et l’immobilise par « compression thoracique ». Malgré l’intervention du Samu, son décès est constaté à 19h15. Deux autopsies concluent à un « syndrome asphyxique », excluant des violences ayant entraîné la mort. Après plusieurs expertises contradictoires, un non-lieu est rendue en août 2023, confirmée en appel en 2024 et en cassation en 2026.
- 08/08/2016. Un homme meurt en cellule de dégrisement à Toulouse (Haute-Garonne). Arrêté par la police pour état d’ivresse, il est retrouvé mort dans la nuit. L’autopsie évoque un décès par « fracture du crâne » mais ne relève aucune trace de violence sur le corps. Une enquête est confiée à l’IGPN. Aucune suite judiciaire connue.
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17/08/2016. Mickaël Bagot, 27 ans, meurt noyé à Bordeaux (Gironde), poursuivi par la BAC. Arrêté en raison de son comportement violent, il se serait débattu, aurait pris la fuite le long de la Garonne et aurait plongé dans le fleuve. Son corps est retrouvé deux jours plus tard. L’enquête ouverte ne donnera rien.
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29/08/2016. Une homme de 27 ans meurt dans un accident de scooter à Sauveterre (Gard) provoqué par une voiture de police municipale. Le parquet raconte que les policiers, circulant derrière un poids lourd, n’auraient pas vu arriver le deux-roues au moment de tourner à gauche. Le pilote du scooter, très gravement blessé, décède le lendemain. Aucune enquête sur la responsabilité des policiers n’a été ouverte.
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02/09/2016. Maxime L., 29 ans, est tué par balle à Vincennes (Val-de-Marne) par la police. Deux infirmiers sont appelés pour soigner un patient atteint de troubles psychiatrique à son domicile. Maxime est armé d’un couteau. Les infirmiers s’enfuient et donnent l’alerte. La police intervient et l’homme se serait alors jeté sur un des fonctionnaires de police, la blessant légèrement à la gorge. Les policiers tirent. « La policière, par réflexe, a tiré deux fois sur l’homme et son collègue une fois », témoigne une source dans la presse. Les enquêtes menées par l’IGPN et la PJ ne mènent à rien.
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22/09/2016. Godefroy Djinekou, 46 ans, meurt asphyxié par plaquage ventral par des policiers de la BAC à Vincennes (94). Motif de l’intervention : tapage nocturne et dégradations sur des véhicules. L’homme marche pieds nus et en caleçon en état d’ébriété. En le maîtrisant, ils l’asphyxient et il mourra peu après. L’autopsie évoque une « mort naturelle ». Affaire classée en septembre 2020.
- 28/10/2016. Jean-Pierre Ferrara, 52 ans, est tué par balles à Échirolles (Isère), abattu par cinq policiers de la BAC et des Compagnies d’intervention. Motif de l’intervention : un voisin se disant menacé par un homme « forcené, ivre et armé ». Les policiers pénètrent dans son jardin, de nuit. Aveuglé par leurs lampes et atteint de surdité, le parquet récite qu’« il s’apprêtait à sortir une arme de derrière son dos ». L’affaire est classée sans suite en janvier 2017.
- 29/10/2016. William Decoire, 23 ans, est tué par balle par la gendarmerie à Nouméa (Nouvelle Calédonie). Un fourgon transportant une dizaine de personnes s’arrête à un contrôle routier, et William, le conducteur, redémarre et manque de percuter l’un des quatre gendarmes. Son collègue ouvre le feu et le tue. L’enquête judiciaire est confiée à la même gendarmerie, qui conclue en janvier 2017 au classement pour légitime défense. La famille porte plainte pour meurtre. En 2018, un gendarme est mise en examen mais en 2019 un non-lieu est prononcé.
- 05/11/2016. Un homme de 36 ans est tué par balle par la gendarmerie à Briis-sous-Forges (Essonne). Dans la nuit, des gendarmes surprennent un groupe de personnes devant un distributeur de billets. Les suspects prennent la fuite en voiture. L’un des gendarmes s’agrippe au véhicule, est traîné sur quelques mètres et ses collègues ouvrent le feu à quatre reprises. La voiture est retrouvée dans un fossé, le conducteur mort, atteint d’une balle.
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11/12/2016. Mehdi D., 28 ans, meurt dans un accident de scooter provoqué par la police à Vénissieux (Rhône). Motif du contrôle : trois jeunes sans casques sur un scooter, roulant à 35 km/h. Mehdi, le pilote, aurait alors accéléré et heurté un muret. Il meurt sur le coup. La police réfute toute prise en chasse. Mais des témoins, dont un des jeunes, affirment que la voiture de police collait le scooter selon la technique du parechocage. Le parquet classe l’enquête préliminaire. La sœur de la victime se constitue partie civile. Une instruction est menée sans que le scooter ou la voiture de police ne soient placés sous scellés. Un non-lieu est prononcé en décembre 2019.
BILAN 2016 : 17 morts
- 9 par des tirs de FDO à balles réelles (3 détenaient une arme blanche, dont 1 était menaçant)
- 2 lors d’interpellations violentes
- 3 pourchassés par la police : 2 lors d’accidents routier (1 par parechocage volontaire), 1 par noyade
- 3 en cellule de garde à vue
2015 : 20 morts
- 07/01/2015. Un homme de 50 ans meurt en cellule de police à Nice (Alpes Martimes). Arrêté vers 13h par la police suite à l’agression d’une personne âgée, l’homme est placé en garde à vue dans un commissariat de Nice. Il est retrouvé inanimé vers 1h30 du matin dans sa cellule puis décède. Il aurait été victime d’un malaise cardiaque. Une enquête est confiée à l’IGPN.
- 13/01/2015. Franky Alfred, 35 ans, meurt lors d’une chute à Schoelcher (Martinique) en tentant d’échapper à la PAF. Vers 8h00, Francky Alfred tente de se soustraire à un contrôle d’identité de la police aux frontières. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), l’homme d’origine haïtienne est emmené par cinq agents dans leur véhicule. D’abord calme, il se serait enfui et se serait jeté dans le vide depuis la falaise. Il succombe à ses blessures. L’IGPN mène une enquête et l’affaire est classée. La famille souhaite porter plainte en se constituant partie civile afin de désigner un juge d’instruction.
- 15/02/2015. Elyès, un enfant de 14 ans meurt dans un accident provoqué par la police à Romans-sur-Isère (Drôme). Vers 09h00, une patrouille de police repère deux jeunes adolescents à bord d’une voiture signalée comme volée. Elyès, le conducteur, aurait alors accéléré pour échapper à la police, grillé un stop avant de percuter un platane. Transporté à l’hôpital, il succombe à ses blessures. Le passager âgé de 14 ans est également hospitalisé. Une enquête pour déterminer les circonstances de l’accident est confiée à la sûreté départementale de Valence.
- 06/03/2015. Amadou Koume, 33 ans, meurt asphyxié (clé d’étranglement) à Paris, au cours de son interpellation par la police. Amadou est interpellé dans un bar alors qu’il tient des « propos incohérents ». Un agent de la BAC procède à une clef d’étranglement. Des témoins voient Amadou suffoquer et s’affaisser. Au commissariat, il est découvert inanimé dans sa cellule, décès constaté à 2h30 du matin. L’autopsie révèle une mort par « œdème pulmonaire survenu dans un contexte d’asphyxie et de traumatismes facial et cervical ». La famille porte plainte contre X pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Entre 2017 et 2019, trois policiers de la BAC sont mis en examen. Pas de suites connues.
- 10/03/2015. Un homme de 55 ans meurt lors d’une chute à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) en essayant d’échapper à la police. Vers 23h30, suite à l’appel de voisins, la police intervient dans l’appartement d’un homme en état de crise. Celui-ci tente de s’enfuir par le balcon en descendant du 15ème étage par les gouttières. Il tombe et meurt sur le coup. Au domicile, une femme est retrouvée blessée. Une enquête est confiée au commissariat de Gennevilliers. Selon les premiers éléments, l’homme aurait pénétré par surprise dans l’appartement de son ex-compagne.
- 11/03/2015. Un homme meurt noyé à Bondy (Seine-Saint-Denis) pourchassé par la police. Vers 5h00 du matin, des policiers tentent d’interpeller un homme soupçonné de vol dans une voiture. Ce dernier prend la fuite à pied. Alors que les forces de l’ordre sont à quelques mètres, il plonge dans le canal de l’Ourcq. Il est repêché par les secours une dizaine de minutes plus tard. Inconscient, il décède peu après. Aucune suite connue.
- 20/03/2015. Dominique Burger, 46 ans, est tué par un décharge de taser à Fort-de-France (Martinique) lors de son interpellation par la gendarmerie. Lors d’une promenade, Dominique, médecin, a une altercation avec un couple qui le prend pour un « clochard ». Les gendarmes interviennent. Au moment du menottage, il serait devenu « hystérique ». L’expertise révèle cinq décharges de pistolet taser. L’homme tombe dans le coma et décède quelques semaines plus tard. La famille pousse la justice à ouvrir une enquête, et début 2016, cinq personnes, dont les trois gendarmes, sont mises en examen. Aucune suite connue.
- 26/03/2015. Un homme meurt dans un accident à Lyon (Rhône) en étant poursuivi par la police. Vers 3h du matin, un homme s’enfuit au volant de sa voiture alors qu’il a été surpris par une patrouille de police en tentant de cambrioler une roulotte. Il aurait perdu le contrôle de son véhicule percutant un banc et un poteau. L’homme décède dans l’accident. Les policiers assurent l’avoir perdu de vue bien avant l’accident. La mort déclenche la révolte d’habitants dans le quartier de la Duchère d’où est originaire la victime.
- 22/04/2015. Karim Taghbalout, 26 ans, meurt percuté par un train au Havre (Seine-Maritime) en tentant d’échapper à la police. Deux hommes sont contrôlés en début de soirée en raison d’un chien en laisse sans muselière. Son ami Karim fait l’objet d’une fiche de recherche. Quand les trois policiers tentent de l’emmener au commissariat pour vérification, Karim s’enfuit. Il est poursuivi à pied et en voiture par trois agents. Il aurait alors escaladé un muret, traversé les voies ferrées puis a été fauché par un train. Aucune suite connue.
- 26/04/2015. Pierre Cayet, 54 ans, meurt au commissariat de police Saint-Denis (93). Pierre va récupérer ses papiers au commissariat. La veille, il a dû abandonner son véhicule suite à un contrôle pour état d’ivresse. Face au refus des policiers de lui rendre ses documents, l’homme se serait « passablement énervé ». Un des policiers l’aurait repoussé, le faisant chuter, sa tête heurtant le sol. Il décédera des suites de ses blessures. L’enquête de l’IGPN ne mènera à rien.
- 01/06/2015. Pierre-Eliott Zighem, 18 ans, meurt dans un accident à Tourcoing (Nord) en tentant d’échapper à la police. Motif du contrôle : une voiture grille un feu rouge. Occupée par trois jeunes, elle prend la fuite et le conducteur, 16 ans, aurait accéléré, perdu le contrôle et percuté un arbre. Pierre, passager avant, meurt sur le coup. La police réfute toute course-poursuite. Des témoins évoquent au contraire un « pare-chocage » avec le véhicule de police. L’enquête mettra hors de cause les agents mais inculpe le conducteur pour « homicide involontaire ». Il sera condamné à trois ans de prison en novembre 2016.
- 16/06/2015. Un homme meurt dans un accident de voiture à Pierre-Levée (Seine-et-Marne) en tentant d’échapper à la gendarmerie. Vers 10h du matin, quatre hommes armés braquent une bijouterie près de Meaux. Ils sont surpris par deux policiers municipaux qui ouvrent le feu sur les cambrioleurs. Une voiture de gendarmes les prend en chasse. A l’entrée d’un village, le véhicule des braqueurs présumés s’encastre dans un semi-remorque. L’un des passagers meurt sur le coup. Les autres, blessés, sont placés en garde à vue.
- 15/07/2015. Un homme de 28 ans est abattu par balle à Toulon suite à une intervention policière. Un homme armé se dispute avec son père. L’homme est repéré par les policiers, qui affirment qu’il leur a tiré dessus. Selon leur version, l’individu ouvre le feu dans leur direction. Les forces de l’ordre ripostent et le touchent mortellement. L’enquête administrative conclue à la légitime défense.
- 03/09/2015. Mehdi Bouhouta, 28 ans, est tué par balle par la police à Sainte-Foy-les-Lyon (Rhône). Vers 14h30, une patrouille intervient dans un quartier de Sainte-Foy pour une « rixe au couteau ». Elle repère un véhicule avec trois passagers. Mehdi, le conducteur, aurait tenté de se soustraire au contrôle et de renverser un agent. Un policier tire alors deux balles à travers la vitre, dont l’une atteint Mehdi à la tête, qui décède à l’hôpital. Le parquet retient la légitime défense. La famille porte plainte et mène sa propre contre enquête. Un non-lieu est prononcé en 2018 par un juge d’instruction qui retient « l’état de légitime défense ». En octobre 2019, la cour d’appel de Lyon rouvre le dossier demandant une reconstitution du drame. Pas de suites connues.
- 18/09/2015. Un homme de 35 ans est tué par balle par la gendarmerie à Saint-Gein (Landes). Souffrant de troubles psychiatriques, un homme se serait « retranché » dans la maison familiale après avoir menacé sa mère. Des gendarmes du PSIG encerclent la maison. L’homme en sort et blesse un gendarme avec une machette. Les gendarmes ouvrent le feu et le tue, atteint au cœur.
- 06/10/2015. Wilston Blam, 25 ans, meurt à l’issue d’une fusillade avec des policiers de la BAC à Saint-Ouen (93), après une tentative de braquage d’un entrepôt de bijoux. La Brigade de répression du banditisme de la police judiciaire est chargée de l’enquête. L’affaire ne donne lieu à aucune poursuite ni sanction des forces de l’ordre.
- 07/10/2015. Alain Loetscher, 60 ans, est tué par balles par la police à Crégy-lès-Meaux (Seine-et-Marne). Vers 20h30, la police intervient près d’un campement de « gens du voyage » qui se sont installés plus tôt dans la journée. Les occupants du campement témoignent s’être fait tirer dessus par un voisin, un exploitant d’une casse auto. Quand la police arrive, celui-ci, Alain, ouvre le feu. Les agents ripostent. Alain est touché à trois reprises. Légitime défense retenue.
- 20/10/2015. Un homme de 30 ans est tué par balle par la police à Corbeil-Essonne (Essonne). Entre 12h et 14h, la police intervient dans hôpital psychiatrique où un homme, suivi pour de troubles psys et armé d’un couteau, a blessé une aide-soignante. Les policiers tentent de le maîtriser en usant de bombes lacrymogènes. L’individu se serait alors jeté sur une policière en exhibant son « couteau ensanglanté ». La policière ouvre le feu, l’atteignant mortellement à l’abdomen. L’enquête de IGPN sera classée par le procureur.
- 24/11/2015. Un homme est tué par balle par la police à Roubaix (Nord). Vers 22h00, des hommes sont pourchassés par la BAC alors qu’ils ont séquestré une famille dont le père est directeur du Crédit municipal de Roubaix. Un complice surgit, une arme automatique en main, il tente de s’enfuir mais est tué d’une balle dans le dos par les policiers.
- 03/12/2015. Babacar Gueye, 27 ans, est tué par balle à Rennes (Ille-et-Vilaine) suite à une intervention de la BAC chez lui. Babacar, pris d’une crise d’angoisse vers 4h du matin, se serait auto-mutilé avec un couteau. Son colocataire appelle les secours, mais c’est la BAC qui débarque. Un agent, se sentant menacé, ouvre le feu à au moins trois reprises, le touchant au cœur, puis dans le bas du dos. L’enquête de l’IGPN conduit à un classement en août 2016. La famille dépose une nouvelle plainte, une instruction est ouverte. Une contre-expertise remet en cause la légitime défense. Quatre scellés, dont celui contenant l’arme, ont été détruits « par erreur ». Un premier non lieu est prononcé en 2023, confirmé en appel en juin 2025. Pourvoi en cassation en cours.
BILAN 2015 : 20 morts
- 9 suite à des tirs de FDO : 8 à balles réelles (dont 3 étaient armés) et 1 électrocuté par taser
- 1 lors de son interpellation
- 8 pourchassés par la police : 5 lors d’un accident routier, 3 par chute ou noyade
- 2 en cellule de garde à vue
2014 : 22 morts
- 12/01/2014. Cyril Cozic, 45 ans, meurt en cellule à La-Queue-Les-Yvelines (Yvelines). Arrêté pour avoir provoqué un accident, en état d’ébriété, suivi d’un délit de fuite, Cyril est interpellé et placé en garde à vue pour un dégrisement par les gendarmes. Après une nuit en cellule, il aurait été découvert sans vie au petit matin par les gendarmes. L’autopsie confirme que l’arrêt cardiaque était dû à un malaise hépatique. Selon la procédure, les gendarmes étaient censés l’amener à l’hôpital et le garder sous surveillance. La famille aurait pourtant prévenu les forces de l’ordre que le défunt était cardiaque. Une enquête est ouverte par le procureur de Versailles sur les circonstances de la mort.
- 09/02/2014. Un homme de 30 ans meurt en cellule dans un poste de police de Valence (Drôme). Arrêté pour état d’ivresse sur la voie publique, un homme originaire d’Ardèche est placé en cellule de dégrisement. Il est retrouvé mort le lendemain. L’autopsie ne relève aucune trace de violence sur le corps et conclut que l’homme se serait étouffé dans son vomi. Une enquête administrative est confiée à l’IGPN. La suite n’est pas connue.
- 01/04/2014. Morad Touat, 16 ans, meurt lors d’une chute à Marseille (Bouches-du-Rhône) en essayant d’échapper à la BAC. Des agents de la BAC se font passer pour des acheteurs de shit. Un jeune adolescent, Morad (16 ans), s’enfuit et se réfugie au 2ème étage d’un bâtiment. Il enjambe la rambarde du balcon pour rejoindre un logement voisin et chute. Dans le coma, il décède le 5 avril. L’un des policiers lancé à sa poursuite déclare d’abord ne pas être entré dans l’appartement, puis affirme ensuite avoir tenté d’empêcher l’adolescent de tomber. Des témoins affirment que Morad a été frappé puis laissé sans secours. L’IGPN, saisie par le parquet de Marseille, conclut à une chute accidentelle. Le 10 juillet, le dossier est clos pour « absence d’infraction ».
- 27/04/2014. Thierry Deyrail, 45 ans, est tué par balle à Lançon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) par un douanier. Un homme conduisant à vive allure sur l’autoroute A7 aurait ouvert la voie à un convoyage de drogue à grande vitesse (go fast). Il arrive au niveau d’un péage où l’attend un barrage douanier. Il ne s’arrête pas. Les douaniers ouvrent le feu et tuent Thierry d’une balle dans le poumon. Les douaniers sont placés en garde à vue puis relâchés. L’enquête retient la légitime défense.
- 02/06/2014. Karim, 22 ans, et un de ses amis meurent dans un accident à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), provoqué par la BAC. Suspectés de vol de voiture, deux jeunes hommes au volant d’une Fiat se soustraient à un contrôle d’identité à 00h40. Pris en chasse par la BAC, les agents affirment avoir perdu leur trace avant de les retrouver aux abords d’une zone pavillonnaire. La voiture se serait retournée en passant un dos d’âne et heurté un arbre. Les automobilistes, grièvement blessés, succombent. Compte tenu de « l’absence de traces de choc », le parquet de Bobigny classe l’affaire sans saisir l’IGPN.
- 29/07/2014. Un homme de 26 ans meurt dans un accident à Breuillet (Charente-Maritime) provoqué par la police. Vers 3h du matin, une patrouille prend en chasse une voiture roulant à grande vitesse à Royan avec quatre occupants à son bord. Refusant d’obtempérer, la course-poursuite débute mais le véhicule sème les policiers. Il aurait été retrouvé, renversé sur le toit, par une autre patrouille. L’accident sera fatal au conducteur de 26 ans, les trois autres passagers (20, 26 et 33 ans) sont grièvement blessés. Aucune suite connue.
- 29/07/2014. Dorel Iosif Florea, 42 ans, est tué par balle par la BAC à Montgeron (Essonne). Des policiers municipaux interviennent aux environs de 20h et signifient à Dorel, son frère et son ami, en état d’ivresse, l’interdiction de boire. Quatre policiers de la BAC les rejoignent. Dorel proteste contre le contrôle d’identité. L’un des policiers aurait « trébuché » sur un bloc de béton, tirant une balle qui l’atteint au thorax. Un second policier tire au flashball. Le frère et l’ami de la victime sont gazés puis placés en garde à vue. Dorel meurt une heure plus tard. La police invoque la légitime défense : la victime ivre les aurait menacé avec un « tesson de bouteille ». Ce que contredisent des témoins. Un juge est désigné, aucune suite connue.
- 07/08/2014. Mohamed Rajhi, 42 ans, meurt en cellule de police au Havre (Seine-Maritime). Arrêté dans un centre commercial alors qu’il cause des « troubles », un homme est placé en garde à vue. Il est retrouvé mort dans sa cellule. Le procureur évoque une « mort naturelle », ce que confirme l’examen médical.
- 21/08/2014. Abdelhak Goradia, 51 ans, meurt asphyxié par clé d’étranglement lors de son arrestation par la PAF à l’aéroport de Roissy. Abdelhak, sans-titre de séjour en règle et Algérien, est en voie d’expulsion en avion par la Police de l’air et des frontière. Il serait décédé d’une « crise cardiaque » lors de son transfert dans un fourgon. Les proches de la victime affirment avoir décelé des traces d’hématomes sur le nez et le visage. Abdelhak s’était déjà opposé à une tentative d’expulsion une semaine avant. Pas de suite connue de l’enquête de l’IGPN et de l’information ouverte par le parquet de Bobigny pour « homicide involontaire ».
- 24/08/2014. Un homme de 37 ans est abattu par la police à Marseille. Selon le récit policier, une patrouille prend en chasse un individu qui vient de voler une voiture près de Fos-sur-Mer. L’homme, armé, aurait alors ouvert le feu sur les policiers et blesse l’un d’eux en le percutant. Vers 22h, la poursuite se termine dans le quartier de l’Estaque. L’homme aurait tiré à nouveau sur la police, qui riposte et le tue. Aucune suite judiciaire connue.
- 26/08/2014, Hocine Bouras, 23 ans, est tué par balle à Colmar (Haut-Rhin), par des gendarmes. Alors qu’il est transféré au tribunal de Colmar, Hocine, un détenu de la prison d’Elsau à Strasbourg, se serait soudainement, alors qu’il est menotté, « agité » dans le fourgon de gendarmerie et aurait tenté de « subtiliser » l’arme de service de la gendarme assise à l’arrière. Le conducteur a alors ouvert le feu et tue Hocine. Version contestée par l’avocat de la famille : « Avec des menottes, prendre une arme de service, enlever la sécurité, charger l’arme, cela me semble complètement impossible ». L’information judiciaire met en examen le tireur, puis le place sous le statut de « témoin assisté ». Non-lieu prononcé en septembre 2016, confirmé en appel, comme en cassation en janvier 2018.
- 06/09/2014. Une homme de 34 ans est tué par une décharge de taser tirée par la police à Paris. Le 5 septembre vers 20h, la police est appelée dans un hôtel pour maîtriser un client qui, en « pleine crise de démence aigüe », aurait tenté de se défenestrer. Selon leur version, les policiers tentent de le raisonner mais l’homme se montre « violent » à leur approche. Les policiers l’électrocutent de t deux décharges de taser. L’homme fait alors un « malaise » au moment du menottage. Il décède le lendemain matin. L’enquête de l’IGPN ne donnera rien.
- 12/09/2014. Un homme de 33 ans meurt dans un accident de moto à Paris (12e) provoqué par la police. A Montrouge vers 2h du matin, un motard refuse de se soumettre à un contrôle de police (inexpliqué). Pris en chasse par deux policiers en moto sur le périphérique, arrivé au niveau de la porte de Châtillon, la victime a chuté et percuté un lampadaire. L’enquête s’est orienté vers des causes accidentelles.
- 18/09/2014. Un homme de 41 ans meurt en cellule de police à Strasbourg (Bas-Rhin). Gisant sur la voie publique au centre-ville de Strasbourg vers 22h, un homme est hospitalisé pour ivresse publique. Il est ensuite placé en cellule de dégrisement au commissariat central. À 6h30, les policiers constatent lors d’une ronde que l’homme est décédé. L’enquête du parquet de Strasbourg n’a pas de suites connues.
- 02/10/2014. Deux enfants de 13 et 10 ans, meurent dans un accident de voiture Haguenau (Bas-Rhin) après une poursuite de la police. Vers 20h, quatre jeunes gens tentent de se soustraire à un contrôle de police et prennent la fuite à bord d’une voiture en direction de la forêt de Hagueneau. Ils croisent un bus vide et le percutent. Deux des passagers, âgés de 10 et 13 ans, décèdent. Les deux autres, grièvement blessés, sont hospitalisés. L’enquête confiée à l’IGPN n’a pas donné de suites.
- 11/10/2014. Un homme de 41 ans est tué par balle par la police à Lyon. Alertée par des voisins qui entendent des cris, une patrouille du groupement de sécurité publique (GSP) intervient au domicile d’une femme de 71 ans. Son fils, atteint de troubles psychiatriques, est en train de la frapper. La police entre dans l’appartement et tire au taser, qui n’aurait pas fonctionné. Un autre agents ouvre alors le feu à quatre reprises sur l’homme et le tue. Sa mère est hospitalisée. Une enquête est ouverte contre son fils pour tentative d’homicide. L’autre enquête pour homicide volontaire visant le policier aboutit à un non-lieu en septembre 2015.
- 17/10/2014. Timothée Lake, 20 ans, est tué par balle à Toulouse (Haute-Garonne) par la BAC. Le récit policier prétend qu’à 6h du matin, Thimotée entre dans une supérette et braque trois personnes dont deux employés avec un pistolet d’alarme. Il les enferme dans un local, l’un d’eux prévient la police avec son téléphone. Quatre policiers de la BAC arrivent, affirment que Thimothée les met en joue et un agent le tue d’une balle en plein cœur. Il décède à l’hôpital. Pas de suites connues de l’enquête confiée à l’IGPN de Bordeaux.
- 26/10/2014. Rémi Fraisse, 21 ans, est tué par une grenade tirée par un gendarme à Lisle-sur-Tarn (Tarn). Une manifestation a lieu le 25 pour s’opposer à la construction d’un barrage. Une grenade lancée par un gendarme explose dans la capuche de Rémi, étudiant et militant écologiste, tué sur le coup. Le flou est entretenu pendant plusieurs jours sur les causes du décès. La famille dépose deux plaintes pénales. L’enquête administrative exclu toute responsabilité du gendarme, gardé à vue puis libéré. Premier non lieu en janvier 2018, confirmée en appel en 2020 puis en cassation en 2021. La justice administrative réduit la responsabilité de l’État et considère que Rémi a été « imprudent ». En 2015, la CEDH reconnaît des failles dans le dispositif policier mais condamne l’État uniquement à réparer un « dommage moral ».
- 16/12/2014. Abdoulaye Camara, 30 ans, est tué par balle par la police au Havre. Décrit en « état de démence », Abdoulaye se serait jeté sur un passant lui assénant vingt coups de couteau avant de se diriger vers deux fonctionnaires de la brigade canine, alertés par des voisins. Ces derniers ouvrent le feu et tirent vingt-trois balles, dont dix atteignent Abdoulaye. Le passant, hospitalisé, survivra. La légitime défense sera retenue par le tribunal du Havre en septembre 2018, confirmé en appel en juin 2020.
- 20/12/2014, Bertrand Nzohabonayo, 20 ans, est tué par balle par la police à Joué-lès-Tours (37). Le récit policier prétend qu’un homme interpellé est emmené au commissariat. En arrivant au poste, il aurait sorti un couteau et blessé au visage le policier qui lui ouvre la porte. D’autres agents ouvrent le feu et l’abattent. Les policiers assurent que Bertrand, converti à l’Islam, aurait crié « Allah Akbar » en étant arrêté. Certains témoins parlent d’un simple cri de protestation. Les policiers nient l’existence de caméras qui auraient pu enregistrer la scène mais plusieurs journalistes assurent qu’elles sont bien installées. En juillet 2015, le procureur classe l’affaire sans suite.
BILAN 2014 : 22 morts
(En tenant compte des cas 5 et 15)
- 9 suite à des tirs de FDO : 8 à balles réelles, 1 électrocuté au taser
- 1 lors de son interpellation
- 7 pourchassés par la police : 6 lors d’un accident routier, 1 par noyade
- 4 en cellule de garde à vue
- 1 tué par l’explosion d’une grenade en manifestation
2013 : 14 morts
- 13/02/2013. Un homme de 24 ans meurt dans un accident à Grigny (Essonne) en tentant d’échapper à la BAC. Contrôlé par des agents en civil qui trouvent sur lui de la drogue, le jeune homme s’enfuit à pied avant d’être fauché par deux voitures alors qu’il traverse une route. Les policiers lui auraient « prodiguent les premiers soins ». Il meurt malgré l’arrivée des secours.
- 28/03/2013. Lahoucine Aït Omghar, 26 ans, est tué par balle à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais) par la police. Au sortir de l’hôtel où il a passé la nuit, Lahoucine est mécontent de sa chambre. Le jeune mécanicien réclame qu’on lui rembourse. Face au refus de la réceptionniste, il aurait « menacé le personnel avec une paire de ciseaux ». La gérante prévient la police. Lors de son interpellation, Lahoucine aurait tenté de frapper l’un des policiers. En tombant, l’agent tire alors trois balles dont l’une dans la poitrine ; deux autres policiers ouvrent aussi le feu et Lahoucine meurt sur place. Une instruction est ouverte. En mai 2016, un non-lieu est prononcé pour légitime défense, confirmé en février 2017 par la cour d’appel de Douai.
- 05/04/2013. Un homme de 45 ans est tué par des tirs de taser à Crozon (Finistère) par la gendarmerie. Un homme armé d’un couteau enferme ses enfants et son ex-compagne au domicile de celle-ci. Les gendarmes interviennent et libèrent la famille après négociations. L’homme tient « des propos menaçants pour lui-même ». Les agents font usage d’un pistolet électrocutant. Transportée à l’hôpital, l’homme y décède dans la nuit. Une première autopsie assure que « le cœur de l’homme décédé était normal ». En février 2014, l’affaire est classée.
- 09/06/2013. Un homme meurt dans un accident à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) poursuivi par la gendarmerie. Deux patrouilles prennent en filature deux véhicules occupés par des « gens du voyage ». L’un des véhicules prend la fuite et, selon le récit des gendarmes, ses deux occupants tentent de sauter alors qu’ils roulent dans une pente. L’un d’eux se serait alors coincé sous les roues du véhicule qui est venu percuter une voiture de gendarmerie. L’homme meurt de ses blessures. Aucune suite connue de l’enquête qui s’en est suivie.
- 20/06/2013. Antonio De Santila Lima, 37 ans, est tué par balle à Camopi (Guyane) par la gendarmerie. A 00h30, une pirogue de trois gendarmes pilotée par un civil prend en chasse, sur la rivière de Camopi, une embarcation d’orpaillages clandestins. A son bord, deux hommes : un pilote et Antonio, Brésilien. Leur pirogue aurait fait chavirer les gendarmes. Le pilote plonge et gagne la rive laissant seul Antonio, qui aurait ensuite mis en joue le militaire qui tente de monter à bord. Un de ses collègues tire et touche Antonio à la tête qui meurt sur le coup. L’enquête, pris en charge par la même gendarmerie, sera classée sans suite par le procureur considérant l’état de légitime défense.
- 15/07/2013. Un homme de 25 ans meurt dans un accident à Port-Marly (Yvelines) après une course poursuite de la police. Motif de l’intervention : une voiture occupée par trois personnes double une voiture de police et grille un feu rouge dans la commune du Pecq. Les policiers actionnent leur gyrophare. Plus loin, la voiture prise en chasse fait une embardée et le conducteur meurt sur le coup. La police réfute tout « contact » entre les deux véhicules. Aucune suites connues.
- 16/07/2013. Un jeune adulte de 18 ans meurt dans un accident à Méé-sur-Seine (Seine et Marne) tentant d’échapper à la police. Au volant d’une voiture, la victime aurait fait demi-tour à la vue d’une patrouille de police. Plus loin il percute le muret d’un pavillon. Blessé, il est transporté à l’hôpital où il succombe peu après. Pas de suites connues de l’enquête de l’IGPN.
- 23/07/2013. Un homme de 36 ans est tué par balle à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) par la police. Un homme se serait rendu au commissariat de Chevilly-Larue en brandissant une hache. « Très agité » et « très menaçant » selon la police, il commence à casser du matériel et se serait rué sur un agent. Celui-ci tire trois coups de feu et touche l’homme au thorax qui mourra à l’hôpital dans la nuit. Pas de suites connues.
- 31/07/2013. Un homme est abattu par balle à Biscarosse (Landes) par la gendarmerie. Au volant d’un scooter déclaré volé, un homme est pris en chasse par deux gendarmes à moto. La course entraîne la chute des trois protagonistes. L’homme aurait sorti un « tournevis » et blessé l’un des gendarmes. Son collègue tire un premier coup de feu qui blesse cet homme qui décédera à l’hôpital de Bordeaux dans l’après-midi. Le gendarme est placé en garde à vue. Pas de suites judiciaires connues.
- 13/09/2013. Une femme de 19 ans est percutée à pied par une voiture de police à Brest. Alors qu’elle traverse une rue à pied vers un arrêt de bus sur le campus de Brest, une étudiante en médecine de 19 ans est renversée par une voiture de police banalisée, qui roule sans sirène, sans gyrophare. La victime succombe deux jours plus tard à l’hôpital. Une enquête administrative est ouverte. En mai 2016, le policier est condamné pour homicide involontaire à huit mois de prison avec sursis.
- 12/10/2013. Un homme de 55 ans meurt en cellule au commissariat de Bordeaux (Gironde). Allongé sur la voie publique en état d’ivresse, un homme est arrêté, emmené à l’hôpital puis placé en cellule de dégrisement. A 5h du matin, il est retrouvé inconscient. Il aurait chuté, seul dans sa cellule. Il meurt à l’hôpital dans la matinée. Le procureur écarte toute « intervention extérieure à l’origine du malaise ». Suite inconnue de enquête administrative.
- 14/10/2013. Christian O., 18 ans, meurt dans un accident à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en tentant d’échapper à la BAC. Vers 23h30, des policiers de la BAC de Paris prennent en chasse un scooter, signalé comme volé et roulant à vive allure sur le périphérique parisien. Refusant de s’arrêter au barrage de police, son conducteur aurait pris la fuite en direction de la porte de Montreuil. Il aurait alors percuté un 4×4 qui le précédait. Les pompiers le retrouvent en état d’arrêt cardiaque. Aucune suite judiciaire connue.
- 03/11/2013. Loïc Louise, 21 ans, est tué par une décharge de taser tirée par un gendarme à La Ferté-Saint-Aubin. Une bagarre éclate entre deux cousins lors d’une soirée. Un gendarme du PSIG, le peloton de surveillance et d’intervention d’Orléans intervient et utilise son taser pour maîtriser l’un des deux hommes, Loïc, qui décède ensuite. L’enquête de l’IGGN conclut à un tir ayant duré 17 secondes sans usage anormal du pistolet électrocutant. En 2019, le gendarme est placé sous statut de « témoin assisté ». Les suites ne sont pas connues.
- 16/12/2013. Gerlan Carlos Batista Da Silva, 32 ans, est tué par balle par la police à Cayenne (Guyane). Durant la nuit le vigile d’un bar clandestin signale à la police qu’un homme armé vient de se faire expulser de l’établissement. Deux policières et un adjoint de sécurité tentent de le contrôler, mais il aurait brandi une arme de poing et menacé les agents qui ouvrent le feu. Onze balles sont tirées dont cinq atteignent la victime qui succombe à ses blessures. L’enquête montre que l’arme n’était pas chargée. Deux policiers sont placés en garde à vue puis relâchés. L’information judiciaire conclu à la légitime défense.
BILAN 2013 : 14 morts
- 7 suite à des tirs de FDO : 5 par balles réelles, 2 électrocutés au taser
- 6 pourchassés par la police lors d’un accident routier
- 1 en cellule de garde à vue
2012 : 19 morts
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09/01/2012. Wissam El Yamni, 30 ans, meurt dans le coma après avoir été tabassé dans la nuit du 01/01/2012 à Clermont Ferrand par la police. La nuit du Nouvel An, plusieurs jeunes font la fêtent sur un parking dans le quartier de la Gauthière. Des agents de la BAC se rendent sur place. Après une course-poursuite ils interpellent Wissam et le passent à tabac. Menotté, le jeune homme est transporté au commissariat où il est laissé inerte dans un couloir. Après plusieurs jours dans le coma, Wissam meurt à l’hôpital le 9 janvier. La famille constate des traces de coups, de fractures et des lésions sur le corps du défunt. En 2012, l’IGPN conclut à une mort liée à la technique du « pliage ». Ce que conteste la famille pour qui Wissam est mort à cause des coups portés par les policiers. De nombreux éléments sont troubles, dissimulés et contradictoires. Entre 2014 et 2016, deux policiers sont mis en examen pour « violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Près de quinze ans après, l’enquête est toujours en cours.
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11/01/2012. Abdelilah El Jabri, 25 ans, meurt d’une rupture de l’aorte consécutive à un placage ventral à Aulnay-sous-Bois. Menotté et plaqué au sol par quatre policiers lors d’un contrôle, Abdel fait une crise cardiaque. Les agents auraient prodigué un massage cardiaque avant que les pompiers n’arrivent et le transportent à l’hôpital, où il décède. Pour le parquet, la mort d’Abdel est due à une « rupture de l’aorte, déjà fragile, liée à une maladie génétique ». Ce que mettent en doute des témoins qui évoquent des brutalités policières. Une enquête est menée par la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. L’affaire est en cours.
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12/02/2012. Un homme de 36 ans meurt noyé après avoir tenté d’échapper à un contrôle de gendarmes à Magland (Haute Savoie). L’homme se serait garé sur le bas-côté pour s’enfuir à pied dans une zone boisée. Il est retrouvé mort noyé dans un torrent quelques heures plus tard. L’enquête ne met pas en cause la gendarmerie. La suite n’est pas connue.
- 14/02/2012. Un homme de 42 ans est abattu à Pontault-Combault (Seine-et-Marne) lors d’une intervention policière. Énerve par des dégradations de son véhicule, cet employé municipal sort dans la rue armé d’un fusil de chasse et tire des coups de feu. Prévenue par des voisins, la police intervient. Un « échange de tirs » débute. Un policier est blessé. Ses confrères ripostent. L’homme est abattu d’une balle dans la gorge. La suite judiciaire n’est pas connue.
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11/03/2012. Ahamadou Marega, 17 ans, meurt dans un accident après avoir tenté d’échapper à un contrôle de police à Ivry-sur-Seine (Val de Marne). Roulant sans casque sur la moto qu’il vient d’acheter, il rentre chez lui. Il est repéré par une patrouille qui le prend en chasse. La moto aurait percuté un automobiliste. L’adolescent décède vingt-quatre heures après. Des témoins affirment avoir vu un policier tirer au flash-ball.
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27/03/2012. Un homme de 39 ans meurt en chutant d’un véhicule de police lors d’un transfert à Vaulx-en-Velin (Rhône). Placé en garde à vue pour délit routier, l’homme serait tombé d’un véhicule de police en tentant de s’enfuir lors de son transfert au palais de justice. Il meurt des suites de ses blessures. Deux enquêtes sont menées pour déterminer les circonstances de la mort par la Sûreté départementale et à la brigade accident des CRS autoroutiers. La suite judiciaire n’est pas connue.
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21/04/2012. Amine Bentounsi, 28 ans, est tué par balle (dans le dos) à Noisy-le-Sec (Seine Saint Denis). Censé regagner la maison d’arrêt de Châteaudun où il bénéficie d’une permission, Amine tente d’échapper à un contrôle d’identité. Un policier tire sans sommation à quatre reprises et le tue d’une balle dans le dos. Armé, l’enquête montrera qu’Amine n’a tiré aucun coup de feu et n’a pas brandi son arme vers le policiers. Le policier est mis en examen pour homicide volontaire. Les syndicats de police protestent et réclament une « présomption de légitime défense ». A la fin de l’instruction, les faits sont requalifiés en homicide involontaire. Le policier est renvoyé en cour d’assises et acquitté. Le parquet fait appel. Le policier est condamné en mars 2017 à cinq ans de prison avec sursis.
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14/05/2012. Christian Pancrate, 44 ans, meurt noyé à Nantes (Loire Atlantique). A bord d’une voiture signalée volée, après avoir forcé un barrage de police dans le centre-ville et blessé des policiers, il s’enfuit en direction de la Loire alors que ses cinq camarades sont arrêtés. Les policiers de la BAC affirment l’avoir vu au milieu du fleuve avant qu’il ne disparaisse. Il est retrouvé mort dix jours après. L’autopsie conclut à une noyade sans traces de violences. La suite judiciaire n’est pas connue.
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17/05/2012. Un adolescent de 17 ans meurt en cellule de garde-à-vue à Cayenne (Guyane). Soupçonné de l’agression d’un SDF avec trois autres personnes, cet adolescent est arrêté par des policiers de la BAC puis placé en garde à vue. Il aurait fait un « malaise » et meurt malgré le massage cardiaque prodigué par les policiers et les secours. L’examen du corps révèle une trace de blessure au cœur. La suite judiciaire n’est pas connue.
- 05/06/2012. Youssef Mahdi, 24 ans, meurt noyé à Melun (Seine et Marne). Le parquet de Melun reprend le narratif policier, comme quoi Youssef se rendait avec des amis sur l’île de Melun. Contrôlé en possession de stupéfiants, il se serait alors « jeté dans la Seine » pour échapper aux policiers. Son frère et un brigadier sautent à leur tour pour tenter de le secourir. Le brigadier revient sur la berge voyant Youssef disparaître au milieu du fleuve. La mère affirme que les policiers se sont moqués de Youssef dans l’eau et que le brigadier aurait été incité par les jeunes à tenter de le secourir. Ce sont les pompiers qui constatent la mort de Youssef. Une enquête menée par la police judiciaire de Versailles est est classée sans suite.
- 11/06/2012. Didier Guiomar, 49 ans, est abattu par balles à Ploufragran (Côtes-d’Armor). Dans le cadre d’une enquête sur un braquage commis quelque jours auparavant, trois policiers en civil interrogent au matin un suspect dans sa maison. Ce dernier se serai emparé d’une arme dans sa chambre, il aurait tiré deux coups de feu et blessé un policier, qui riposte et tue Didier. L’autopsie révèle que la balle mortelle a touché le cœur. La suite judiciaire n’est pas connue.
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12/06/2012. Un homme de 62 ans meurt d’une crise cardiaque lors de la perquisition de son domicile à Bondy (Seine Saint Denis). Suspectant une personne dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue, des gendarmes de Senlis perquisitionnent le domicile de sa mère. Celle-ci décède alors d’un malaise cardiaque. Le procureur indique qu’aucune violence n’a été pratiquée par les forces de l’ordre et que l’autopsie conclut à une « mort naturelle ».
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25/06/2012. Nabil Matboul, 26 ans, est tué par balle à Millau (Aveyron). Soupçonné de « possession de drogue », Nabil, en voiture, aurait refusé de s’arrêter à un contrôle de la BAC. Plus loin, la voiture s’immobilise et deux policiers s’approchent à pied l’arme à la main. La voiture aurait démarré et l’un des policiers tire « par réflexe », selon le procureur. Un autre s’agrippe à la portière du conducteur et tire lui aussi. L’enquête de l’IGPN conduit à la mise en examen du policier pour homicide involontaire. En mai 2014, le premier non-lieu, prononcé en janvier, est confirmé en appel.
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07/07/2012. Nourredin Mohamed, 28 ans, meurt noyé à Calais (Pas de Calais). Alors qu’il sort avec des amis, Nourredin, un réfugié soudanais, est interpellé par des CRS dans le cadre des contrôles réguliers d’identité qui ont lieu à Calais. Le groupe se sépare et Nourredin se retrouve seul. Son corps est retrouvé quelques heures plus tard dans le canal. La police dira que Nourredin était soupçonné d’avoir volé un téléphone. Les proches de la victimes mettent en cause ce scénario, ils ne seront pas entendus. Aucune autopsie n’est réalisée. L’affaire est classée en « mort accidentelle ».
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18/07/2012. Un homme de 35 ans meurt noyé à Perreux-sur-Marne (Val de Marne). Des policiers de la BAC soupçonnent un homme de voler une voiture sur un parking. Lui et ses deux amis s’enfuient. Il se serait jeté dans la Marne et est emporté par le courant. Les pompiers le retrouvent noyé deux heures après les faits. Le parquet écarte toute faute des forces de l’ordre.
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09/08/2012. Un homme de 36 ans meurt en cellule de garde-à-vue à Douai (Nord). Interpellé en état d’ébriété, un SDF est conduit à l’hôpital puis placé au commissariat en cellule de dégrisement. Le lendemain, il est retrouvé inanimé, à genoux contre le mur. Le Smur constate son décès malgré une tentative de réanimation. L’autopsie conclut à une « mort naturelle » liée à un « pneumothorax » suivi d’une crise cardiaque, sans « trace d’élément traumatique » selon le parquet. Issue de l’enquête judiciaire inconnue.
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18/08/2012. Abdelghani O., 17 ans, meurt dans un accident à Clermont Ferrand (Puy de Dôme). La voiture dont il était passager, roulant à vive allure, aurait perdu sa trajectoire avant de s’encastrer contre un arbre. L’adolescent est transporté à l’hôpital où il succombe à ses blessures. Des témoins affirment que l’accident est survenu lors d’une course-poursuite avec une patrouille de la BAC. Celle-ci, qui avait repéré le véhicule, dément et affirme être arrivée sur les lieux après les faits. La suite n’est pas connue.
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06/09/2012. Pacolo X., 25 ans, meurt dans un accident à Lyon provoqué par une course poursuite. Un motard, Pacolo, étudiant, arrêté à un feu, refuse un contrôle de police et s’enfuit. Pourchassé à vive allure, sa moto percute la voiture d’un homme en état d’ébriété. Pacolo succombe le lendemain à l’hôpital. Pour l’IGPN, la procédure est régulière bien que le contrôle ne s’imposait pas. Le conducteur en état d’ébriété est condamné pour délit de fuite. Aucun policier ne sera inquiété.
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07/12/2012. Denis Ivanov, 30 ans, est tué par balle à Clouange (Moselle). Alors que son fils, atteint de « troubles psychiatriques », vient de l’agresser dans son appartement, une femme alerte la police. A l’arrivée de trois agents, l’homme « armé d’un couteau » se serait « jeté sur eux ». Un brigadier tire six balles et touche mortellement Denis. La famille porte plainte pour « homicide » un an après les faits. Non-lieu prononcé en janvier 2018.
BILAN 2012 : 19 morts
- 5 suite à des tirs de FDO à balles réelles
- 1 lors d’une interpellation
- 9 pourchassés par la police : 3 lors d’un accident routier, 6 par noyade ou suite à une chute mortelle
- 4 en cellule de garde à vue
2011 : 18 morts
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01/01/2011. Steve B., 21 ans, est tué par balle à Courtry (Seine et Marne) par la police. Suite à un différent familial, Steve, atteint de schizophrénie, part en voiture muni d’un fusil de chasse. La police tente de l’interpeller après un appel de la famille. Il prend la fuite à pied dans une zone boisée où a lieu un échange de tirs au cours duquel il blesse un policier au tibia. Les policiers ripostent et tuent Steve d’une balle dans l’abdomen.
- 30/01/2011. Un homme d’âge inconnu est tué dans un accident de voiture à Blois (Loir-et-Cher) après un refus de contrôle de la gendarmerie. Les gendarmes affirment avoir cessé la poursuite à l’entrée dans Blois. Le véhicule est retrouvé quelques minutes plus tard, écrasé contre un mur. Son conducteur est mort, décapité. Peu d’information sur ce drame. La suite n’est pas connue.
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11/02/2011. Rafik B. est abattu sur l’A15 près de Pontoise (Val-d’Oise) par des policiers. Avec un autre homme il venait de tenter de braquer, armés, un bureau de poste. Leur moto est pris en chasse, puis est bloquée par la circulation. Rafik s’enfuie à pied, se retourne en direction des policiers, sans tirer, et l’un d’eux ouvre le feu. Rafik est touché mortellement à l’abdomen et au dos et meurt sur place. La famille conteste cette version. L’autopsie évoque une troisième plaie, suggérant un deuxième coup de feu comme le mentionne un témoin. L’enquête de l’IGPN conclut à la légitime défense de l’agent. Non-lieu prononcé en 2013.
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11/02/2011. Nabil MADI, 38 ans, meurt en cellule à Annemasse (Haute Savoie). Placé en garde à vue pour vol à l’étalage, Nabil est retrouvé inanimé dans sa cellule. Transféré à l’hôpital, il décède d’un arrêt cardiaque le soir même. L’IGPN évoque une « surdose de méthadone ». Produit que lui a prescrit un médecin en garde à vue. Un traitement jugé inapproprié et dangereux selon le psychiatre et le docteur de Nabil. La plainte de la famille n’aboutira pas.
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13/02/2011. Un homme de 23 ans meurt en cellule au commissariat de police de Cenon (Gironde). Secouru par les pompiers alors qu’il se promène en état d’ivresse avec un ami, un jeune homme est emmené au poste et placé en cellule de dégrisement. Le chef de poste constate qu’il vomit, puis fait un « malaise ». Les secours ne réussissent pas à le ranimer. Seule une enquête administrative sera ouverte par l’IGPN. Sans suites connues.
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23/02/2011. Jean C. dit « Le Gitan », 62 ans, est tué par balle à Fabrègues (Hérault) par des gendarmes. Dans la nuit, une voiture, avec à son bord trois passagers, force un barrage et est prise en chasse. La course se termine dans une impasse. Les trois hommes prennent la fuite à pieds. L’un d’eux, armé d’un revolver, tire à six reprises en direction des gendarmes qui ripostent en tirant huit balles. Jean meurt sur place. Enquête classée pour légitime défense.
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23/02/2011. Kevin Rapasse, 19 ans, est tué par balle à Saint-Laurent-de-Mure (Rhône) par des gendarmes. Une voiture, conduite par une femme de 53 ans, est prise en chasse sur l’autoroute, dont le passager, Kevin, tient « une arme » à travers la fenêtre. Des unités de CRS et un hélicoptère se joignent à la poursuite. Plus loin, la voiture poursuivie est immobilisée, mais le passager est décrit comme « menaçant » et il est tué d’une balle dans le thorax. Quatorze balles sont tirées vers lui. Le procureur invoque la légitime défense. L’arme de Kevin était un pistolet à billes.
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13/04/2011. Un homme de 43 ans meurt lors de son interpellation à Angers (Maine-et-Loire). En état d’ébriété, un homme brutalise sa compagne à son domicile. Quatre policiers interviennent et trouvent l’homme « prostré dans un coin ». Alors qu’il menace d’aller chercher une hache, l’homme est immobilisé par les policiers, plaqué au sol et menotté. Quand ils le relèvent, il est inconscient. Il meurt dans la nuit qui suit. L’affaire sera vite classée.
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05/06/2011. Mohamed Ben Ammar, 20 ans, meurt dans un accident de moto à Vésinet (Yvelines). Alors qu’il ouvre en moto le cortège d’un mariage, Mohamed est poursuivi par une voiture banalisée de la BAC, appelée par un voisin se plaignant du bruit. Après quelques minutes, Mohamed chute de sa moto et meurt. Le parquet affirme que la chute est due à une collision avec une camionnette. Ce que conteste un témoin de la scène. La famille porte plainte. Issue de l’enquête inconnue.
- 25/08/2011. Manuel Canedo, un homme de 75 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer et dépressif, est tué de deux balles de gendarmes après qu’il ait tenté de braquer avec une arme le casino de Dives-sur-Mer (Calvados). Aucune suite judiciaire connue.
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29/08/2011. Une homme de 30 ans meurt dans un accident de scooter à Neuilly-sur-Seine (Hauts de Seine) provoqué par la police. Évitant un contrôle sans motif connu, un scooter brûle un feu rouge et percute un véhicule tiers. Il meurt dans la chute. Issue de l’enquête inconnue.
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27/09/2011. Serge Partouche, 30 ans, meurt asphyxié à la suite d’un placage ventral à Marseille (Bouches du Rhône). Alors qu’il se trouve devant chez lui, Serge, atteint d’autisme, est interpellé par trois policiers appelés par une voisine qui le trouve menaçant. Quand les policiers l’emmènent, il est en état de mort clinique. Le père affirme avoir vu son fils menotté au dos, le visage en sang, plaqué au sol avec un policier à genoux sur son dos. En septembre 2014, les trois policiers sont jugés pour « homicide involontaire ». Ils prennent six mois de prison avec sursis.
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11/10/2011. Gmili El Majhoub, 37 ans, meurt en chutant d’un immeuble à Bourg-en-Bresse (Ain). Dans le cadre d’une enquête de stups, à l’aube une quinzaine de policiers du GIPN et des gendarmes font irruption de force dans l’appartement de Gmili. Selon la police, le suspect se serait défenestré en tentant de s’enfuir. L’autopsie ne relève « aucune trace de violence sur le corps ». Des témoins affirment que des policiers auraient mis une arme sur la tempe et frappé au ventre la victime après sa chute alors qu’elle était menottée au sol. Aucune suite connue de la plainte de sa famille.
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05/11/2011. Un homme de 25 ans meurt suite à des coups de matraque par des policiers à Paris (17ème). Un usager du RER E actionne une borne d’urgence en raison d’un passager « agressif ». Les policiers interpellent l’homme, lui donne deux coups de matraques. L’homme se serait évanoui. Transporté à l’hôpital, il y décède. L’autopsie conclut à une mort suite à un « infarctus ». L’enquête estime qu’il n’y a pas eu d’usage disproportionné de la force.
- 17/11/2011. Un homme de 42 ans est abattu à son domicile de Salaise-sur-Sanne (Isère) par un gendarme. Menacé chez elle par un homme, une femme prévient les gendarmes en quittant son domicile. Les fonctionnaires découvrent un homme les menaçant d’un fusil. Un des gendarmes aurait ouvert le feu sur lui face à son refus de lâcher son arme. Le gendarme est mis en cause pour homicide involontaire. La suite n’est pas connue.
- 19/11/2011. Ali El Anziz, 39 ans, meurt pendant une manifestation à Mamoudzou (Mayotte). Lors d’affrontements entre policiers et manifestants un homme s’effondre au sol dans des circonstances troubles. Pris en charge par les manifestants puis les secours, Ali El Anziz décède quelques minutes plus tard. L’autopsie révèle un décès par perforation du cœur avec de « profonds hématomes ». Plusieurs témoins affirment qu’Ali a reçu une grenade au thorax, d’autres évoquent un tir de LBD. Une information judiciaire est ouverte. La famille demande une contre-expertise. En janvier 2012, une nouvelle expertise médicale conclut à une « mort naturelle » due à une myocardite aiguë dont aurait souffert la victime.
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27/12/2011. Deux jeunes majeurs de 18 et 19 ans meurent dans un accident de voiture à Cournon d’Auvergne (Puy-de-Dome) provoqué par la BAC. Le récit policier prétend qu’une voiture avec quatre occupants se livre à un « rodéo » ce qui justifie leur intervention. Les quatre jeunes de Clermont-Ferrand prennent la fuite et sont victime d’un accident, qui tue le conducteur de 19 ans et blesse grièvement son ami qui décédera le lendemain à l’hôpital. Le parquet exclu la responsabilité de la BAC.
BILAN 2011 : 18 morts
(En tenant compte du cas 17)
- 6 suite à des tirs de police à balles réelles (4 détenaient une arme à feu)
- 3 lors de leur interpellation (dont 1 par coups de matraque)
- 6 pourchassés par la police, 5 lors d’un accident routier, 1 par chute mortelle
- 2 en cellule de garde à vue
- 1 durant une manifestation
2010 : 10 morts
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20/01/2010, Malek Saouchi, 19 ans, meurt dans un accident de scooter à Woippy (Moselle). Trois jeunes circulent sans casque ni lumière sur un scooter volé. Pris en chasse par des policiers, le deux roues fait une embardée dans un virage et Malek meurt sur le coup. Les deux autres sont grièvement blessés. Après son hospitalisation, l’un d’eux accuse les policiers de les avoir fait tomber et de les avoir frappés. Aussitôt, des fuites indiquent qu’aucun choc entre le véhicule de police et le scooter n’a été constaté. Le maire de Woippy porte plainte contre le père du défunt pour dénonciation calomnieuse. Trois policiers sont placés en garde à vue puis laissés en liberté. Un juge enquête pour « homicide et blessures involontaires ». Non-lieu rendu en septembre 2011, confirmé en juin 2012.
- 17/04/2010. Un homme de 45 ans meurt en cellule au commissariat de Boulogne-Billancourt (Hauts de Seine). Interpellé dans un square en état d’ébriété et blessé à la tête, cet homme sans domicile est secouru par des pompiers qui le laissent entre les mains de la police. Emmené au commissariat, il est retrouvé inanimé en cellule le lendemain. Transféré à l’hôpital, il y décède deux jours plus tard.
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05/05/2010. X. Billotet, 49 ans, est abattu par un gendarme pendant une tentative de braquage à Sennecey-le-Grand (Saône-et-Loire). L’auteur du coup de feu est placé en garde à vue puis laissé en liberté. Aucune suite judiciaire connue.
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22/06/2010. Joseph Petithuguenin, 77 ans, meurt en cellule de garde à vue à la brigade de gendarmerie d’Amancey (Doubs). Recherché pour des délits mineurs, cet ancien ouvrier de Peugeot, malade, décède pendant sa garde à vue. Plus tard un gendarme sera mis en examen pour homicide involontaire. En janvier 2012, il est condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal de Besançon. Il est relaxé en appel en octobre 2012.
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16/07/2010. Karim Boudouda, 27 ans, est tué par balle à Grenoble (Isère). Braqueur du casino d’Uriage, près de Grenoble, Karim est pris en chasse par la BAC. Il parvient à rejoindre son quartier de La Villeneuve. Après des échanges de tirs, en bas de son immeuble, Karim meurt d’une balle dans la tête. Il restera plusieurs heures gisant dans son sang, sans que son corps soit recouvert, devant sa famille et ses amis. L’enquête reconnaîtra la légitime défense et sera classée sans suite.
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16/07/2010. Luigi Duquenet, 22 ans, est tué par balle à Thésée-la-Romaine (Loir-et-Cher) par la gendarmerie. Après un « vol en réunion » de 20 euros, Luigi et son cousin Miguel sont poursuivis par des véhicules de gendarmerie. Alors que la voiture tente de forcer un barrage, un des gendarmes tire deux coups de feu et tue Luigi d’une balle dans le thorax. Inculpé de « coups mortels », un gendarme bénéficie d’un non lieu en janvier 2012, confirmé en cour d’appel d’Orléans, puis en cour de cassation en mars 2013 pour légitime défense. Miguel, le conducteur de la voiture, sera condamné à deux ans de prison pour refus d’obtempérer aggravé.
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08/08/2010. Ahmed, 15 ans, meurt noyé à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Au volant de la voiture de sa mère avec trois amis, l’adolescent évite un contrôle routier, les policiers le prennent en chasse. Ne maîtrisant plus la voiture, il percute un arbre puis un poteau. Ahmed s’enfuit à pied, saute d’un pont dans la Seine et meurt emporté par le courant. L’autopsie confirme la mort par noyade. Aucune suite judiciaire connue.
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27/10/2010. Louis Klinger, 55 ans, meurt lors de son transfert au commissariat à Dijon (Côte d’Or). Interpellé lors d’un vol de cuivre, Louis est menotté pour être emmené dans le véhicule de police. Selon le procureur, il se serait soudainement effondré et blessé, tout seul, à la tête. L’homme meurt malgré la réanimation du Samu. Le procureur n’a « pas jugé nécessaire de saisir » l’IGPN.
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01/12/2010. Mahamadou Marega, 38 ans, est tué par des décharges de taser à Colombes (Hauts-de-Seine). Interpellé dans son appartement par dix-sept policiers, Mahamadou est plaqué au sol dans un ascenseur, menotté aux pieds et aux mains, frappé, aspergé de gaz lacrymogène et électrocuté au taser à seize reprises. L’autopsie conclut à une mort par asphyxie due aux gaz lacrymogène. Du sang est retrouvé dans ses poumons. Une information judiciaire pour homicide involontaire se termine en non-lieu en octobre 2012, confirmé en février 2013 par la cour d’appel de Versailles.
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12/12/2010. Mostefa Ziani, 43 ans, est tué par un tir de flashball à Marseille (Bouches-du-Rhône). Suite à une altercation dans un foyer de travailleurs, trois policiers interviennent. Mostefa aurait été armé d’un couteau, il se serait montré agressif avec les agents. Un des policiers tire au flash-ball et l’atteint au thorax. Mostefa, alors maîtrisé, s’effondre. Réanimé par les pompiers, il meurt après deux jours de coma. L’autopsie conclut que la balle du flashball est la cause «directe et exclusive» de sa mort. Le policier sera jugé en janvier 2017 pour « homicide involontaire ». Le parquet requiert 18 mois de prison avec sursis. En mars 2017, le tribunal prononce une peine de six mois avec sursis. Sans mention sur son casier judiciaire.
BILAN 2010 : 10 morts
- 5 suite à des tirs des FDO : 3 par balles réelles, 1 par flashball et 1 électrocuté au taser
- 1 lors de son interpellation
- 2 pourchassés par la police : 1 lors d’un accident routier, 1 par noyade
- 2 en cellule de garde à vue